Italie
Malaise après l’annulation de
la visite du pape à La Sapienza
le 17 janvier 2008 à 00h00
Dénonçant l’« intolérance » et le « fondamentalisme » laïc, la classe politique et la presse italiennes ont largement critiqué hier la campagne qui a conduit le pape Benoît XVI à annuler sa visite aujourd’hui à la prestigieuse université romaine de La Sapienza. Le Vatican a annoncé mardi soir que le chef de l’Église catholique avait décidé de reporter cette visite. Le Saint-Siège a fourni hier le texte que Benoît XVI devait lire à cette occasion, un discours sur la foi, la raison, l’humanisme, la philosophie et la mission des universités. Le pape y reconnaît que plusieurs assertions des théologiens au fil des siècles s’étaient révélées fausses historiquement. Les opposants à sa visite estimaient que s’il voulait s’exprimer, le pape pouvait le faire du Vatican. Mardi matin, des étudiants avaient occupé les bureaux du chancelier de l’université pour exiger le droit de manifester dans l’enceinte de l’établissement lors de la venue de Benoît XVI. La controverse n’avait cessé de s’étendre depuis une pétition de 67 professeurs de l’université – sur 5 000 – présentant le pape comme un théologien rétrograde qui place la religion au-dessus de la science et ne devrait donc pas être autorisé à prendre la parole dans un temple de la pensée laïque. La protestation de certains enseignants et étudiants s’appuie sur un discours prononcé en 1990 par celui qui n’était encore que le cardinal Joseph Ratzinger. Ce discours, affirment-ils, démontre que le futur pape soutenait le procès en hérésie intenté en 1633 contre Galilée pour avoir osé affirmer que la Terre tourne autour du Soleil. Pour ses partisans, le pape n’a fait que reprendre un philosophe autrichien qui avait jugé que le procès de Galilée était « rationnel et juste », sans apporter sa caution intellectuelle à ce jugement.
Le ministre de la Justice démissionne,
mais son parti soutient toujours Prodi
Le ministre italien de la Justice, Clemente Mastella, a démissionné hier, en raison du mandat d’assignation à résidence émis à l’encontre de son épouse dans le cadre d’une affaire de corruption. Mais la petite formation catholique Udeur, que dirige M. Mastella, a annoncé qu’elle ne retirerait pas son soutien au gouvernement de centre-gauche de Romano Prodi qui dépend de cet appui pour conserver la majorité au Parlement. Toutefois, l’Udeur, parti centriste, a indiqué que le ministre ne reviendrait pas sur sa démission. « Je démissionne parce que, entre l’amour pour ma famille et pour le pouvoir, je choisis ma famille », a déclaré Mastella.
Dénonçant l’« intolérance » et le « fondamentalisme » laïc, la classe politique et la presse italiennes ont largement critiqué hier la campagne qui a conduit le pape Benoît XVI à annuler sa visite aujourd’hui à la prestigieuse université romaine de La Sapienza. Le Vatican a annoncé mardi soir que le chef de l’Église catholique avait décidé de reporter cette visite. Le Saint-Siège a fourni hier le texte que Benoît XVI devait lire à cette occasion, un discours sur la foi, la raison, l’humanisme, la philosophie et la mission des universités. Le pape y reconnaît que plusieurs assertions des théologiens au fil des siècles s’étaient révélées fausses historiquement. Les opposants à sa visite estimaient que s’il voulait s’exprimer, le pape pouvait le faire du Vatican. Mardi matin, des étudiants...
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