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Actualités - Opinion

LA situation La douche écossaise se poursuit jusqu’au bout Lélia MEZHER

Le report semble une nouvelle fois inévitable. Du côté de la majorité comme de l’opposition, une tendance se dégage : l’ajournement à vendredi prochain de la séance électorale de demain. La diplomatie française en a pris un sérieux coup et le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, sentant le vent tourner, est revenu de manière précipitée à Beyrouth. Il a aussitôt scandé tout haut ce qu’une partie des Libanais pensent tout bas : Pourquoi, alors que l’engrenage semblait bien rodé, tout a bloqué d’un coup ? Une grande question, à laquelle il n’existe aujourd’hui que des bribes de réponses, car il devient de plus en plus difficile de tenter de délimiter le poids des facteurs internes de ceux purement externes qui influent sur le dossier de la présidentielle. Sur le plan régional, la Syrie continue de faire de la résistance, au même titre que l’Iran, soulignent des sources de la majorité. Ce qui expliquerait sans doute les valses diplomatiques dans l’urgence entre Damas et Téhéran. Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Alexandre Saltanov, est arrivé hier à Damas pendant que le ministre syrien des AE se trouvait à Téhéran. Saad Hariri se rend pour sa part aujourd’hui à Moscou, dans un ultime effort de décrocher un consensus régional sur la personne du futur président de la République. Mais la douche écossaise semble vouée à se poursuivre jusqu’au bout car en dépit de l’avertissement de Bernard Kouchner qui a rappelé qu’il ne reste plus « que deux jours », l’élection présidentielle est désormais prévue pour vendredi prochain. Mais ne serait-ce qu’en apparence, l’initiative française a reçu un sérieux revers, et avec elle, la liste de candidats soumise par le patriarche Nasrallah Sfeir. Ce dernier avait pourtant obtenu toutes les garanties nécessaires. Le nœud se trouve-t-il au niveau du mandat accordé par l’opposition au chef du mouvement Amal, Nabih Berry, notamment depuis le discours prononcé par le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah ? Nabih Berry est-il réellement mandaté par tous les pôles de l’opposition pour négocier et choisir avec Saad Hariri un des noms figurant sur la liste du patriarcat maronite ? De toute évidence, affirme une source de la majorité, la réponse est négative. Comment expliquer autrement le fait que Michel Aoun soit encore aujourd’hui le seul candidat de l’opposition, alors même que Nabih Berry est officiellement mandaté par cette même opposition pour négocier un consensus sur le dossier de la présidentielle ? Ce point a d’ailleurs été soulevé hier par Samir Geagea, lors de la conférence de presse conjointe qu’il a tenue avec Bernard Kouchner. M. Geagea s’est en effet demandé en foi de quoi Nabih Berry est-il en train de négocier, si M. Aoun continue de se déclarer comme le candidat de l’opposition ? Faut-il le rappeler, l’opposition a elle-même contribué à relancer la campagne du député du Kesrouan ces dernières semaines. Ce faisant, elle a également permis à Nabih Berry – qu’elle a affublé d’un mandat de façade – de choisir un des noms de la liste patriarcale. Cela a eu pour conséquence de torpiller insidieusement, mais peut-être de manière désormais irréfutable, l’initiative de la France. Mais aussi du patriarcat maronite, comme l’a également souligné M. Geagea qui a indiqué qu’il ne pouvait « rien promettre » aux Libanais, mais que les efforts allaient se poursuivre pour décrocher une entente sur un candidat qui puisse être accepté par tous. Mais de source proche du président de la Chambre, le ton reste étrangement optimiste. Un député du bloc Amal a souligné que « toutes les chances ne sont pas encore épuisées. Les concertations se poursuivent entre MM. Berry et Hariri. Il existe bien sûr plusieurs facteurs qui influent sur le cours des concertations, mais les choses évoluent chaque heure. Les données changent rapidement. Nous sommes optimistes ». Une question se pose à cet égard : la diplomatie française a-t-elle été bluffée par une attitude syrienne conciliante ? Si c’est le cas, affirme une source parlementaire de la majorité, « la Syrie va le payer très cher, car elle est aujourd’hui au pied du mur ». Quant à la position de Téhéran, elle reste floue à ce sujet, l’Iran n’ayant pas jusqu’à présent cherché à faire pression sur son allié syrien pour permettre au processus présidentiel d’aller de l’avant. Si l’impact des facteurs régionaux sur l’échéance présidentielle est indéniable, il n’en reste pas moins que, sur le plan interne, le rôle des pôles chrétiens restera fondamental pour la consolidation de la mission du prochain président. Au jeu des vetos réciproques qui s’appuient sur les différentes tendances régionales, il serait bon de substituer un rôle constructif, tendant à mettre en place une plate-forme commune aux chrétiens sur laquelle pourrait s’appuyer le nouveau président. Des tractations sont actuellement en cours entre les principaux pôles chrétiens afin de tenter d’unifier les vues, dans une ultime tentative de réunir les quatre principaux leaderships chrétiens. Mais si cela échoue, « annuler l’option de l’élection à la majorité plus un serait une grosse erreur », souligne une source proche du 14 Mars. Car le temps presse, comme l’a rappelé M. Kouchner : « Il ne reste plus que deux jours. »
Le report semble une nouvelle fois inévitable. Du côté de la majorité comme de l’opposition, une tendance se dégage : l’ajournement à vendredi prochain de la séance électorale de demain. La diplomatie française en a pris un sérieux coup et le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, sentant le vent tourner, est revenu de manière précipitée à Beyrouth. Il a aussitôt scandé tout haut ce qu’une partie des Libanais pensent tout bas : Pourquoi, alors que l’engrenage semblait bien rodé, tout a bloqué d’un coup ?
Une grande question, à laquelle il n’existe aujourd’hui que des bribes de réponses, car il devient de plus en plus difficile de tenter de délimiter le poids des facteurs internes de ceux purement externes qui influent sur le dossier de la présidentielle.
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