Au lendemain de l’appel de l’Alliance du 14 Mars à un dialogue sans conditions sur la question de la présidence de la République, en réponse à l’initiative lancée par le président de la Chambre Nabih Berry en faveur d’un consensus électoral, les commentaires sont allés bon train hier dans les milieux de la majorité. Des membres et des proches de l’alliance ont explicité leur point de vue sur les suites à donner à ce sujet.
L’ancien député de Jbeil Farès Souhaid a ainsi expliqué que le dialogue auquel a appelé mercredi l’Alliance du 14 Mars devrait se dérouler dans le cadre des institutions, et en particulier au sein du Parlement.
Interrogé par la Voix du Liban, M. Souhaid a dit : « Nous n’avons pas encore compris comment le président (de la Chambre), Nabih Berry, lance un appel au dialogue et aux retrouvailles alors que c’est lui qui avait fermé les portes du Parlement durant une année entière. »
« Aujourd’hui, si les intentions sont bonnes, ouvrons les portes de la Chambre de la manière qui conviendrait à M. Berry, que ce soit sous la forme d’une table de dialogue ou de séances de discussions. Voilà le lieu adéquat pour le dialogue et les retrouvailles », a-t-il dit.
« Que les députés et tous les blocs parlementaires se réunissent et que la vie démocratique saine soit relancée au Liban à travers les institutions, faute de quoi la décision des députés serait court-circuitée par des ententes marginales entre telle et telle fraction », a-t-il souligné.
M. Souhaid a nié que la réponse du 14 Mars à l’initiative de M. Berry soit conditionnelle. « Il n’y a pas de conditions préalables de notre part et nous n’accepterons pas de conditions préalables de personne, et en particulier d’eux (l’opposition) », a-t-il assuré.
« Il n’y a pas de dialogue sous la pression, qu’elle soit morale, politique ou sécuritaire », a-t-il insisté.
Pour le ministre en charge des Affaires du Parlement, Michel Pharaon, « l’accord sur un président de la République n’est pas une question technique. Cela passe par le biais d’une entente politique ».
« L’appel au dialogue est permanent. Il existe une volonté réelle de solution et d’entente autour de la présidence de la République. Nous attendons donc la réponse de la partie adverse », a déclaré M. Pharaon à l’agence al-Markaziya.
« Nous considérons que le dialogue politique et un minimum d’entente politique ouvrent la voie à un consensus. C’est pourquoi il revient à M. Berry et à d’autres de rechercher un mécanisme pour le dialogue garantissant la solution », a-t-il dit. Pour le député de Beyrouth, s’il y a accord, celui-ci ne devrait pas être secret.
Antoine Andraos, député de Aley, a estimé pour sa part, également dans une déclaration à l’agence al-Markaziya, que le communiqué de l’Alliance du 14 Mars comportait « une grande ouverture ».
Selon M. Andraos, « il y a une grande question adressée à M. Berry, et c’est de savoir ce qu’on ferait en cas de désaccord ». « Nous sommes contre le vide et M. Berry l’est également. Je pense donc que nous sommes d’accord ensemble sur la nécessité de l’élection d’un président de la République », a-t-il dit.
« Voilà pourquoi nous devons maintenir pour les dix derniers jours (avant l’expiration du mandat présidentiel actuel) l’option de la majorité plus un, en tant que dernier recours. Donc nous ne pouvons pas dès aujourd’hui abandonner cette option, car nous voulons en fin de compte que l’élection ait lieu et qu’il n’y ait pas de vide », a expliqué M. Andraos.
De son côté, le mufti du Mont-Liban, cheikh Mohammad Ali Jouzou, a affirmé que l’Alliance du 14 Mars a fait preuve d’ouverture et a accueilli positivement l’initiative de M. Berry.
Il a invité l’opposition à « oublier les divergences » et à écarter les conditions préalables afin d’entamer « un dialogue sérieux pour élire un président à l’unanimité ou à la quasi-unanimité ».
« Personne ne peut prétendre, après le communiqué du 14 Mars, que quiconque dans ce camp cherche à faire échec à l’initiative de M. Berry », a-t-il souligné, faisant assumer à l’opposition la responsabilité de ce qui adviendrait de cette initiative si elle ne répondait pas positivement à l’appel du 14 Mars.
Enfin, le président du Comité de défense des libertés publiques et démocratiques, Sinane Barraj, s’est félicité de la position de l’Alliance du 14 Mars qui « a accueilli positivement l’initiative de M. Berry, mais en en écartant les conditions ».
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L’ancien député de Jbeil Farès Souhaid a ainsi expliqué que le dialogue auquel a appelé mercredi l’Alliance du 14 Mars devrait se dérouler dans le cadre des institutions, et en particulier au sein du Parlement.
Interrogé par la Voix du Liban, M. Souhaid a dit : « Nous n’avons pas encore compris comment le président (de la Chambre), Nabih Berry, lance un appel au dialogue et aux...