Au cours d’une conférence de presse consacrée au lancement du plan directeur de ce projet, le chef du gouvernement, Fouad Siniora, a réaffirmé le refus par le Liban de l’implantation, et souligné l’engagement de l’État à réédifier le camp palestinien de Nahr el-Bared et des villages alentour.
M. Siniora a tenu la conférence de presse au Sérail, conjointement avec le représentant de l’OLP au Liban, Abbas Zaki, et la commissaire générale de l’Unrwa au Liban, Karen Abou Zayed, en présence d’ambassadeurs arabes et occidentaux, de représentants du commandement de l’armée et du PDG de la société Khatib et Alami, qui exécute le projet. La réédification du camp coûtera près de 174 millions de dollars, qui seront assurés par les pays donateurs.
Le chef du gouvernement a d’emblée rappelé le slogan qu’il avait lancé lorsque la guerre de Nahr el-Bared entre les extrémistes de Fateh el-Islam et l’armée a pris fin : « Exode provisoire, retour assuré, reconstruction assurée du camp. » « Lorsque nos frères palestiniens avaient entendu ces quelques mots, certains parmi eux avaient pensé qu’ils étaient destinés à la consommation médiatique, alors qu’en réalité, ils ne prêtaient à aucune équivoque. Il ne s’agissait surtout pas d’un nouvel exode organisé ou d’une implantation camouflée, comme le répètent certains hypocrites », a déclaré M. Siniora, précisant que le gouvernement a commencé depuis novembre 2005 à replâtrer les relations libano-palestiniennes, « sur base du respect de la souveraineté et de l’indépendance du Liban, ainsi que des lois en vigueur, du droit de l’État à étendre son autorité sur l’ensemble du territoire, et de l’octroi des droits sociaux et économiques aux réfugiés palestiniens en attendant leur retour chez eux ».
Il a insisté sur le fait que le lancement du projet de reconstruction de Nahr el-Bared « confirme l’engagement sincère du gouvernement en faveur de tout le monde, notamment des Palestiniens, surtout que le rejet de l’implantation des réfugiés fait l’unanimité parmi les Libanais ».
Un camp modèle
M. Siniora a cependant rappelé qu’une fois sa reconstruction terminée, Nahr el-Bared sera placé sous l’autorité de l’État libanais et sera « un modèle au niveau de l’amélioration de la situation socio-économique des Palestiniens ».
Après avoir indiqué que près de 1 500 familles sont déjà retournées à la nouvelle partie du camp, le Premier ministre a mis l’accent sur la situation précaire dans laquelle ils vivent et souligné que les efforts se multiplieront pour l’améliorer. Il a annoncé le prochain déblaiement de l’ancienne partie du camp, précisant que le projet de reconstruction est le fruit d’une coordination entre le gouvernement, l’Unrwa et l’OLP. Le chef du gouvernement a aussi annoncé l’octroi d’aides aux Libanais qui vivaient autour du camp, précisant que les besoins de ces personnes sont en train d’être évalués par des représentants du gouvernement, des pays donateurs et de l’ONU qui doivent établir un calendrier programme des projets à exécuter dans cette région.
À son tour, M. Zaki a souligné que la reconstruction de Nahr el-Bared présente « au Moyen-Orient un modèle rare de coopération entre l’OLP et l’État d’accueil ». Après avoir indiqué que des indemnités seront payées aux habitants du camp dont les propriétés avaient été détruites, il a mis l’accent sur la nécessité de réaliser les points suivants : placer le camp sous une autorité civile afin de préserver la dignité de ses habitants et d’accélerer un retour à une vie normale, mettre fin au débat et aux négociations reportées afin de pouvoir accorder aux Palestiniens le droit de travailler et de devenir propriétaires, ouvrir une enquête sur l’apparition de Fateh el-Islam, achever le plan de reconstruction de la vieille partie du camp et évaluer les indemnités à payer.
De son côté, Mme Abou Zayed a indiqué dans son allocution que la reconstruction de Nahr el-Bared « nécessitera des efforts énormes et prendra du temps ». « Nous devons, a-t-elle dit, prendre conscience des difficultés qui nous attendent. » Mme Abou Zayed s’est aussi félicitée de l’engagement du Premier ministre à améliorer les conditions de vie des réfugiés palestiniens.
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M. Siniora a tenu la conférence de presse au Sérail, conjointement avec le représentant de l’OLP au Liban, Abbas Zaki, et la commissaire générale de l’Unrwa au Liban, Karen Abou Zayed, en présence d’ambassadeurs arabes et occidentaux, de représentants du commandement de l’armée et du PDG de la société Khatib et Alami, qui exécute le projet. La réédification du camp coûtera près de 174 millions de dollars, qui seront assurés par les pays donateurs.
Le chef du gouvernement a d’emblée rappelé le slogan...