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Actualités - Opinion

Damas s’engouffre dans la brèche d’Annapolis pour son come-back libanais

Exercice vertigineux à tout prendre : le régime syrien use de ses capacités de nuisance au Liban pour faire fléchir les Américains, les Occidentaux et les Arabes modérés. Et il exploite ensuite l’ouverture d’Annapolis, c’est-à-dire le rapprochement avec ces adversaires, pour affermir son retour décisif sur la scène politique locale. Un jeu de miroir, en somme. De miroir à alouette, s’entend. Et la psyché dont il se sert, c’est évidemment l’opposition nationale (!). Qui comprend ses proches, ses instruments directs et leurs fidèles alliés. Leurs exigences, incongrues certes mais sous-tendant de lourdes menaces pour le pays, se révèlent de fait fort efficaces. Le 14 Mars, constatant que le torpillage des délais constitutionnels allait entraîner un vide institutionnel générateur de chaos, a dû dans un premier temps renoncer à ses candidats propres. Puis, dans un second temps, même aux candidats dits de consensus mentionnés sur la liste Sfeir. Forcé de boire le calice jusqu’à la lie pour empêcher l’implosion de l’entité libanaise, ce camp n’avait plus d’autre choix que de présenter la candidature du général Sleimane. Au mépris des résolutions pérennes (!) de la révolution du Cèdre, comme de la Rencontre du Bristol relatives au respect de la Constitution. Comme d’ailleurs au barrage face à la réédition, pour une quatrième fois, de l’expérience d’un militaire porté au zénith du pouvoir. Mais, bien évidemment, la présidentielle n’est qu’un épisode, un simple tremplin pour le régime syrien. Il l’assortit de conditions s’inscrivant toujours dans le cadre de son plan de reprise en main progressive de la décision politique au Liban. Égrener ces exigences serait fastidieux. Rappelons simplement qu’elles portent sur l’éviction de Siniora, voire de Hariri. Sur la constitution d’un cabinet dit d’union avec tiers de blocage aux prosyriens et même plus, puisque les opposants réclament 45 % des sièges. Ainsi que nombre de portefeuilles-clé, de souveraineté ou de services. Ensuite sur le programme politique du prochain gouvernement, avec rejet de la 1559, de la 1701 et neutralisation du tribunal international. Puis sur les nominations. Enfin sur la loi électorale. En vue de législatives que les prosyriens et leurs amis remporteraient haut la main. Pour s’emparer ensuite du pouvoir brut. En remettre les clés à l’ancien tuteur. Le tour serait joué et la boucle bouclée. Et sinon ? Sinon l’impasse durerait indéfiniment. Même en cas d’élection du général Sleimane, mardi. Car on ferait ensuite tout capoter, côté formation du gouvernement. Il n’y aurait alors, selon toute probabilité, d’issue qu’une fois que la commission Brammertz aura déposé ses conclusions finales. S’il est assez bon pour le régime syrien, ce dernier mettrait de l’eau dans son vin au Liban. Autrement, toutes les éventualités négatives devraient être envisagées. Émile KHOURY
Exercice vertigineux à tout prendre : le régime syrien use de ses capacités de nuisance au Liban pour faire fléchir les Américains, les Occidentaux et les Arabes modérés. Et il exploite ensuite l’ouverture d’Annapolis, c’est-à-dire le rapprochement avec ces adversaires, pour affermir son retour décisif sur la scène politique locale. Un jeu de miroir, en somme. De miroir à alouette, s’entend.
Et la psyché dont il se sert, c’est évidemment l’opposition nationale (!). Qui comprend ses proches, ses instruments directs et leurs fidèles alliés. Leurs exigences, incongrues certes mais sous-tendant de lourdes menaces pour le pays, se révèlent de fait fort efficaces. Le 14 Mars, constatant que le torpillage des délais constitutionnels allait entraîner un vide institutionnel générateur de chaos, a dû dans un...