Les klaxons fusent. La chaleur est suffocante. La tension monte. L’impatience des conducteurs est à son comble. Ils n’arrêtent pas de regarder leur montre, de rouspéter, d’invoquer Dieu, de montrer des marques d’énervement contre les flics qui s’affairent, sans résultat. Depuis une bonne heure, des milliers d’automobilistes sont bloqués dans la circulation, pare-choc contre pare-choc. Impossible d’avancer, ne serait-ce que d’un demi-mètre. Impossible aussi de reculer ou de faire demi-tour pour prendre un autre chemin, une bretelle, un raccourci.
Des voitures calent. D’autres chauffent. De la musique fuse à tue-tête d’un véhicule rempli de jeunes. À bord d’une 4x4 rutilante, un homme d’affaires gesticule et aboie des ordres, le téléphone à l’oreille. Dans l’espoir de gagner quelques précieux mètres, un chauffeur de taxi effectue un savant slalom d’une file à l’autre, s’attirant les foudres de ses voisins déjà à bout de nerfs.
À droite, au bord de la route, imperturbables, des ouvriers creusent dans l’asphalte, encore, pour la énième fois. À en croire qu’au Liban, la raison d’être d’une route est d’être constamment creusée, trouée, bosselée, décapée de son asphalte...
À gauche, on double en deuxième, troisième, quatrième et même cinquième position, au risque de faucher un motard ou un piéton distrait. Au nez et à la barbe de flics dépassés, qui ont baissé les bras depuis belle lurette.
Lumineuse idée ! Belle preuve de civisme. On se retrouve nez à nez avec les automobilistes d’en face, qui essaient depuis une heure aussi, mais en vain, de se frayer un chemin pour aller dans l’autre sens. On se croit plus malin que les autres, ceux qui piaffent d’impatience, coincés dans ce méli-mélo de voitures.
Mais ces autres, on n’en a rien à cirer ! Évidemment. Car on a grignoté une bonne centaine de mètres sur eux et surtout gagné une précieuse demi-heure.
Les klaxons repartent alors de plus belle. Les insultes aussi. On fait la course. On se bloque. On se coince. On fait crisser ses freins. C’est à qui passera avant l’autre. C’est à qui narguera l’autre. À la parole, on joint les gestes, généreux en obscénités, nettement moins généreux en courtoisie...
Ce scénario est partout le même, au quotidien, sur toutes les routes, où la négligence et la lenteur des autorités dans leur gestion du réseau et des chantiers routiers n’ont d’égal que le manque de civisme des citoyens.
La rentrée scolaire est pour demain. L’hiver est aux portes. Les embouteillages promettent d’être encore plus énormes et les routes encore plus cabossées. Les chantiers routiers se termineront-ils seulement un jour ?
Bel hiver en perspective sur les routes libanaises.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les klaxons fusent. La chaleur est suffocante. La tension monte. L’impatience des conducteurs est à son comble. Ils n’arrêtent pas de regarder leur montre, de rouspéter, d’invoquer Dieu, de montrer des marques d’énervement contre les flics qui s’affairent, sans résultat. Depuis une bonne heure, des milliers d’automobilistes sont bloqués dans la circulation, pare-choc contre pare-choc. Impossible d’avancer, ne serait-ce que d’un demi-mètre. Impossible aussi de reculer ou de faire demi-tour pour prendre un autre chemin, une bretelle, un raccourci.
Des voitures calent. D’autres chauffent. De la musique fuse à tue-tête d’un véhicule rempli de jeunes. À bord d’une 4x4 rutilante, un homme d’affaires gesticule et aboie des ordres, le téléphone à l’oreille. Dans l’espoir de gagner quelques précieux...