Théâtre de violents combats récurrents entre armée et rebelles, l’est du Tchad est un terrain miné pour la force européenne qui commence à se déployer afin de sécuriser une zone accueillant plus de 400 000 déplacés internes et réfugiés soudanais.
Pour le représentant à N’Djamena du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), Serge Malé, l’arrivée de la mission de l’Eufor de 3 700 militaires dans l’est du Tchad et le nord-est de la Centrafrique, qui a reçu lundi l’aval définitif de l’Union européenne (UE), est un soulagement. « Cela devrait apporter un peu de stabilité et de sécurité, et ouvrir donc quelques portes à la réinstallation des déplacés dans leurs villages », explique-t-il.
Mais le théâtre des opérations de la force, baptisée Eufor Tchad-RCA, s’annonce difficile. Mardi, l’aviation tchadienne a ainsi bombardé des positions de rebelles hostiles au président Idriss Deby Itno à une cinquantaine de kilomètres seulement d’importants camps de réfugiés soudanais du Darfour voisin, que l’opération européenne sera censée protéger. Les affrontements entre les forces gouvernementales et ces groupes armés, souvent très meurtriers, sont fréquents depuis trois ans dans cette région. « Dans la mesure où la sécurité des réfugiés, des déplacés ou des humanitaires n’est pas menacée, il n’est pas dans le mandat de l’Eufor d’intervenir dans les combats entre armée et rebelles », souligne Serge Malé.
Les rébellions assurent d’ailleurs ne pas vouloir mettre en danger la population. « Nous avons toujours soigneusement évité les zones où vivent des civils, affirme à l’AFP l’un de leurs chefs, Abakar Tollimi. Si l’Eufor vient, comme elle le dit, sécuriser les réfugiés et les déplacés, nous n’y voyons aucun inconvénient. »
Pour autant, les rebelles ajoutent ne pas être persuadés des bonnes intentions de la force européenne, en raison du rôle prépondérant de la France, alliée du président Deby. « Si les Français continuent à soutenir Deby sous la casquette de l’Eufor, nous les attaquerons », prévient Abakar Tollimi.
Selon un diplomate africain, « même si le mandat des Européens n’est pas de s’interposer entre l’armée et les rebelles ou de protéger la frontière, le but de créer un environnement sécurisé risque de les obliger à intervenir ». Des observateurs craignent ainsi que les rebelles ne passent à l’offensive avant le mois de mars, quand l’Eufor sera enfin fonctionnelle. D’autant que le Soudan, parrain des principales rébellions tchadiennes, n’a jamais caché son hostilité face à la présence de soldats occidentaux à ses portes.
L’opposition tchadienne met en garde, elle, contre les risques de voir l’Eufor prise « en otage » dans le conflit entre les autorités et les rebelles. Les militaires européens balaient ces craintes. « Le rôle d’une force militaire n’est pas d’aller dans une zone calme, plaide un officier supérieur. S’il y a des violences dans la région, c’est justement une bonne raison d’intervenir. »
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Pour le représentant à N’Djamena du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), Serge Malé, l’arrivée de la mission de l’Eufor de 3 700 militaires dans l’est du Tchad et le nord-est de la Centrafrique, qui a reçu lundi l’aval définitif de l’Union européenne (UE), est un soulagement. « Cela devrait apporter un peu de stabilité et de sécurité, et ouvrir donc quelques portes à la réinstallation des déplacés dans leurs villages », explique-t-il.
Mais le théâtre des opérations de la force, baptisée Eufor Tchad-RCA, s’annonce...