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Zone euro La perspective d’une ou deux hausses de taux gagne en force

La perspective d’une, voire deux nouvelles hausses de taux directeurs cette année dans la zone euro a gagné en force après l’annonce hier de nouvelles statistiques potentiellement porteuses de dangers inflationnistes, estiment des économistes. La masse monétaire M3, indicateur avancé d’inflation qui rassemble l’argent disponible immédiatement ou à très court terme pour l’achat de biens, a bondi de 10,7 % en mai sur un an, dépassant les attentes des économistes, après +10,4 % le mois d’avant, selon des chiffres annoncés hier par la BCE. Et les crédits au secteur privé ont augmenté de 10,3 %, comme en avril et conformément aux prévisions, mais continuant obstinément à croître trop vite aux yeux de la BCE. Les gardiens de l’euro suivent de près l’évolution des crédits, qui leur permet en particulier de détecter les signes avant-coureurs d’une bulle immobilière. Les prêts immobiliers ont affiché de nouveau une solide progression, de 8,6 %, comme en avril. Même si la fiabilité de M3 en tant qu’indicateur d’inflation à venir est remise en cause, y compris dans les rangs de la BCE, la nouvelle poussée de l’agrégat en mai apporte un argument de plus aux partisans de nouvelles hausses de taux au sein du Conseil des gouverneurs. « Le côté masse monétaire est un réel sujet d’inquiétude pour les banquiers centraux. Avec une croissance des liquidités plus que doublée par rapport à (l’objectif) de 4,5 % de la BCE, les appels à augmenter les taux et durcir la politique monétaire devraient augmenter », juge David Brown, analyste chez Bear Stearns. Pour de nombreux économistes, la BCE va sans doute resserrer de nouveau les vannes du crédit en septembre : le principal taux grimperait alors à 4,25 %. En un an et demi, la banque a augmenté à huit reprises son taux, à chaque fois d’un quart de point, le dernier geste remontant à juin. De 2 % en décembre 2005, il culmine actuellement à 4 %, au plus haut depuis plus de cinq ans et demi. De plus en plus d’économistes parient sur une autre remontée de taux en décembre, comme Michael Schubert, économiste à la Commerzbank. L’Allemagne a aussi livré hier de nouveaux arguments à une poursuite de son cycle de hausses de taux. Le chômage a baissé plus que prévu en données corrigées des variations saisonnières, avec un recul de 37 000 personnes en juin et un taux descendu à 9,1 % contre 9,2 % un mois plus tôt. La baisse du chômage dans la première économie de la zone euro, conjuguée à des salaires en augmentation, est de bon augure pour la consommation, mais présente des risques inflationnistes à long terme. La BCE passe son temps à exhorter les partenaires sociaux de l’ensemble de la zone euro à la modération salariale pour éviter tout emballement des prix. Pour Holger Schmieding, économiste à la Bank of America, les chiffres venus d’Allemagne « soutiennent l’idée que les taux de la BCE devront augmenter plus, mais qu’elle n’est pas particulièrement pressée », tempère-t-il, jugeant plus probable que la BCE relève ses taux en octobre puis s’arrête pendant une longue période. L’inflation dans le pays reste très sage, souligne l’analyste, malgré les effets de la hausse de 16 à 19 % de la taxe sur la valeur ajoutée au début de cette année et le regain des prix du pétrole. Des données publiées hier montrent que l’inflation a même ralenti dans trois États régionaux au mois de juin, une tendance qui devrait s’appliquer à l’Allemagne tout entière.
La perspective d’une, voire deux nouvelles hausses de taux directeurs cette année dans la zone euro a gagné en force après l’annonce hier de nouvelles statistiques potentiellement porteuses de dangers inflationnistes, estiment des économistes.
La masse monétaire M3, indicateur avancé d’inflation qui rassemble l’argent disponible immédiatement ou à très court terme pour l’achat de biens, a bondi de 10,7 % en mai sur un an, dépassant les attentes des économistes, après +10,4 % le mois d’avant, selon des chiffres annoncés hier par la BCE.
Et les crédits au secteur privé ont augmenté de 10,3 %, comme en avril et conformément aux prévisions, mais continuant obstinément à croître trop vite aux yeux de la BCE.
Les gardiens de l’euro suivent de près l’évolution des crédits, qui leur permet en...