L’euro va continuer de s’apprécier face au dollar et pourrait se hisser à court terme à 1,45 dollar en raison d’incertitudes sur l’économie américaine et d’une moindre rentabilité des placements en dollars après la baisse des taux, avertissent des analystes.
La monnaie unique a enchaîné des records cette semaine, se hissant au-dessus de la barre de 1,41 dollar pour la première fois de son histoire.
Cette poussée de fièvre de la devise européenne face au billet vert intervient après la décision de la Banque centrale américaine (Fed) d’assouplir d’un demi-point de pourcentage le coût du crédit – avec son principal taux directeur ramené à 4,75 % – afin de limiter la propagation à l’économie réelle de la crise financière qui secoue actuellement les marchés boursiers.
Saluée par les marchés, cette mesure a mis le dollar sous pression et entraîné une flambée de l’euro, s’accordent les analystes, qui estiment que la monnaie unique pourrait tutoyer de nouveaux sommets à court terme.
La plupart avancent désormais le seuil de 1,45 dollar pour un euro.
« Nous ne connaissons pas l’état de faiblesse réel de l’économie américaine, alors que l’économie européenne est au beau fixe. Nous ne connaissons pas jusqu’à quel niveau la Fed va réduire ses taux. Nous ignorons encore certains problèmes sur le marché du crédit », fait remarquer John Silvia, chef économiste chez Wachovia.
Le président de la Fed, Ben Bernanke, a reconnu jeudi devant le Congrès américain que les turbulences sur les marchés ont « accru les incertitudes sur les perspectives de la croissance mondiale » et que les conséquences de la crise des crédits immobiliers à risque (« subprime ») dépassaient « les prévisions les plus pessimistes ».
Le dollar pourrait donc être engagé dans une tendance baissière et va certainement franchir le cap de 1,45 dollar dans les deux à six mois à venir, pronostique M. Silvia.
Comme lui, les analystes expliquent cette hausse de l’euro par les interrogations sur la santé de l’économie américaine, qui pourraient conduire la Fed à baisser une nouvelle fois ses taux.
Une hypothèse renforcée par le recul de 0,1 % en août par rapport à juillet des prix à la consommation aux États-Unis, qui éloigne les menaces d’inflation.
« Il est probable que la Fed baisse de nouveau ses taux directeurs, tandis que la BCE (Banque centrale européenne) va peut-être laisser les siens inchangés, voire les relever », souligne Rafael Martorell (BNP-Paribas).
Or avec le loyer de l’argent à 4 % dans la zone euro, l’écart avec les taux américains s’est sensiblement réduit, ce qui rend les placements en dollars moins attractifs par rapport à ceux en euros.
« Le niveau-clé des 1,40 dollar a été franchi. La faiblesse évidente du dollar vis-à-vis de toutes les devises reflète l’anticipation que les différentiels de taux d’intérêt contre le dollar vont bouger », explique Derek Halpenny, économiste chez Bank of Tokyo-Mitsubishi.
Si cette différence entre les taux américains et ceux des autres zones monétaires se réduit davantage, comme la plupart des analystes semblent le penser, le dollar pourrait connaître un nouvel accès de faiblesse, dont profiterait à nouveau la monnaie unique, « à moins d’un statu quo monétaire en zone euro », insiste M. Martorell.
La faiblesse du billet vert est par ailleurs accentuée par la décision de l’Arabie saoudite de ne pas baisser ses taux directeurs en réponse au mouvement de la Fed alors que le rial est normalement arrimé au dollar.
« Des spéculations selon lesquelles l’Arabie saoudite envisagerait de ne plus ancrer au dollar le cours du rial pèsent » sur le billet vert, écrivent les analystes de dailyfx.com.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’euro va continuer de s’apprécier face au dollar et pourrait se hisser à court terme à 1,45 dollar en raison d’incertitudes sur l’économie américaine et d’une moindre rentabilité des placements en dollars après la baisse des taux, avertissent des analystes.
La monnaie unique a enchaîné des records cette semaine, se hissant au-dessus de la barre de 1,41 dollar pour la première fois de son histoire.
Cette poussée de fièvre de la devise européenne face au billet vert intervient après la décision de la Banque centrale américaine (Fed) d’assouplir d’un demi-point de pourcentage le coût du crédit – avec son principal taux directeur ramené à 4,75 % – afin de limiter la propagation à l’économie réelle de la crise financière qui secoue actuellement les marchés boursiers.
Saluée par les marchés,...