L’Agence internationale de l’énergie atomique et l’Iran ont repris hier à Téhéran leurs discussions sur le nucléaire alors que le chef de l’AIEA, Mohammad el-Baradei, s’est attiré une vive réplique d’un responsable israélien, et un démenti de la Maison-Blanche et de Paris.
Le directeur adjoint de l’agence de l’ONU, Olli Heinonen, doit rester en Iran trois jours pour faire la lumière sur les centrifugeuses d’uranium. « Nous tenterons lors de ces nouvelles discussions d’arriver à une conclusion avec l’AIEA à propos des centrifugeuses P1 et P2 », a déclaré Mohammad Saïdi, vice-président de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique, chargé des questions internationales. L’AIEA attend des détails sur l’obtention par l’Iran des composants des centrifugeuses de type P1, dont près de 3 000 fonctionnent à l’usine d’enrichissement de Natanz (centre), et sur les recherches concernant le modèle P2, plus performant.
Parallèlement, M. el-Baradei s’est attiré une vive réplique d’un responsable israélien, ainsi qu’un démenti de la Maison-Blanche et de Paris, après avoir affirmé dimanche sur CNN ne pas avoir de preuve des ambitions militaires de Téhéran. « Avons-nous vu en Iran les éléments nucléaires qui peuvent être rapidement transformés en arme ? Non. Avons-nous vu un programme actif de militarisation du nucléaire ? Non », a-t-il martelé. Cependant, pour calmer le jeu, Mohammad el-Baradeï a invité hier l’Iran à faire preuve de « transparence ».
De son côté, la Maison-Blanche a maintenu hier ses accusations contre l’Iran, affirmant que si un pays enrichissait l’uranium, c’était pour produire l’arme nucléaire. « Voilà un pays qui enrichit et convertit l’uranium, et la raison qu’a quelqu’un de le faire, c’est pour mener à l’arme nucléaire », a dit la porte-parole Dana Perino.
Le ministre français de la Défense, Hervé Morin, a lui aussi contredit les propos de M. el-Baradei, et évoqué la menace de sanctions économiques et financières unilatérales. « Nos renseignements, corroborés par ceux d’autres pays, nous donnent le sentiment contraire », a dit M. Morin en visite dans le Golfe.
Pour sa part, le ministre israélien des Affaires stratégiques, Avigdor Lieberman, a accusé M. el-Baradei de chercher toutes les raisons pour « blanchir et justifier » l’Iran. Il a accusé le responsable d’origine égyptienne d’être motivé « par un engagement vis-à-vis du monde islamique ». « La preuve qu’el-Baradei cherche est probablement le champignon atomique que chacun sera en mesure de voir dans le ciel », a-t-il dit.
Les grandes puissances qui exigent de l’Iran qu’il suspende son programme d’enrichissement d’uranium ont accepté d’attendre un rapport de l’AIEA et un compte rendu du représentant de la diplomatie européenne, Javier Solana, sur ses discussions avec l’Iran, avant d’envisager de nouvelles sanctions.
Parallèlement, toujours sur CNN, Mohammad el-Baradei avait accusé Israël dimanche de s’être fait justice lui-même lors de son raid aérien contre la Syrie, et il a exigé d’obtenir des informations sur le site frappé. Damas s’est félicité hier de la condamnation de l’AIEA. Le ministre des Affaires étrangères Walid Moallem a regretté le silence de la communauté internationale. « Ne pas condamner le raid israélien encourage l’agresseur », a-t-il souligné.
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Le directeur adjoint de l’agence de l’ONU, Olli Heinonen, doit rester en Iran trois jours pour faire la lumière sur les centrifugeuses d’uranium. « Nous tenterons lors de ces nouvelles discussions d’arriver à une conclusion avec l’AIEA à propos des centrifugeuses P1 et P2 », a déclaré Mohammad Saïdi, vice-président de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique, chargé des questions internationales. L’AIEA attend des détails sur l’obtention par l’Iran des composants des centrifugeuses de type P1, dont près de...