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Actualités - Opinion

Humeur Un monde civilisé Carla HENOUD

Des parcmètres « à titre expérimental » dans le centre-ville de Beyrouth, dès le 29 octobre, puis à la rue Bliss et à l’avenue Charles Malek… La belle idée. Le bon moment. Comme si le centre-ville n’était pas suffisamment meurtri, entièrement vidé de ses habitués et de sa substance. Comme si le Libanais n’avait pas assez de problèmes pour rouler, se garer, et pour, d’autre part, arriver au bout du mois avec les quelques pécules qui constituent son salaire plus que minimum. Sans doute avant d’installer ce superbe indice de civilité, faut-il penser à calmer la colère du citoyen. Lui assurer des feux rouges en marche, des gendarmes capables, des trottoirs respectables, des tunnels éclairés, et non pas ces longs tunnels noirs qui ajoutent à l’angoisse de chacun, menaces d’attentat obligent. Le minimum qu’il mérite, de l’eau, de l’électricité, une retraite garantie, des soins médicaux adaptés à la situation de chacun. Sans doute faut-il lui faciliter les choses pour qu’il puisse arriver à son travail, quand il ne l’a pas perdu, sans avoir à passer deux heures et demie pour un trajet de quinze minutes, parce qu’un groupe de députés vont tenter de se réunir au Parlement. Sans doute, sûrement, faut-il composer AVEC lui, ce qui ne s’est jamais fait depuis plus de trente ans. Le Libanais n’en peut plus… Assurer des « rentrées supplémentaires aux caisses de l’État », après une année des plus désastreuses, certaines familles n’ont pas pu scolariser leurs enfants, c’est pousser le bouchon trop loin. Certes le combat pour la liberté a un prix, nous le payons tous, convaincus que seul l’État saura nous y mener. Mais certaines maladresses deviennent insultantes. Être un « nouveau pauvre », une majorité tellement silencieuse, aussi…
Des parcmètres « à titre expérimental » dans le centre-ville de Beyrouth, dès le 29 octobre, puis à la rue Bliss et à l’avenue Charles Malek… La belle idée. Le bon moment. Comme si le centre-ville n’était pas suffisamment meurtri, entièrement vidé de ses habitués et de sa substance. Comme si le Libanais n’avait pas assez de problèmes pour rouler, se garer, et pour, d’autre part, arriver au bout du mois avec les quelques pécules qui constituent son salaire plus que minimum.
Sans doute avant d’installer ce superbe indice de civilité, faut-il penser à calmer la colère du citoyen. Lui assurer des feux rouges en marche, des gendarmes capables, des trottoirs respectables, des tunnels éclairés, et non pas ces longs tunnels noirs qui ajoutent à l’angoisse de chacun, menaces d’attentat obligent. Le minimum...