L’attentat contre la Force intérimaire de l’ONU au Liban, dans lequel six membres du contingent espagnol ont péri, apparaît comme un défi au Hezbollah, estimaient hier des analystes.
« Cet attentat est un défi pour les services de renseignements du Hezbollah. Il a eu lieu à Khiam, sa place forte au Liban-Sud », affirme à l’AFP le chercheur, Walid Charara, spécialiste du mouvement chiite.
Le Hezbollah a condamné l’attentat de dimanche, soutenant même qu’il était dirigé contre lui. Il dit aussi mener sa propre enquête pour recouper, si nécessaire, ses informations avec la Finul.
S’ils ne sont pas visibles militairement dans la zone de déploiement de la Finul, les militants du Hezbollah sont omniprésents au Liban-Sud. « Ils sont comme des poissons dans l’eau », selon M. Charara.
Un mois après la guerre de juillet-août 2006 avec Israël, le secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah, qui refuse toujours de désarmer, avait annoncé que sa formation ne renoncerait pas à son arsenal. « Nous avons 20 000 missiles prêts à être tirés sur Israël en cas d’agression », avait-il dit.
« Mais pour l’instant, le Hezbollah considère l’attentat et les tirs de roquettes contre Israël qui l’ont précédé comme une tentative de salafistes sunnites liés à el-Qaëda de le supplanter », ajoute M. Charara. Ni les tirs de roquettes ni l’attentat n’ont été revendiqués.
« En acceptant le cessez-le-feu avec Israël et la résolution 1701 de l’ONU, qui a renforcé la présence des Casques bleus au Liban-Sud, le Hezbollah a pris le risque d’être accusé par les jihadistes d’avoir composé avec les “sionistes et les nouveaux croisés” », estime M. Charara.
Excluant tout lien du Hezbollah avec l’attentat anti-Finul, l’analyste Ghassan Ezzé souligne que ce groupe « a depuis longtemps renoncé aux attentats style el-Qaëda et limite son action à un face-à-face militaire avec Israël, au risque d’être l’objet d’une surenchère de la part des salafistes sunnites ».
« Ces derniers veulent montrer qu’ils possèdent des moyens supérieurs à ceux du Hezbollah pour contrer la stratégie américano-israélienne dans la région. Or le Hezbollah, fort de ses succès militaires, considère que c’est à lui de décider de la stratégie au Liban-Sud et face à Israël », souligne-t-il.
« Le Hezbollah apparaît comme un facteur de stabilité au Liban-Sud pour les troupes européennes qui y sont déployées. L’Union européenne avait d’ailleurs obtenu des garanties du Hezbollah avant le renforcement de la Finul », affirme Nadim Shehade, chercheur à Chatham House, l’institut britannique des relations internationales.
« Vous ne tirez pas les leçons de l’Irak. Les États-Unis y ont attiré el-Qaëda et l’Irak est devenu une terre d’élection pour les terroristes. En servant la stratégie américaine, vous transformez le Liban en terre d’élection pour el-Qaëda », a récemment averti Hassan Nasrallah, rappelle l’AFP.
L’attentat contre la Force intérimaire de l’ONU au Liban, dans lequel six membres du contingent espagnol ont péri, apparaît comme un défi au Hezbollah, estimaient hier des analystes.
« Cet attentat est un défi pour les services de renseignements du Hezbollah. Il a eu lieu à Khiam, sa place forte au Liban-Sud », affirme à l’AFP le chercheur, Walid Charara, spécialiste du mouvement chiite.
Le Hezbollah a condamné l’attentat de dimanche, soutenant même qu’il était dirigé contre lui. Il dit aussi mener sa propre enquête pour recouper, si nécessaire, ses informations avec la Finul.
S’ils ne sont pas visibles militairement dans la zone de déploiement de la Finul, les militants du Hezbollah sont omniprésents au Liban-Sud. « Ils sont comme des poissons dans l’eau », selon M. Charara.
Un mois après la guerre...
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