Une participation à la prochaine réunion internationale sur le Proche-Orient proposée par les États-Unis pourrait permettre à la Syrie de sortir de son relatif isolement sur la scène internationale, mais Damas pèse encore le pour et le contre, ont déclaré des diplomates et responsables syriens.
« La Syrie décidera de son éventuelle participation après avoir reçu une invitation », a indiqué lundi le ministre de l’Information Mohsen Bilal, réagissant à des déclarations de responsables américains sur une présence syrienne à la réunion de novembre. D’emblée, il a rappelé que pour Damas la réunion devrait traiter des « impératifs d’une paix juste et globale », à savoir la création d’un État palestinien indépendant, le droit au retour des réfugiés palestiniens, le retour total à la Syrie du Golan occupé par Israël depuis 1967. « Les États-Unis et Israël se trompent énormément s’ils recherchent, via cette réunion, une normalisation des relations » entre la Syrie et Israël, formellement en état de guerre depuis 1948, a-t-il averti.
Des responsables américains ont déclaré dimanche que les États-Unis avaient l’intention d’inviter la Syrie à la conférence internationale de paix entre Israéliens et Palestiniens, même si un officiel de l’Administration Bush a laissé planer un doute le lendemain. Les responsables ont indiqué qu’ils inviteraient le comité de suivi de la Ligue arabe, qui comprend la Syrie, chargé de convaincre Israël d’accepter une initiative de paix arabe relancée au sommet de Ryad de mars 2007.
Les États-Unis « reconnaissent que sa présence (de la Syrie) est nécessaire », a estimé un diplomate européen en poste à Damas. La Syrie, qui accueille sur son sol des centaines de milliers de Palestiniens, et dont une partie du territoire est occupée par Israël, « fait partie des pays concernés par une solution », a expliqué le diplomate, qui a requis l’anonymat. Il a rappelé que la Syrie demeurait « isolée » par certains pays arabes et européens et les États-Unis en raison de sa politique régionale. Elle est notamment accusée d’ingérence au Liban et de laisser transiter des islamistes qui vont combattre en Irak.
Du côté syrien, on émet des réserves à une participation. « Si la conférence s’avère une réunion de relations publiques, la Syrie n’a pas intérêt à y participer », a affirmé un responsable syrien. Selon lui, elle irait « si l’ordre du jour de la réunion est clair » et les perspectives plus générales que la question israélo-palestinienne. Il a souhaité que la conférence se comporte « de manière impartiale et équilibrée » avec les Palestiniens divisés entre le Fateh et le Hamas depuis la prise de pouvoir des islamistes à Gaza en juin, a-t-il noté. Damas veut aussi récupérer tout le plateau du Golan occupé par Israël en 1967 et annexé en 1981, mais les pourparlers de paix syro-israéliens sont gelés depuis janvier 2000.
D’importantes pressions sont exercées sur la Syrie par la communauté internationale afin que Damas modifie ses positions vis-à-vis du Liban, de l’Irak et du conflit israélo-arabe. Mais le responsable syrien a averti que « la Syrie ne renoncera pas à son appui à la résistance nationale (contre Israël) ni à l’alliance stratégique avec l’Iran ».
La tension s’est accrue entre la Syrie et Israël après l’annonce d’un raid aérien israélien, le 6 septembre, contre une installation syrienne soupçonnée par l’État hébreu d’avoir des activités nucléaires. Des responsables syriens se sont inquiétés des informations publiées à ce sujet par la presse aux États-Unis, en Grande-Bretagne et en Israël, y voyant un rappel de la campagne qui a précédé l’invasion américaine de l’Irak en 2003.
Roueida MABARDI (AFP)
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« La Syrie décidera de son éventuelle participation après avoir reçu une invitation », a indiqué lundi le ministre de l’Information Mohsen Bilal, réagissant à des déclarations de responsables américains sur une présence syrienne à la réunion de novembre. D’emblée, il a rappelé que pour Damas la réunion devrait traiter des « impératifs d’une paix juste et globale », à savoir la création d’un État palestinien indépendant, le droit au retour des réfugiés palestiniens, le retour total à la Syrie du Golan...