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Actualités - Opinion

La Situation L’échéance présidentielle plus que jamais prisonnière des calculs régionaux Lélia MEZHER

Le temps presse et le climat régional n’est pas pour adoucir la pression qui monte sur le plan local, à l’approche de l’échéance présidentielle. Les survols et raids fictifs israéliens, additionnés aux informations qui ont filtré sur des manœuvres présumées du Hezbollah, ne sont pas non plus de nature à rassurer les observateurs quant à la tenue, dans le calme et les délais constitutionnels, de l’élection présidentielle, le 12 novembre. Consciente de l’importance de l’enjeu présidentiel, non seulement au Liban mais également à l’échelle régionale, la France a finalement décidé, malgré tout, de renouer le dialogue avec Damas. La délégation française a certes délivré un message ferme au régime syrien, mais a continué de manier avec habileté le bâton et la carotte, puisqu’elle a promis, en contrepartie, d’instaurer de bonnes relations avec la Syrie si cette dernière acceptait d’influer positivement sur le dossier de la présidentielle libanaise. Mais le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, l’a clairement dit hier : « Il n’y a pas que la Syrie. » Car « il y a aussi l’Iran ». Une remarque qui prend sans doute toute sa valeur à la lumière des informations sur les manœuvres supposées du Hezb, et qui surviennent peu de temps après une activité militaire israélienne intensive aux frontières libano-syriennes. Le Liban, prisonnier des choix stratégiques de ses encombrants voisins ? Cela n’était plus un secret pour personne. Mais jamais cette thèse n’aura autant pris tout son sens qu’en cette période cruciale d’élection présidentielle. La Syrie, consciente de la taille de l’enjeu, compte, jusqu’au bout, ne rien concéder avant d’avoir été certaine qu’elle n’a vraiment plus aucun autre choix. L’Iran, de son côté, après avoir été inquiet un moment d’une éventuelle discorde sunnito-chiite qui ne l’arrangeait pas du tout, s’est rapidement rassuré de voir la malédiction des dissensions communautaires se rabattre sur la communauté chrétienne. Car seul un différend interchrétien au Liban aurait été de nature à calmer le grand frère iranien et aurait permis à la Syrie de continuer de jouer la pluie et le beau temps au Liban. Le régime syrien a donc pris soin de mener ce projet à bien, sans grandes difficultés, il faut bien le dire. Car si Michel Aoun s’est réuni avec Amine Gemayel puis avec Saad Hariri, il n’a toujours pas serré la main à Samir Geagea. Or, associé avec ce dernier, il serait capable de constituer – enfin – un front chrétien fort et pesant de tout son poids sur le cours de l’échéance présidentielle. Cela aussi, la Syrie en est consciente. Associé de surcroît à Walid Joumblatt, Michel Aoun aurait pu aussi réussir à consolider encore plus ce front chrétien. Cela, également, la Syrie en est consciente. C’est pour cela que, jusqu’à présent, seules des rencontres purement symboliques ont pu être réalisées. Certes, la forme est importante ; elle a contribué à apaiser quelque peu les esprits et à faire renaître l’espoir. « Moment d’espoir, nous nous prenons à imaginer la formidable impulsion qu’une entente au Liban pourrait apporter à la paix au Proche-Orient et particulièrement au dialogue israélo-palestinien », ont ainsi écrit les ministres des Affaires étrangères français, espagnol et italien. Mais l’espoir est en lui-même insuffisant : désormais, seules des actions concrètes seront en mesure de le justifier, de le légitimer. Après l’offensive israélienne de juillet 2006, la démission des ministres de l’opposition, le sit-in qui va bientôt fêter sa première année d’existence, les improbables combats de Nahr el-Bared et les assassinats à la pelle, l’espoir n’a plus de place. Désormais, seule l’action pourra renforcer ce sentiment. Signe que tout n’est pas perdu : la communauté internationale, réunie à Istanbul au chevet de l’Irak, a trouvé le temps de réfléchir sur la question libanaise. Une délégation française s’est en conséquence rendue à Damas. Quid de la suite ? Une réunion interchrétienne s’impose, sans excuses, sans atermoiements ni tergiversations. Une liste de candidats à la présidentielle dressée et agréée par Bkerké est aussi nécessaire. La prise en compte de l’un de ces noms par le tandem Saad Hariri-Nabih Berry est tout aussi primordiale. C’est uniquement par le biais de ces trois étapes – qui paraîtraient particulièrement singulières dans un système démocratique classique – que le Liban pourra s’extirper des influences régionales néfastes pour s’affirmer en tant qu’État souverain.
Le temps presse et le climat régional n’est pas pour adoucir la pression qui monte sur le plan local, à l’approche de l’échéance présidentielle.
Les survols et raids fictifs israéliens, additionnés aux informations qui ont filtré sur des manœuvres présumées du Hezbollah, ne sont pas non plus de nature à rassurer les observateurs quant à la tenue, dans le calme et les délais constitutionnels, de l’élection présidentielle, le 12 novembre.
Consciente de l’importance de l’enjeu présidentiel, non seulement au Liban mais également à l’échelle régionale, la France a finalement décidé, malgré tout, de renouer le dialogue avec Damas. La délégation française a certes délivré un message ferme au régime syrien, mais a continué de manier avec habileté le bâton et la carotte, puisqu’elle a promis,...