Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, a appelé hier le yuan et l’ensemble des monnaies asiatiques des pays émergents à s’apprécier, répétant aussi la « grande probabilité » d’une hausse de taux d’intérêt en septembre.
Il a par ailleurs jugé le dialogue entre son institution et l’Exécutif européen « très bien organisé », allusions aux récentes déclarations françaises en faveur d’un plus grand poids des gouvernements de la zone euro face à la Banque centrale.
La « monnaie chinoise et l’ensemble des monnaies asiatiques des pays émergents en Asie doivent être plus flexibles et plus souples », a ainsi déclaré M. Trichet sur Europe 1, ajoutant que ces monnaies « doivent pouvoir s’apprécier lorsque les marchés les (y) poussent ».
Il répondait à une question sur le niveau élevé de l’euro, laissant ainsi entendre que la monnaie européenne n’est pas surévaluée, mais que certaines monnaies asiatiques sont artificiellement sous-évaluées.
L’euro a enregistré la semaine dernière un nouveau record historique à 1,3852 dollar et s’est depuis un peu replié.
M. Trichet a par ailleurs indiqué, comme il l’a déjà fait jeudi, que la BCE était « dans une position de forte vigilance, ce qui est interprété par l’ensemble des observateurs comme voulant dire qu’il y a une assez grande probabilité » pour qu’elle décide de relever ses taux d’intérêt « lors de sa prochaine réunion » en septembre.
Il a également répété que la BCE prend ses « décisions en temps réel, au moment de la réunion, sur la base des informations » dont elle dispose « à ce moment-là ».
Ce dialogue entre l’institut monétaire et l’Exécutif européen « est organisé de manière scrupuleuse, notariale par le traité » de Maastricht, a-t-il insisté, martelant que la BCE entendait appliquer « tout le traité et naturellement rien que le traité ».
« Je vois les Exécutifs européens trois fois par mois et le Parlement au moins cinq fois par an », a-t-il argumenté.
« Je suis président d’une institution qui est indépendante, dont l’indépendance est essentielle en termes de crédibilité et donc la crédibilité est essentielle pour permettre à la croissance d’être durable », a-t-il poursuivi, rappelant que Nicolas Sarkozy « a dit lui-même qu’il n’entendait pas toucher à l’indépendance » de la BCE.
Jean-Claude Trichet répondait à des questions sur les propos tenus mardi par le secrétaire d’État français aux Affaires européennes Jean-Pierre Jouyet, qui appelait à « appliquer le traité européen dans son ensemble », référence à l’article 111 du traité de Maastricht.
Ce texte donne à la BCE la mission de « conduire les opérations de change », notamment des interventions, mais octroie également aux gouvernements européens la tâche de « formuler les orientations générales de politique de change ».
M. Jouyet avait aussi jugé « important qu’il y ait un dialogue normal » avec la BCE « pour savoir si, au regard d’un diagnostic économique partagé, la situation des changes appelle des corrections » ou pas. Il avait ajouté que la zone euro devait pouvoir « réagir » en matière de change.
Il avait souhaité « élargir » un dialogue avec la BCE jugé parfois « réducteur ».
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