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Actualités - Opinion

Flux et reflux politiques : la marée montante du 14

C’est un peu la vieille rengaine. Un vase communicant à rebours. Fuis-la, elle te suit ; suis-la, elle te fuit. Quand la majorité faisait profil bas, l’opposition donnait de la voix. Maintenant que les loyalistes passent à l’offensive, les minoritaires se calment. Question d’équilibre. Plus que jamais cruciale en ce 14 février, journée-test. Pour la paix civile certes, et en tout premier lieu. Mais aussi pour la suite du psychodrame de la présidentielle, de la crise interne, du conflit des axes et des relations interarabes. Le directoire de l’opposition a donc délivré à ses troupes de strictes consignes d’apaisement, sinon de détente. Principalement, et c’est tout naturel, sur le plan sécuritaire. Le respect de la stabilité de terrain va de soi pour la majorité. Dont c’est l’un des leitmotive, dans le cadre de sa lutte pour un Liban normal. Tout simplement normal. Le rassemblement d’aujourd’hui devrait donc constituer (sauf dérapage, à Dieu ne plaise) un message de confrontation à portée uniquement politique. Le point de départ d’une nouvelle phase. Profondément différente. Car les indépendantistes, du moins le proclament-ils haut et fort, ne vont plus chercher à contourner le mur de l’obstructionnisme téléguidé. Mais à passer outre. Par n’importe quelle brèche. D’où résurgence du thème, jusque-là mis de côté, d’une élection à la moitié plus un. Rien d’improvisé, rien d’inopiné dans le plan, dans le programme d’action. Saad Hariri a en effet donné le la dès avant les réunions quadripartites. Dans un manifeste-appel pressant qui amorçait la contre-attaque loyaliste. Marquée comme on sait par un sévère réquisitoire des méthodes de l’axe syro-iranien et des pratiques opposantes. La minorité, jusqu’alors déchaînée, découvre soudain les vertus de la modération, de la retenue. Et se prend à critiquer le bellicisme, la virulence, du camp d’en face. Sans pour autant prévenir ni le dimanche noir ni les incidents épars, heureusement mineurs sinon isolés, qui l’ont suivi. La situation restant sous contrôle grâce aux interventions diligentes de l’armée, çà et là. Mais il est évident que le danger persisterait tant que les ponts (de la confiance) ne sont pas rétablis. À ce propos, des observateurs notent que pour réengager le dialogue, le site tout désigné reste cette Chambre fermée depuis plus d’un an. Par les bons soins de qui on sait, en réponse sans doute aux vœux de Damas. Cependant, cette fois, le mot d’ordre, répercuté notamment par des cadres hezbollahis, est qu’il faut éviter tout embrasement. Sans doute pour ne pas compromettre le sommet arabe prévu à Damas. On sait que Moallem a promis une présidentielle libanaise avant cette réunion qu’autrement Saoudiens et Égyptiens bouderaient. Il s’agirait aussi de prévenir une internationalisation complète du dossier libanais, à travers une intervention du Conseil de sécurité qui deviendrait alors inéluctable. Dans cet esprit, selon les mêmes sources, pour beaucoup de prosyriens, le général Aoun aurait commis une erreur, lors de la réunion quadripartite, en n’acceptant pas de suite, sans poser de conditions, et sans reparler des 11, le partage égal des sièges ministériels. Autrement dit, il aurait alimenté l’escalade, alors que ses partenaires souhaitent temporiser, voire composer. Car la pression, notamment arabe, sur le patron se fait presque trop forte. C’est ainsi que l’on aurait fait savoir à qui de droit que Amr Moussa, attendu le 24 à l’avant-veille du rendez-vous électoral place de l’Étoile, est tout à fait déterminé à assurer la tenue du scrutin. Pour ce qui est du nœud gouvernemental, deux suggestions distinctes ont actuellement la cote. D’abord, des extraparlementaires, six ou douze, un ou deux par communauté dite principale. Mission : réactiver l’État pendant que le président de la République initierait un dialogue général. Et qu’un comité d’experts élaborerait un nouveau code électoral. Ensuite, un cabinet de six leaders qui organiserait au plus vite des législatives. Enfin, 14 personnalités du comité de dialogue, soit six majoritaires, quatre opposants et autant pour le président. Philippe ABI-AKL
C’est un peu la vieille rengaine. Un vase communicant à rebours. Fuis-la, elle te suit ; suis-la, elle te fuit. Quand la majorité faisait profil bas, l’opposition donnait de la voix. Maintenant que les loyalistes passent à l’offensive, les minoritaires se calment. Question d’équilibre. Plus que jamais cruciale en ce 14 février, journée-test. Pour la paix civile certes, et en tout premier lieu. Mais aussi pour la suite du psychodrame de la présidentielle, de la crise interne, du conflit des axes et des relations interarabes.
Le directoire de l’opposition a donc délivré à ses troupes de strictes consignes d’apaisement, sinon de détente. Principalement, et c’est tout naturel, sur le plan sécuritaire. Le respect de la stabilité de terrain va de soi pour la majorité. Dont c’est l’un des leitmotive, dans le...