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ÉCLAIRAGE Arrogance et inexpérience, les deux tares des armées privées en Irak

L’arrogance et l’inexpérience sont responsables des récentes tragédies impliquant des gardes de sécurité étrangers en Irak, a expliqué à l’AFP un cadre de cette profession, alors même qu’elle cherche à défendre sa réputation. «Les grandes entreprises s’en fichent complètement tant elles sont arrogantes », a assuré Will Geddes, responsable du groupe britannique International Corporate Protection (ICP), opérant en Irak. Il commentait, dans un entretien cette semaine avec l’AFP, deux épisodes qui ont coûté la vie à 19 Irakiens et jeté une lumière crue sur les agissements des milliers de gardes privés arrivés en Irak depuis l’invasion américaine de mars 2003. Lourdement armés, ils assurent des escortes de diplomates et de personnalités, gardent des installations officielles et remplissent des missions moins visibles, comme des interrogatoires de prisonniers. « Les problèmes commencent lorsque vous avez des individus qui sont confrontés à des situations dont ils n’ont pas l’habitude », dit Will Geddes. Le 16 septembre, un convoi de la compagnie américaine Blackwater a ouvert le feu dans un quartier de Bagdad, tuant 17 civils, selon l’enquête officielle irakienne, qui a accusé l’entreprise de « crime délibéré ». Blackwater a affirmé que ses personnels s’étaient sentis menacés, et son patron Erik Prince a assuré, dans une émission sur CBS, que des impacts de balles avaient été relevés sur les véhicules du convoi. Dans cet entretien avec CBS, Erik Prince a tenu à souligner : « Nous voulons une bonne réputation pour cette industrie. » Trois semaines plus tard, deux Irakiennes ont été tuées à Bagdad par des gardes de l’entreprise URG, qui ont tiré quarante balles sur leur voiture qui s’était approchée trop près des véhicules blindés d’un convoi. L’entreprise a assuré que toutes les sommations avaient été faites et que les tirs étaient justifiés. Ces incidents ont exaspéré les Irakiens qui voient dans les gardes de sécurité – qui représentent le deuxième contingent étranger, avec au moins 30 000 hommes – de simples mercenaires. Poussés par le seul appât du gain, ils agissent sans considération pour les civils. « Nous faisons en sorte que nos employés aient une grande expérience du terrain pour qu’ils puissent réagir avec calme si les choses tournent mal », s’est défendu Patrick Toyne Sewell, dirigeant d’ArmorGroup. « Nous testons leurs qualités pour que leur maturité, leur valeurs morales et leur professionnalisme assurent leur sécurité et celle de nos clients lors d’un incident », a-t-il ajouté dans un échange de courriels avec l’AFP. Mais pour Will Geddes, il suffit d’un « maillon faible » dans la chaîne de sécurité pour que tout le système soit défaillant en cas de coup dur. « Vous devez agir en respectant l’environnement dans lequel vous opérez et faire en sorte de ne pas vous mettre à dos les populations locales », souligne-t-il. Et cet impératif est loin d’être respecté en Irak. Les gardes privés de sécurité donnent l’impression aux Irakiens de bafouer leurs coutumes et leurs lois. « Ils méprisent les citoyens irakiens », a fait savoir vendredi la plus haute autorité religieuse chiite d’Irak, l’ayatollah Ali Sistani, qui peut mobiliser des millions de fidèles. Toyne Sewell admet que ces guerriers privés sont motivés par l’argent dans un pays où les compensations peuvent dépasser les 10 000 dollars par mois. Mais, assure-t-il, ArmorGroup n’a jamais eu de problèmes pour trouver des candidats aux motivations justes, notamment le désir de poursuivre une carrière qui a souvent débuté sous les drapeaux dans leurs pays respectifs. Andrew GULLY (AFP)
L’arrogance et l’inexpérience sont responsables des récentes tragédies impliquant des gardes de sécurité étrangers en Irak, a expliqué à l’AFP un cadre de cette profession, alors même qu’elle cherche à défendre sa réputation.
«Les grandes entreprises s’en fichent complètement tant elles sont arrogantes », a assuré Will Geddes, responsable du groupe britannique International Corporate Protection (ICP), opérant en Irak. Il commentait, dans un entretien cette semaine avec l’AFP, deux épisodes qui ont coûté la vie à 19 Irakiens et jeté une lumière crue sur les agissements des milliers de gardes privés arrivés en Irak depuis l’invasion américaine de mars 2003.
Lourdement armés, ils assurent des escortes de diplomates et de personnalités, gardent des installations officielles et remplissent des...