Des amateurs difficiles à détecter, selon des experts
le 03 juillet 2007 à 00h00
L’échec des trois tentatives d’attentat en Grande-Bretagne semble trahir l’amateurisme de leurs auteurs, mais c’est aussi pour cela qu’ils sont si difficiles à repérer, estiment deux spécialistes français des mouvements islamistes radicaux.
À Londres comme à Glasgow, les systèmes de mise à feu des bombes trouvées à l’intérieur des voitures piégées (de simples bouteilles de gaz, de l’essence et des clous) n’ont pas fonctionné, ce qui laisse penser que les auteurs des attaques, bien que motivés, manquaient d’expertise technique, remarquent-ils.
Louis Caprioli, qui a dirigé jusqu’en 2004 la lutte antiterroriste à la Direction de la surveillance du territoire (DST), a « l’impression qu’on est en présence de gens déterminés à mourir : à l’aéroport de Glasgow, ils sont entrés dans l’aéroport avec le véhicule. Mais ils ne maîtrisent pas le plus délicat : la mise à feu ». « Peut-être certains d’entre eux ont une petite connaissance, mais pas une expertise, ajoute-t-il. Cela démontre les limites de l’autoformation sur Internet : ce n’est pas la solution miracle qui permet aux gens de maîtriser complètement le processus pour fabriquer un engin explosif. »
Le chercheur Dominique Thomas, auteur du livre Le Londonistan, le jihad au cœur de l’Europe, estime lui aussi que l’on a affaire, comme lors de la tentative d’attentats ratés dans le métro londonien le 21 juillet 2005, à des jihadistes qui « ne semblent techniquement pas bien au point. » « Il y a une détermination, mais pas tellement de professionnalisme dans les moyens (...) Il se peut que cela soit une génération locale, spontanée, qui a décidé de passer à l’action mais qui pèche par son amateurisme. On peut trouver sur Internet des vidéos venant d’Irak sur comment piéger une voiture. Mais le faire n’est pas aussi simple qu’on le pense », ajoute-t-il.
Il y a en Grande-Bretagne un vivier de volontaires prêts à passer à l’action : en novembre 2006, la directrice du MI5 (sécurité intérieure), Eliza Manningham-Buller, avait annoncé que plus de 1 600 personnes appartenant à quelque 200 groupes ou réseaux étaient surveillés par ses services dans le pays. Depuis, selon une enquête de la BBC en mai, ce chiffre a augmenté de 25 %, dépassant aujourd’hui les 2 000 suspects.
« La grande difficulté, c’est que vous êtes obligés de faire des choix, assure-t-il. Vous ne pouvez pas surveiller tout le monde avec les mêmes moyens. Une surveillance demande une logistique considérable. C’est colossal. Vous arrivez vite à saturation. » C’est pourquoi des terroristes amateurs, s’ils font attention à ne pas attirer l’attention, sont introuvables avant le jour J.
L’échec des trois tentatives d’attentat en Grande-Bretagne semble trahir l’amateurisme de leurs auteurs, mais c’est aussi pour cela qu’ils sont si difficiles à repérer, estiment deux spécialistes français des mouvements islamistes radicaux.
À Londres comme à Glasgow, les systèmes de mise à feu des bombes trouvées à l’intérieur des voitures piégées (de simples bouteilles de gaz, de l’essence et des clous) n’ont pas fonctionné, ce qui laisse penser que les auteurs des attaques, bien que motivés, manquaient d’expertise technique, remarquent-ils.
Louis Caprioli, qui a dirigé jusqu’en 2004 la lutte antiterroriste à la Direction de la surveillance du territoire (DST), a « l’impression qu’on est en présence de gens déterminés à mourir : à l’aéroport de Glasgow, ils sont entrés dans...
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