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La crise financière devrait peser sur la demande pétrolière, estime l’AIE

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a revu en baisse sa prévision de demande mondiale de pétrole pour 2008 à cause du ralentissement économique mondial, américain en particulier, qui pourrait, selon elle, avoir un impact durable sur le marché de l’or noir. « Le ralentissement qui se profile » pour l’économie mondiale, avec la menace d’une récession aux États-Unis, pourrait « influencer la tendance du marché » pour les années à venir, avertit l’AIE, qui représente les intérêts énergétiques des pays industrialisés. L’agence a abaissé sa prévision de demande de 0,2 million de barils par jour (mbj) à 87,6 mbj, soit une progression de 1,9 % anticipée pour cette année, contre une prévision qui atteignait encore +2,2 % en juillet. Une révision jugée « substantielle » par un analyste pétrolier d’une grande banque, qui souhaite garder l’anonymat. L’AIE souligne toutefois que si la demande ralentit dans les pays industrialisés, elle reste « toujours solide en Chine et au Moyen-Orient », moteurs de la consommation pétrolière mondiale. La demande chinoise reste très forteet atteignait 6,1 % de croissance au mois de décembre sur un an, même si l’Asie pourrait être atteinte par le ralentissement américain, note le rapport. Ce dernier prévoit aussi un tassement de la demande de carburants cette année en raison du ralentissement de l’activité économique et de prix pétroliers élevés. Malgré les perspectives économiques mondiales en baisse et la récente hausse de production, l’AIE ne voit toujours pas de claire amélioration de l’approvisionnement. Après un repli sous 86 dollars fin janvier, « les prix ont rebondi à cause des perturbations de la production au Nigeria et des problèmes politiques au Venezuela », et ce malgré l’accumulation de mauvaises nouvelles économiques dans le monde, souligne Lawrence Eagles, principal analyste de l’AIE. Les cours restent proches de leurs records de début janvier, quand ils ont dépassé 100 dollars le baril. Pour M. Eagles, cela montre à quel point « l’équilibre du marché est fragile », d’autant que les stocks et la capacité de production excédentaire restent « faibles ». Pour apaiser le marché, il ne suffira pas à l’OPEP de développer sa capacité excédentaire, mais d’augmenter sa production, insiste M. Eagles, à trois semaines de la prochaine réunion du cartel. Pour Moncef Kaabi, de Natixis, le rapport de l’AIE laisse entrevoir un marché « globalement à l’équilibre cette année, en dehors des tensions géopolitiques, mais il n’y aura pas de vraie détente sur les prix tant que la demande asiatique ne ralentira pas ».
L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a revu en baisse sa prévision de demande mondiale de pétrole pour 2008 à cause du ralentissement économique mondial, américain en particulier, qui pourrait, selon elle, avoir un impact durable sur le marché de l’or noir.
« Le ralentissement qui se profile » pour l’économie mondiale, avec la menace d’une récession aux États-Unis, pourrait « influencer la tendance du marché » pour les années à venir, avertit l’AIE, qui représente les intérêts énergétiques des pays industrialisés.
L’agence a abaissé sa prévision de demande de 0,2 million de barils par jour (mbj) à 87,6 mbj, soit une progression de 1,9 % anticipée pour cette année, contre une prévision qui atteignait encore +2,2 % en juillet.
Une révision jugée « substantielle » par un analyste...