« Des milliers de combattants » du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) basés dans le nord de l’Irak sont passés en Iran pour échapper à l’offensive annoncée de l’armée turque contre leurs bases, affirme Osman Öcalan, ancien dirigeant du PKK et frère du leader du mouvement, Abdullah Öcalan, emprisonné en Turquie. Lors d’une interview accordée ce week-end à l’AFP dans sa grande maison de Koya, dans le Kurdistan irakien, Osman Öcalan a assuré que, si elles passent à l’offensive, les troupes d’Ankara ne « chasseront que des ombres ». « Depuis le mois dernier, je sais que des milliers de membres du PKK sont passés en Iran. Au moins un millier sont passés en Turquie. Il n’en reste qu’un petit nombre en Irak », a-t-il affirmé. « Les camps du PKK sont dans la zone où se rejoignent les trois frontières : ils passent d’un pays à l’autre sans arrêt. Ils ne restent jamais longtemps en place (...) Le but est de ne pas offrir de cibles. Ils savent qu’il ne faut pas chercher à affronter les Turcs directement, mais plutôt mener contre eux des opérations ponctuelles, une guérilla », a-t-il dit. « En Irak, en Turquie ou en Iran, les habitants kurdes nous soutiennent, d’une façon ou d’une autre », a-t-il ajouté. Selon lui, le PKK n’acceptera de déposer les armes que si son frère, auquel les membres du mouvement vouent un quasi-culte, est libéré et si la Turquie se transforme « en État fédéral, sur le modèle allemand ». Il a menacé que si son frère Abdullah Öcalan meurt en prison, « des milliers de personnes mourront en Turquie, civils et militaires ». « Sa santé est mauvaise, a-t-il ajouté. Il souffre des poumons. Les Turcs lui font peut-être respirer des produits chimiques pour le tuer à petit feu, comme les Anglais ont fait avec Napoléon. » D’autre part, huit soldats turcs, libérés la semaine dernière après avoir été retenus pendant deux semaines par le PKK dans le nord de l’Irak, ont été arrêtés puis écroués par un tribunal militaire de Van, ont rapporté les médias. Les conscrits ont été accusés d’avoir refusé d’obéir aux ordres et d’avoir franchi sans autorisation la frontière irakienne, a indiqué la chaîne d’information CNN-Türk. Les soldats étaient interrogés par des officiers et des procureurs militaires, d’abord à Ankara puis à Van, depuis leur libération.
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