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Actualités - Opinion

Le Liban, un champ de lumière, de parfum et de bien-être

Notre génération a appris à connaître le terroir libanais à travers les livres de lecture des classes primaires ainsi qu’à travers les récits des écrivains libanais du XIXe siècle. Notre pays, déjà indépendant et souverain, nous paraissait à travers ces écrits comme un lieu de prospérité et de quiétude. Bien évidemment, cela reflétait des années de labeur et de persévérance ; ces qualités étant les forces motrices qui avaient édifié les structures du Liban et caractérisé son évolution historique. Pour ne pas ramener le miracle libanais à un sort divin ou à une volonté providentielle, il est possible de le présumer dans un désir de vivre, de construire et de témoigner pour l’homme. Gérés par le régime de la « moutassarifiat » et sous la protection d’un consortium de puissances étrangères, les Libanais ont dans leur quotidien défendu les valeurs du travail, de l’initiative et de la générosité. Ces valeurs émanaient de l’évolution des structures libanaises passant de l’économie ancienne (préindustrielle) à celle moderne (industrielle), quoique centrée sur le secteur tertiaire. Cette orientation favorisa l’épanouissement des villes portuaires telles que Beyrouth. Ainsi, l’exode rural apporta aux cités quelques-unes des valeurs spirituelles et humaines reflétant l’évolution précoce de la montagne vers l’économie moderne. À la suite de quoi, le pays connut près d’un siècle de progrès. Les signes de ce progrès, comme partout ailleurs et de tous les temps, se retrouvaient en premier lieu dans l’éducation et la culture. Les écoles, collèges, universités et éducateurs se multipliaient en rivalisant dans le niveau d’éducation atteint et la formation garantie. L’individu libanais était préparé à affronter le monde adulte en concurrent, mais également en membre actif de ce chantier qu’était le Liban. Notre pays nous souriait de toutes ses promesses et richesses. Il nous a permis des moments d’efforts, de confiance, de compétition et d’opulence, et cela avec beaucoup d’aisance, de légèreté devenant des fois de la frivolité. Cependant, un même souci rassemblait les Libanais, celui du succès individuel, du renforcement de l’entité familiale et du bénéfice optimisé des moyens et du temps. Le Liban était le pays de toutes les opportunités. Progressant du nord vers le sud-ouest et appartenant à part entière à la communauté arabe, il était ouvert au monde, et sa structure évoluait selon le mode contemporain. Dans certains de ses quartiers, Beyrouth laissait croire que l’on pourrait posséder le monde. Le Liban a connu un phénomène culturel rare qui était celui des convergences salutaires et constructives entre le terroir et la ville. Celle-ci, dans toute son histoire cosmopolite où les phénomènes mondiaux les plus divers fleurissaient telle la musique pop (les Beatles), évoluait dans un respect étroit de l’esprit du terroir. Les habitants de la montagne, participants actifs, fébriles et fondamentaux à l’éclosion des cités, pouvaient protéger leurs habitudes et sensibilités en les intégrant à ce vaste monde que devenait le Liban. Au Liban, les saisons se succédaient en façonnant la géographie tout en gardant au pays son visage aimable, bienveillant et convivial. Pour des générations passées, en tout cas pour celle de nos parents, le Liban était un champ de lumière, de parfum et de bien-être. Ibrahim K. GEMAYEL
Notre génération a appris à connaître le terroir libanais à travers les livres de lecture des classes primaires ainsi qu’à travers les récits des écrivains libanais du XIXe siècle. Notre pays, déjà indépendant et souverain, nous paraissait à travers ces écrits comme un lieu de prospérité et de quiétude. Bien évidemment, cela reflétait des années de labeur et de persévérance ; ces qualités étant les forces motrices qui avaient édifié les structures du Liban et caractérisé son évolution historique.
Pour ne pas ramener le miracle libanais à un sort divin ou à une volonté providentielle, il est possible de le présumer dans un désir de vivre, de construire et de témoigner pour l’homme.
Gérés par le régime de la « moutassarifiat » et sous la protection d’un consortium de puissances étrangères,...