L’émirat d’Abou Dhabi va investir 7,5 milliards de dollars dans Citigroup, la première banque américaine et mondiale, fragilisée par la crise des crédits « subprime », en rachetant à terme jusqu’à 4,9 % de son capital, a annoncé Citigroup lundi soir.
L’investissement sera effectué par l’Abu Dhabi Investment Authority (ADIA), le fonds d’investissement souverain d’Abou Dhabi, l’un des sept États membres des Émirats arabes unis (EAU).
Citigroup explique être parvenue à un accord avec le fonds d’Abou Dhabi pour lui vendre des titres convertibles en actions pour 7,5 milliards de dollars, mais souligne que le fonds n’aura qu’un rôle limité. Le fonds ADIA « a accepté de ne pas détenir plus de 4,9 % des actions et n’aura pas de droits spéciaux, ni de rôle dans la direction stratégique de Citi ni le droit de désigner un membre du conseil d’administration », a souligné la banque.
Cette injection massive d’argent frais est bienvenue pour Citigroup, qui a été sérieusement ébranlée par la crise des crédits hypothécaires à risque (« subprime ») et au passage limogé son président.
Après avoir annoncé des dépréciations massives de son portefeuille d’actifs, la banque a en effet destitué début novembre son PDG Charles Prince, l’une des figures de Wall Street, et vient d’annoncer qu’elle pourrait encore devoir passer pour 11 milliards de dollars de dépréciations.
Cet appel à la rescousse de l’émirat est une nouvelle preuve du poids financier croissant des EAU qui, grâce à leurs recettes pétrolières gonflées par l’envolée des cours du pétrole, multiplient les investissements dans les grandes sociétés et places boursières internationales depuis quelques mois.
Hier, les marchés étaient soulagés par l’apport de l’émirat. Mais d’un autre côté, ils s’inquiétaient que Citigroup ait dû appeler l’émirat à l’aide, et ce au prix fort, en lui accordant d’énormes intérêts. Après sa chute de 3 % lundi, l’action Citigroup remontait de plus de 2,48 % hier vers 16 h GMT, à 30,54 dollars, ce qui reste l’un de ses plus bas niveaux depuis 5 ans.
« Cette recapitalisation de Citigroup est une bonne nouvelle. Elle tombe comme une bouffée d’oxygène », a commenté Peter Cardillo, analyste chez Avalon Partners.
« Mais le retour à la stabilité a un coût », a relevé la Deutsche Bank, en soulignant que Citigroup a accepté de rémunérer les fonds apportés par Abou Dhabi 11 % par an, un taux particulièrement élevé. Au total, la banque devra donc verser à Abou Dhabi d’ici à 2010-2011 plus de 1,7 milliard de dollars en intérêts.
« Ce taux d’intérêt élevé souligne les problèmes de Citigroup, qui paie cher l’investissement d’Abou Dhabi. Mais cet investissement renforce son capital et montre que l’émirat la considère comme une valeur positive à long terme », estime Patrick O’Hare, de Briefing.com.
Ce n’est pas la première fois que Citigroup est renflouée par un investisseur du Golfe : son premier actionnaire est déjà le prince al-Walid ben Talal, qui possède 3,6 % de Citigroup. Grâce à l’apport d’Abou Dhabi, Citigroup va immédiatement redresser son bilan : cet apport regonflera ses fonds propres, laminés par des dépréciations massives sur son portefeuille de crédits hypothécaires.
Mais contrainte de rechercher des appuis financiers dans le Golfe, Citigroup a vu son étoile décliner ces derniers mois : encore première banque du pays en termes d’actifs, elle est maintenant passée deuxième en valeur boursière, derrière Bank of America, car son action a fondu de plus de 30 % depuis début octobre, et de 44% depuis juin.
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L’investissement sera effectué par l’Abu Dhabi Investment Authority (ADIA), le fonds d’investissement souverain d’Abou Dhabi, l’un des sept États membres des Émirats arabes unis (EAU).
Citigroup explique être parvenue à un accord avec le fonds d’Abou Dhabi pour lui vendre des titres convertibles en actions pour 7,5 milliards de dollars, mais souligne que le fonds n’aura qu’un rôle limité. Le fonds ADIA « a accepté de ne pas détenir plus de 4,9 % des actions et n’aura pas de droits spéciaux, ni de rôle dans la direction stratégique de Citi ni...