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Actualités - Chronologie

Levée de boucliers face aux attaques injurieuses visant Sfeir

La campagne orchestrée contre le patriarche maronite, le cardinal Nasrallah Sfeir, par le général Michel Aoun et l’ancien député Sleimane Frangié (voir par ailleurs) a provoqué une véritable levée de boucliers dans divers milieux politiques. Parallèlement aux députés et pôles chrétiens du 14 Mars qui ont réagi vivement, le député sunnite Jamal Jarrah s’est associé à la vague de réprobations. Dans les rangs du bloc parlementaire aouniste, seul le député Ghassan Moukheiber a condamné sans ambages les attaques contre le patriarche maronite. Le député Ibrahim Kanaan a souligné de son côté qu’il refusait de se lancer dans une polémique avec Bkerké à travers les médias. Les attaques injurieuses répétées visant le rôle et l’autorité du patriarche maronite ont été condamnées par le comité de suivi de la coalition du 14 Mars qui s’est rendu hier à Bkerké afin de passer en revue avec le cardinal Sfeir les développements en cours dans le pays. La délégation regroupait les députés Samir Frangié, Antoine Zahra, Moustapha Allouche et Hadi Hobeiche, les anciens députés Farès Souhaid et Camille Ziadé, ainsi que MM. Michel el-Khoury, Eddy Abillamaa et Michel Moawad. À l’issue de la réunion, M. Michel Moawad a pris la parole au nom du comité de suivi, soulignant notamment que les propos tenus mardi par Sleimane Frangié au sujet du patriarche maronite « s’inscrivent dans le cadre d’un plan syrien global visant à saper les fondements de la présence chrétienne libre au Liban ». « Les grandes lignes de ce plan syrien, a déclaré M. Moawad, sont claires. Elles ont pour but de porter atteinte à l’État et ses institutions car l’État est le seul garant du pluralisme au Liban. Ce plan prévoit de porter un coup à l’institution militaire. Tout le monde se souvient des lignes rouges lors de la bataille de Nahr el-Bared et de l’assassinat du général François el-Hajj. Ce plan vise aussi à porter atteinte à la présidence de la République. Aujourd’hui, c’est le tour de Bkerké. Cette campagne contre Bkerké avait débuté par les prises de position du mouvement Amal, puis du général Aoun, et maintenant de Sleimane Frangié. » Et M. Moawad de conclure : « Que cela soit clair. Nous n’accepterons pas que les fondements de la présence chrétienne au Liban soient torpillés et nous n’accepterons pas que l’on porte préjudice de cette façon à Bkerké. » De son côté, dans une interview accordée hier soir à la LBC, le leader des Forces libanaises, Samir Geagea, s’est élevé contre les propos dégradants et injurieux proférés à l’adresse du patriarche maronite, soulignant que « quelles que soient les divergences politiques qui peuvent apparaître, il n’est pas admissible de tomber aussi bas dans le discours concernant le patriarche maronite ». Le ministre Joe Sarkis (Forces libanaises) s’est élevé de son côté contre les propos tenus par Sleimane Frangié au sujet du patriarche maronite. « Je ne peux pas concevoir qu’une telle déclaration ait été faite par une personnalité maronite appartenant à une grande famille zghortiote, a déclaré M. Sarkis. Même ses maîtres de l’étranger n’ont jamais osé un jour s’en prendre de la sorte à l’autorité de Bkerké. Les propos de Sleimane Frangié m’ont secoué comme ils ont secoué tout chrétien et tout citoyen libanais, y compris les musulmans qui respectent les autorités religieuses. Le patriarche n’a pas besoin que l’on prenne sa défense car dans les situations les plus difficiles, Bkerké a constamment défendu le Liban. » M. Henri Hélou, député de Aley, membre du bloc Joumblatt, a souligné que la campagne qui vise le patriarche est d’autant plus déplorable que « le patriarche maronite est la plus haute autorité chrétienne en Orient et dans le même temps il représente une autorité nationale ». Critiquant la déclaration faite hier par le député aouniste Nabil Nicolas, M. Hélou a déclaré : « Ceux qui s’en prennent aujourd’hui à Bkerké ont-ils oublié que le patriarche a été à l’avant-garde du processus de rétablissement de l’indépendance et de la souveraineté ? Cette campagne s’inscrit dans le cadre des tentatives visant à torpiller la vie politique et économique dans le pays. » M. Samir Frangié, député de Zghorta, a souligné pour sa part que les attaques contre le patriarche maronite ont pour but de « détruire cette autorité qui a mené la bataille de l’indépendance en 2005 ». « Cette attaque constitue un règlement de comptes auquel les Syriens veulent se livrer avec Bkerké, malheureusement par le biais d’instruments chrétiens, a déclaré Samir Frangié. L’objectif de cette campagne est de permettre à l’opposition chrétienne de compenser la perte qu’elle a subie au niveau de la présidence de la République, ce qui risque de nous ramener à la situation grave que nous avons connue en 1989 et 1990. » Et Samir Frangié d’ajouter : « Le général Michel Aoun dit que le patriarche Sfeir n’a pas le droit de prendre position au sujet des affaires nationales parce qu’il n’est pas élu. Cela est en contradiction avec l’adhésion du général Aoun à une opposition dirigée par un homme de religion qui n’a pas été élu lui aussi. » L’ancien député Farès Souhaid a souligné, quant à lui, que la campagne contre Bkerké est orchestrée et n’est pas nouvelle. « À l’époque de Kornet Chehwane, on avait assisté à une campagne similaire, de la part de Sleimane Frangié, car Bkerké était à l’avant-garde du combat contre la mainmise syrienne au Liban, a déclaré Farès Souhaid. Mais malheureusement, le général Michel Aoun s’est associé aujourd’hui au chef des Marada. » Le député Jamal Jarrah (Courant du futur) s’est étonné du « silence, face aux attaques contre Bkerké, de ceux qui prétendent défendre les droits des chrétiens ». Et M. Jarrah de s’élever contre les atteintes portées contre « une autorité nationale de la trempe du patriarche Nasrallah Sfeir ». Le député Ghassan Moukheiber est le seul parlementaire du bloc aouniste à avoir condamné sans détours les attaques contre le patriarche maronite. « Je suis opposé à toute campagne visant l’autorité de Bkerké car cette autorité nationale a prouvé au fil des ans et des siècles qu’elle est le rempart des chrétiens au Liban et en Orient. » M. Élie Aoun, membre du bloc joumblattiste, a lui aussi dénoncé les derniers propos de Sleimane Frangié. Pour sa part, le conseil exécutif de la Ligue maronite a stigmatisé la baisse du niveau du discours politique, s’élevant notamment contre les attaques personnelles visant le patriarche maronite. La Ligue maronite a souligné sur ce plan qu’elle ne saurait tolérer les attaques visant le patriarcat. Enfin, le Centre catholique d’informations a condamné les « déclarations irrespectueuses de certains responsables politiques contre le patriarche maronite, de la part notamment de l’ancien ministre Sleimane Frangié ». Le CCI a invité à ce sujet les responsables à revenir à la raison.
La campagne orchestrée contre le patriarche maronite, le cardinal Nasrallah Sfeir, par le général Michel Aoun et l’ancien député Sleimane Frangié (voir par ailleurs) a provoqué une véritable levée de boucliers dans divers milieux politiques. Parallèlement aux députés et pôles chrétiens du 14 Mars qui ont réagi vivement, le député sunnite Jamal Jarrah s’est associé à la vague de réprobations. Dans les rangs du bloc parlementaire aouniste, seul le député Ghassan Moukheiber a condamné sans ambages les attaques contre le patriarche maronite. Le député Ibrahim Kanaan a souligné de son côté qu’il refusait de se lancer dans une polémique avec Bkerké à travers les médias.
Les attaques injurieuses répétées visant le rôle et l’autorité du patriarche maronite ont été condamnées par le comité de...