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Énergie Guerre de gaz ouverte entre Gazprom et l’Ukraine

L’Ukraine a laissé entendre qu’elle pourrait réduire le volume de gaz russe acheminé vers l’Europe par ses gazoducs après l’annonce, hier par Moscou, d’une diminution de moitié de ses livraisons de gaz à Kiev. Un différend analogue entre Moscou et Kiev, début 2006, avait perturbé les livraisons de gaz vers l’Europe, ce qui avait déclenché une crise politique et soulevé des interrogations sur la fiabilité de la Russie en tant que fournisseur d’énergie. Le quart environ du gaz européen transite par l’Ukraine. Le monopole gazier russe Gazprom a confirmé qu’il avait réduit de moitié les livraisons à l’Ukraine hier à 17h00 GMT, ajoutant qu’il pourrait accentuer cette réduction en l’absence d’accord bilatéral. L’Ukraine recevra environ 70 millions de m3 de gaz par jour, soit 50 % du volume habituel. Sergueï Kouprianov, porte-parole de Gazprom, a par ailleurs indiqué qu’à sa connaissance, l’Ukraine ne semblait pas prélever de gaz destiné à l’Europe. Le président russe élu Dmitri Medvedev, qui est aussi président de Gazprom, a demandé au chef de l’État ukrainien Viktor Iouchtchenko de régler la dette de Kiev envers Moscou. D’après Gazprom, l’Ukraine lui doit 600 millions de dollars de factures non honorées. Bien que Moscou et Kiev aient dit que l’Europe ne serait pas affectée par le litige, l’Union européenne a fait part de sa préoccupation et appelé les deux parties à « trouver rapidement une solution définitive à ce différend commercial ». L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a quant à elle exhorté Russie et Ukraine à résoudre l’affaire selon des méthodes plus conformes aux règles du commerce, en jugeant « excessivement dure » la réduction décidée par Moscou. Certains analystes estiment que la situation met à l’épreuve le statut de fournisseur de Gazprom en Europe, et l’impact sur les choix européens pourrait être non négligeable. « À la longue, cela risque d’avoir un impact sur les préférences des consommateurs européens au moment où ils cherchent à diversifier leurs sources de gaz en s’écartant de Gazprom », a noté Pavel Kuschnir, de la Deutsche Bank. Le monopole gazier ukrainien Naftogaz a dit se réserver le droit de prendre des « mesures appropriées » si la sécurité énergétique du pays était menacée. La compagnie gazière a toutefois précisé qu’elle était en mesure de faire face à la réduction de moitié des livraisons de gaz russe grâce à ses réserves et à la douceur de l’hiver. Mais certains n’en sont pas convaincus. « Les réductions affecteront d’abord les secteurs de production aux activités permanentes, comme l’acier et les produits chimiques », déclare Anatoli Kinakh, président de l’Union des industriels d’Ukraine. « Elles frapperont les équipements et la qualité de la production, qui ne pourra pas se maintenir longtemps. Rien ne permet de suggérer que nous pourrions vivre un mois sur nos réserves. » Ni le président ukrainien Iouchtchenko ni son Premier ministre Ioulia Timochenko – plutôt mal considérée à Moscou – n’ont fait de nouvelle déclaration après l’appel de Medvedev. Kiev accuse pour sa part Gazprom de ne pas s’être acquitté de taxes pour le transit du gaz via le territoire ukrainien, ce que la compagnie russe dément. Iouchtchenko était parvenu à un accord le mois dernier avec le président Vladimir Poutine pour régler le contentieux sur les dettes de Kiev, mais il semble avoir capoté à la suite d’une visite à Moscou de Ioulia Timochenko.
L’Ukraine a laissé entendre qu’elle pourrait réduire le volume de gaz russe acheminé vers l’Europe par ses gazoducs après l’annonce, hier par Moscou, d’une diminution de moitié de ses livraisons de gaz à Kiev.
Un différend analogue entre Moscou et Kiev, début 2006, avait perturbé les livraisons de gaz vers l’Europe, ce qui avait déclenché une crise politique et soulevé des interrogations sur la fiabilité de la Russie en tant que fournisseur d’énergie.
Le quart environ du gaz européen transite par l’Ukraine.
Le monopole gazier russe Gazprom a confirmé qu’il avait réduit de moitié les livraisons à l’Ukraine hier à 17h00 GMT, ajoutant qu’il pourrait accentuer cette réduction en l’absence d’accord bilatéral. L’Ukraine recevra environ 70 millions de m3 de gaz par jour, soit 50 % du volume...