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Actualités - Chronologie

La méthode Kouchner : parler de tous les sujets et exclure l’échec

Paris, d’Élie MASBOUNGI Vue de Paris, la mission de la dernière chance de Bernard Kouchner ne semble pas prendre en compte un éventuel échec, et les milieux proches du Quai d’Orsay aussi bien que le porte-parole du ministère des Affaires étrangères admettent qu’il existe une « méthode Kouchner » que le chef de la diplomatie française compte appliquer dès vendredi matin lors de ses entretiens avec les dirigeants des forces politiques libanaises. Une méthode qui se base sur le dialogue franc et direct et qui n’exclut aucun sujet. Au cours de son point de presse d’hier, M. Denis Simoneau, porte-parole adjoint du ministère des Affaires étrangères, a affirmé, en réponse à une question de L’Orient-Le Jour, que M. Kouchner entamera ses discussions avec les dirigeants libanais sur la base de ce qui a été dit et convenu, sur ce qui n’a pas été agréé et aussi sur ce qui n’a pas été mis sur le tapis à La Celle-Saint-Cloud. M. Simoneau a notamment déclaré sur ce plan : « Lorsque le ministre avait annoncé son intention de se rendre à Beyrouth en mai dernier, il a dit qu’il y allait en tant que facilitateur pour renouer le dialogue entre les différentes parties libanaises et pour essayer de briser la glace. Vous me dites, est-ce qu’il y a une méthode Kouchner ; je ne vais pas répondre directement à votre question. Ce que tout le monde a constaté, c’est qu’en tout état de cause, toutes les parties libanaises invitées avaient accepté cette invitation et que tous avaient contribué à l’exercice de La Celle-Saint-Cloud. Chacun convenait que la glace avait été rompue. En tout cas, les gens s’étaient parlé sans forcément se mettre d’accord sur tous les points comme vous le mentionnez, mais en indiquant qu’il y a un certain nombre d’éléments et, au-delà, ils acceptent de poursuivre cette méthode qui consiste à examiner effectivement les moyens de restaurer l’État libanais et le fonctionnement normal de ses institutions. » Et le porte-parole de poursuivre : « Il y a eu donc l’exercice de La Celle-Saint-Cloud et le ministre avait indiqué dès ce moment-là qu’il était prêt à se rendre à Beyrouth pour rencontrer les chefs de parti et en tout cas les différentes parties libanaises participant au dialogue, pour vérifier que la méthode qui avait été appliquée à La Celle-Saint-Cloud était partagée par ces différents dirigeants et que l’on pouvait continuer sur cette voie. Maintenant, vous me demandez ce qui se passera s’il y a un blocage ou un échec ou une impasse… Nous n’en sommes pas là. Nous espérons que ce déplacement permettra de poursuivre sur la voie de La Celle-Saint-Cloud. Et en tout état de cause, le ministre rencontrera les différents dirigeants qui ont participé à la réunion de La Celle-Saint-Cloud pour vérifier que nous sommes toujours d’accord sur cette méthode et sur les différents points qui restent à l’ordre du jour. » « Donc, c’est vraiment l’accompagnement de ce dialogue politique que le ministre est prêt à faire, a ajouté M. Simoneau. Évidemment, les décisions qui devront être prises relèvent des parties libanaises elles-mêmes. Nous l’avons toujours dit, nous assurons un rôle de facilitateur, d’accompagnateur. Mais la décision incombe aux parties libanaises. C’est cela la méthode Kouchner en quelque sorte, c’est de se mettre à la disposition des uns et des autres pour être ce facilitateur d’accord et de dialogue. » La force de persuasion À un journaliste qui l’interrogeait sur des déclarations qu’il aurait faites à un quotidien libanais d’expression arabe sur des garanties fournies par les parties libanaises au sujet de l’élection présidentielle, du gouvernement d’union nationale et d’une plate-forme de dialogue, M. Simoneau a répondu : « Je suis ravi de l’apprendre. Je pense qu’il s’agit de la reprise de ce que nous avions dit précédemment. Je ne vois pas du tout à quoi vous faites référence. Ce sont des propos que je n’ai pas tenus. » Sur la mission de M. Kouchner, on constate en tout état de cause un grand intérêt de la part des divers milieux politiques français qui fondent de grands espoirs sur la réussite du ministre. Tant au Quai d’Orsay qu’à l’Élysée et à Matignon, on se montre engagé aux côtés du ministre des Affaires étrangères et on souligne ses grandes qualités, notamment sa franchise et sa volonté de réussir. M. Kouchner, disent ses proches et des journalistes de son entourage, se refuse à croire qu’au Liban, un des rares pays démocratiques de la région, des leaders politiques refusent de se parler. Le ministre, estiment ces mêmes milieux, usera de toute sa force de persuasion pour appeler tous les dirigeants libanais à s’entendre en rappelant que si cela n’était pas fait, le pays irait à la dérive.

Paris, d’Élie MASBOUNGI

Vue de Paris, la mission de la dernière chance de Bernard Kouchner ne semble pas prendre en compte un éventuel échec, et les milieux proches du Quai d’Orsay aussi bien que le porte-parole du ministère des Affaires étrangères admettent qu’il existe une « méthode Kouchner » que le chef de la diplomatie française compte appliquer dès vendredi matin lors de ses entretiens avec les dirigeants des forces politiques libanaises. Une méthode qui se base sur le dialogue franc et direct et qui n’exclut aucun sujet.
Au cours de son point de presse d’hier, M. Denis Simoneau, porte-parole adjoint du ministère des Affaires étrangères, a affirmé, en réponse à une question de L’Orient-Le Jour, que M. Kouchner entamera ses discussions avec les dirigeants libanais sur la base de ce qui a été...