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Devises La hausse de l’euro laisse la BCE de marbre

Plusieurs responsables de la Banque centrale européenne (BCE) ont cherché hier à minimiser la vigueur actuelle de l’euro, ce qui conforte les anticipations de nouvelles hausses de taux dans les mois à venir. Guy Quaden, gouverneur de la Banque nationale de Belgique et membre à ce titre du conseil des gouverneurs de la BCE, a déclaré que si l’euro fort pouvait nuire à certaines entreprises, il avait aussi du bon et reflétait la bonne orientation de l’économie européenne. « L’appréciation de l’euro peut poser problème à certaines entreprises, en particulier dans l’industrie aéronautique, a-t-il souligné dans une interview au journal belge De Morgen. Mais elle n’a pas que des inconvénients. Dans la période récente de hausse des prix du pétrole, l’euro fort est une bonne chose pour beaucoup d’entreprises européennes et tous les consommateurs. » « L’appréciation de l’euro face au dollar n’est pas incompréhensible, compte tenu du ralentissement de la croissance économique aux États-Unis ces derniers mois alors qu’elle s’accélère dans la zone euro », a ajouté Quaden. L’euro a atteint mardi un nouveau record historique face au billet vert, à 1,3853 dollar. Depuis le début de l’année, il s’est apprécié de plus de 4 % face à la devise américaine. La reprise de la croissance au sein des Treize a permis à la BCE de doubler ses taux directeurs à 4 % depuis la fin 2005. Mais la hausse de l’euro qui l’accompagne a encore été dénoncée hier par le président du directoire du constructeur automobile français PSA, Christian Streiff, comme un « handicap sévère pour l’industrie européenne ». La BCE surveille davantage l’inflation L’appréciation régulière de la devise européenne, montrée du doigt par nombre de responsables politiques français, ne semble pas avoir encore ébranlé le sentiment de confiance des industriels hexagonaux, puisque leur moral est resté stable ce mois-ci, selon l’enquête mensuelle de l’Insee publiée hier. En revanche, la confiance des chefs d’entreprise italiens s’est nettement dégradée, tombant à son plus bas niveau depuis 17 mois, selon l’indice mensuel de l’ISAE. La BCE reste pour sa part surtout préoccupée par des pressions inflationnistes qu’elle juge obstinément orientées à la hausse, et la plupart des économistes interrogés par Reuters s’attendent donc à ce que la banque relève à 4,25 % son principal taux directeur en septembre, après le statu quo monétaire anticipé la semaine prochaine. « Ce qui est extrêmement important, c’est que les anticipations d’inflation soient solidement ancrées à un niveau qui soit conforme à notre définition (de la stabilité des prix) », a déclaré le président de la banque Jean-Claude Trichet, selon une interview publiée hier sur le site Internet de l’hebdomadaire allemand Die Zeit. Interrogé sur les accusations de négligence vis-à-vis de l’euro fort portées contre la BCE, Trichet a botté en touche en dénonçant à la place les pays émergents d’Asie et la faiblesse de leurs devises. « Nous disons tous que pour les nations émergentes d’Asie, mais aussi pour l’économie mondiale, il serait préférable que ces devises soient plus flexibles », a-t-il dit, répétant ainsi la position officielle du G7. Quaden a lui aussi affirmé que les monnaies asiatiques constituaient la plus grosse anomalie sur le marché de change. Marco Kranjec, représentant slovène au conseil des gouverneurs de la BCE, a déclaré mardi soir à Reuters qu’il ne pouvait dire que le niveau actuel de l’euro constituait un obstacle important pour l’économie des Treize.

Plusieurs responsables de la Banque centrale européenne (BCE) ont cherché hier à minimiser la vigueur actuelle de l’euro, ce qui conforte les anticipations de nouvelles hausses de taux dans les mois à venir.
Guy Quaden, gouverneur de la Banque nationale de Belgique et membre à ce titre du conseil des gouverneurs de la BCE, a déclaré que si l’euro fort pouvait nuire à certaines entreprises, il avait aussi du bon et reflétait la bonne orientation de l’économie européenne.
« L’appréciation de l’euro peut poser problème à certaines entreprises, en particulier dans l’industrie aéronautique, a-t-il souligné dans une interview au journal belge De Morgen. Mais elle n’a pas que des inconvénients. Dans la période récente de hausse des prix du pétrole, l’euro fort est une bonne chose pour beaucoup...