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Blackwater illustre la progression du privé dans les opérations militaires

La décision du gouvernement irakien d’interdire la société de sécurité privée américaine Blackwater met en lumière le rôle crucial joué par ce type d’entreprises en Irak et dans d’autres conflits, ses membres mettant leur vie en jeu pour une paye avantageuse. La pratique, de plus en plus fréquente, consistant à externaliser les contrats militaires, provoque l’inquiétude de certains experts qui craignent de voir ce secteur lucratif propulser sur le terrain des mercenaires ayant la gâchette facile. Mais les entreprises privées insistent sur le fait qu’elles fournissent des ressources, des services et la sécurité dans des zones du monde déchirées par des conflits, un marché mondial estimé à 100 milliards de dollars. « Le secteur privé est désormais la troisième force de facto, une “force de soutien” faisant partie intégrante de la conduite de la guerre moderne », a estimé le centre de réflexion Lexington Institute dans un rapport récent. L’Irak est au cœur de ce commerce plus que rentable présent à travers le globe de la Colombie à l’Afghanistan, et les États-Unis en sont le principal client. Il y a plus de 100 000 représentants du secteur privé en Irak, dont la mission va de l’installation de toilettes portatives sur les bases militaires aux convois de fonds en passant par la protection de responsables. La plupart sont impliqués dans des opérations logistiques. Pour Peter Singer, expert de la Brookings Institution, auteur de Soldat sous contrat : l’émergence de l’industrie militaire privée (Corporate Warrior : The Rise of the Privatized Military Industry), de 20 000 à 48 000 personnes sont impliquées dans des opérations tactiques, soit plus que les forces combinées des pays alliés des États-Unis en Irak. Selon John Pike, membre de Globalsecurity.org, spécialisé dans la défense et le renseignement, le fait qu’ils ne soient pas soumis aux mêmes contraintes peut être un atout. « Une des raisons qui fait qu’ils sont bien payés est qu’ils tuent les assaillants sans faire exploser tout le voisinage », affirme M. Pike. « Ces gens sont des tueurs, on ne peut pas dire ça des soldats ordinaires », ajoute-t-il. Mais les risques sont élevés – environ 1 000 contractuels ont été tués en Irak –, mais la paye est largement supérieure à celle des soldats américains ou à celles que les employés issus de pays en voie de développement pourraient percevoir chez eux. « L’arrivée de la motivation lucrative sur le champ de bataille ouvre de vastes et nouvelles possibilités, mais aussi un certain nombre de questions concernant la démocratie, l’éthique, le commandement, la loi, les droits de l’homme et la sécurité nationale et internationale », estime Peter Singer. Blackwater a indiqué payer ses contractuels entre 450 à 650 dollars par jour.
La décision du gouvernement irakien d’interdire la société de sécurité privée américaine Blackwater met en lumière le rôle crucial joué par ce type d’entreprises en Irak et dans d’autres conflits, ses membres mettant leur vie en jeu pour une paye avantageuse. La pratique, de plus en plus fréquente, consistant à externaliser les contrats militaires, provoque l’inquiétude de certains experts qui craignent de voir ce secteur lucratif propulser sur le terrain des mercenaires ayant la gâchette facile. Mais les entreprises privées insistent sur le fait qu’elles fournissent des ressources, des services et la sécurité dans des zones du monde déchirées par des conflits, un marché mondial estimé à 100 milliards de dollars. « Le secteur privé est désormais la troisième force de facto, une “force de soutien”...