D’ordinaire embouteillée, ses rues bruyantes de concerts de klaxons et de cris de colporteurs, Gaza soumise à un blocus israélien se figeait hier, faute de carburants. Devant des boulangeries, les queues se forment et, dans les immeubles, les générateurs s’éteignent un à un.
Au quatrième jour du blocus imposé en représailles aux tirs de roquettes sur le sud d’Israël, les habitants de Gaza se sont réveillés avec une seule idée en tête : faire des stocks de nourriture. La plupart des boulangeries n’ont pas ouvert hier matin. Impossible de faire fonctionner les fours en raison des coupures d’électricité. La veille, la seule centrale électrique du territoire, qui alimente la ville de Gaza, a cessé de fonctionner faute de fuel. « Notre stock de pain va s’épuiser très vite », dit Khamis Akkieh, le propriétaire d’un snack de falafel. « Il n’y a plus de courant et l’eau a été coupée », ajoute-t-il. Un des serveurs, qui nettoie le petit restaurant, lâche : « Demain, je vais faire la grasse matinée. »
Au coin de la rue, des dizaines de personnes attendent sur le trottoir leur tour devant l’une des rares boulangeries encore ouvertes. « J’ai 12 enfants et nous n’avons plus de pain à la maison », explique l’une des clientes, qui patiente depuis près de trois heures dans la file. « À la maison, il ne nous reste que quelques bougies, nous n’avons plus de courant. Les enfants ont peur dans le noir, ils ne comprennent pas ce qui se passe », explique-t-elle. Un autre Gaziote dit « avoir la chance » d’être père de deux enfants seulement. « Je n’ai besoin de pain que pour deux shekels (1 dollar = 3,8 shekels). D’autres familles doivent débourser huit shekels. » « Le monde attend une catastrophe pour réagir. Et il y aura une catastrophe si cela continue », tonne-t-il. Les rayons des supermarchés se vident aussi rapidement. Les produits périssables deviendront impropres à la consommation dans quelques jours faute de frigidaires opérationnels, explique Moussab al-Yazori, le patron d’une épicerie de quartier.
Dans les hôpitaux, la situation, très précaire, est encore sous contrôle, mais pourrait se détériorer très rapidement. « Nous avons quinze patients sous assistance respiratoire. Si l’électricité venait à être coupée, ils mourront », indique le Dr Fawzi Naboulsiyeh, directeur du service de soins intensifs de l’hôpital al-Chifa de Gaza, principal établissement du territoire. Autour de lui sont alités des blessés touchés dans les récentes opérations israéliennes, sous respiration artificielle, les bras perfusés. « Nous avons cessé toutes les opérations qui n’étaient pas urgentes. Nous n’allons pas pouvoir tenir comme ça demain », explique Raëd al-Arini, un chirurgien de l’hôpital. Il prévoit une « catastrophe » si d’autres blessés affluent dans les prochains jours. « S’il y a d’autres opérations israéliennes, nous ne pourrons rien faire », dit-il.
Joseph KRAUSS (AFP)
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Au quatrième jour du blocus imposé en représailles aux tirs de roquettes sur le sud d’Israël, les habitants de Gaza se sont réveillés avec une seule idée en tête : faire des stocks de nourriture. La plupart des boulangeries n’ont pas ouvert hier matin. Impossible de faire fonctionner les fours en raison des coupures d’électricité. La veille, la seule centrale électrique du territoire, qui alimente la ville de Gaza, a cessé de fonctionner faute de fuel. « Notre stock de pain va s’épuiser très vite », dit Khamis Akkieh, le...