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Actualités - Opinion

LA SITUATION La Celle-Saint-Cloud : l’embryon d’un processus d’apaisement ? Lélia MEZHER

Dégel, détente et volonté affichée de résoudre la crise lancinante. Voilà ce qui peut être dégagé de la conférence de La Celle-Saint-Cloud. Autre élément qui vaut le détour, les signaux qui ont émané du mouvement Amal ainsi que du courant aouniste, dans le sillage de cette conférence parisienne. Pour le député du mouvement Amal Ali Khreiss, il devient de plus en plus clair que La Celle-Saint-Cloud a permis de mettre en relief la priorité politique du moment, celle de la présidentielle. Ali Khreiss a néanmoins immédiatement minimisé l’importance de cette déclaration en soutenant que « le terme même de cabinet d’union nationale effraie la majorité », mais qu’un accord « n’est pas impossible », rappelant que Amr Moussa a de fortes chances de revenir à Beyrouth, comme l’avait par ailleurs annoncé le président de la Chambre et chef du mouvement Amal, Nabih Berry, à quelques jours de la tenue de la réunion de La Celle-Saint-Cloud. Pour M. Khreiss, Nabih Berry s’emploierait actuellement à « faire l’impossible pour résoudre la crise », et de manière plus significative encore, l’attentat qui a été perpétré contre la patrouille de la Finul hier à Qasmiyeh vise purement et simplement à « empêcher les Libanais de s’entendre ». À ce son de cloche plutôt encourageant, il convient d’ajouter les déclarations du député aouniste Ibrahim Kanaan, qui s’est dit « surpris » du climat « négatif », véhiculé par les médias, depuis la fin de la conférence parisienne, soulignant que certaines grandes lignes directrices, en vue d’une solution, avaient pu quand même être dégagées. Cependant, le Hezbollah a vite fait de remettre les pendules de l’opposition à l’heure, par le biais notamment de la déclaration du député hezbollahi, Hussein Hajj Hassan. Ce dernier a ainsi prévenu : si la majorité ne trouve pas un moyen de mettre en place, dans les deux mois qui précèdent la présidentielle, un gouvernement d’union nationale, cela signifie qu’elle ne veut pas d’une solution. Toutefois, dans les contradictions implicites qui commencent à transparaître au sein de la coalition de l’opposition, figure peut-être la brèche qui permettra de parvenir à une issue salutaire. D’autre part, toutes les forces politiques sont aujourd’hui d’accord sur le fait qu’une déclaration commune ou qu’un accord global n’était pas le but de cette rencontre interlibanaise et que les objectifs principaux ont été atteints : le dégel et la promesse de négociations futures, en territoire libanais cette fois-ci. C’est en cela que cette réunion a été « fondatrice », pour reprendre les termes du député aouniste Ibrahim Kanaan. Même si, durant cette conférence, « l’espoir et l’abattement » se sont côtoyés, comme l’a souligné le ministre des Télécommunications, Marwan Hamadé, il convient désormais d’adopter une attitude prudente et d’« attendre le prochain round diplomatique français, ainsi que la relance de l’initiative du secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa ». Amr Moussa reviendrait donc, pour la troisième fois consécutive, cette fois dans un climat propice au dialogue. Majorité et opposition ont d’ailleurs tous deux senti une réelle volonté réciproque de se mettre sérieusement au travail, et le second attentat contre la Finul dans le Sud leur aura sûrement permis d’en pressentir l’urgence réelle. Urgence sur le plan sécuritaire donc, mais urgence aussi, d’importance tout aussi primordiale, pour les millions de Libanais qui ne vivent plus que dans l’expectative. C’est d’ailleurs sur ce point que les représentants de la société civile qui étaient présents à La Celle-Saint-Cloud ont décidé d’insister : l’aspect humain de la crise et la nécessité de la résoudre pour les Libanais d’abord. À ce propos, l’un des délégués à La Celle-Saint-Cloud a indiqué qu’il a axé son intervention sur « ce que M. et Mme Tout-le-Monde réclament » depuis plus d’un an et aussi sur « la nécessité de parvenir à un compromis, mais pas à n’importe quel prix ». Il poursuit : « À partir de là, il fallait demander aussi de mettre en marche les points sur lesquels les deux parties sont déjà tombées d’accord » durant les précédents rounds de dialogue afin de pouvoir redynamiser les fondations de l’État, en réactivant, bien sûr, ses institutions fondamentales.
Dégel, détente et volonté affichée de résoudre la crise lancinante. Voilà ce qui peut être dégagé de la conférence de La Celle-Saint-Cloud. Autre élément qui vaut le détour, les signaux qui ont émané du mouvement Amal ainsi que du courant aouniste, dans le sillage de cette conférence parisienne. Pour le député du mouvement Amal Ali Khreiss, il devient de plus en plus clair que La Celle-Saint-Cloud a permis de mettre en relief la priorité politique du moment, celle de la présidentielle. Ali Khreiss a néanmoins immédiatement minimisé l’importance de cette déclaration en soutenant que « le terme même de cabinet d’union nationale effraie la majorité », mais qu’un accord « n’est pas impossible », rappelant que Amr Moussa a de fortes chances de revenir à Beyrouth, comme l’avait par ailleurs annoncé...