Il va sans dire que Nassib Lahoud a été horrifié par le lâche attentat qui a frappé dimanche après-midi les forces de maintien de la paix au Liban-Sud, et plus spécifiquement le contingent espagnol. Selon lui, c’est l’Europe, la Méditerranée, la communauté internationale et la Finul qui sont visées. Ce qui revient à dire que c’est aussi et d’abord le Liban qui est dans la ligne de mire, compte tenu des liens indéfectibles qui unissent toutes ces aires culturelles et politiques au pays du Cèdre.
Mais cet acte inqualifiable ne fera pas vaciller la détermination de la communauté internationale face aux forces déstabilisatrices et au terrorisme, souligne-t-il.
« En tant que Libanais, il faut tout de suite comprendre qu’il ne s’agit pas seulement d’une agression contre un pays qui participe à la Finul », affirme d’entrée de jeu le chef du Renouveau démocratique. « C’est avant tout une agression contre le Liban lui-même, à travers une frappe contre la résolution 1701, qui est le parapluie protecteur du Liban contre les agressions israéliennes. Et, à travers la coopération étroite entre l’armée libanaise et les forces internationales, le Liban tout entier jouit d’une protection réelle qu’il faut absolument préserver et protéger. J’espère que les pays étrangers qui sont impliqués dans la Finul plus comprendront bien que la participation à la Finul a pour eux un intérêt stratégique, que ce soit l’Espagne, l’Italie, la France ou les pays méditerranéens, et que la stabilité autour de ce bassin méditerranéen est aussi importante pour nous que pour eux. Je salue les sacrifices consentis par ces forces amies et je suis confiant qu’ils tiendront bon », souligne-t-il.
Concernant l’objectif recherché à travers cette frappe contre la Finul, M. Lahoud indique : « Je pense que la Finul est le symbole pratique de l’intérêt dont jouit le Liban sur le plan international. Cet intérêt international pour le Liban, ce parapluie dont notre pays bénéficie, dérange. Certaines parties ont intérêt, à l’échelle de l’initiative arabe, à terroriser la Finul en vue de son retrait. Je pense vraiment que les motivations des pays qui participent à la Finul sont d’ordre stratégique et ne changeront pas en dépit de cet attentat terroriste. » « Un retrait hâtif de la Finul du Liban-Sud mettrait l’armée libanaise seule face à Israël, à un moment où l’armée libanaise n’a pas encore les moyens de le faire. Il rendrait le Liban-Sud beaucoup plus vulnérable vis-à-vis d’Israël et face à une nouvelle guerre contre le Liban, ce qui serait désastreux », dit-il encore.
« Pas d’incidents isolés »
« Il est difficile pour moi d’établir un fil conducteur ferme avec ce qui se passe au Nord. Mais plusieurs indices sont apparus à travers les interrogatoires en cours qui ont pointé du doigt certains services de renseignements syriens » dans le processus de déstabilisation sécuritaire en cours. « J’espère que le gouvernement pourra, au moment opportun, éclairer le public libanais et la communauté arabe et internationale, sur les preuves d’une telle implication », poursuit-il.
Et de souligner : « Il est évident que ce qui se produit au Liban n’est pas une série d’incidents isolés. Il y a une forte possibilité que tout ceci soit le fruit d’un complot. Il est certain que le phénomène du 14 Mars a été un tournant historique, à travers cette conjonction entre une volonté populaire manifeste et un support arabe et international fort, qui a permis au Liban d’en finir avec la mainmise syrienne. Ce même parapluie arabe et international est en train d’aider à rebâtir un État souverain, libre, capable de prendre ses propres décisions, capable de bien s’intégrer dans la grande famille arabe et dans la communauté arabe. Ceci est un changement important, et il est clair qu’il y a des parties qui n’en veulent pas. »
Le régime syrien aurait-il du mal, en d’autres termes, à saisir le langage de la communauté internationale ? La réponse de Nassib Lahoud est sans équivoque : « Les Syriens se trompent largement dans cette affaire. Ce qui se passe au Liban (depuis le 14 mars) n’est pas le fruit d’un complot international. C’est d’abord le fruit d’une grande volonté nationale libanaise de donner au Liban un nouveau départ dans un cadre libre et souverain. Les Syriens devraient s’adapter à l’idée d’un Liban libre et souverain, d’un Liban dont il faut respecter la volonté et les institutions. Cela commence par un changement d’attitude de leur part par rapport au concept de l’État libanais. Cela doit se manifester aussi par un autre changement, au niveau de l’établissement de relations diplomatiques, d’un tracé des frontières, de l’arrêt des infiltrations d’armes et de combattants. Il y a toute une attitude à changer pour les Syriens au Liban. Jamais le Liban ne retournera à la situation qui prévalait avant le 14 mars, il faut que les Syriens le comprennent une fois pour toutes. »
Mais est-il possible, à l’heure actuelle, d’établir des relations normales avec la Syrie ? « Il y a, dans la mémoire collective des Syriens, le mythe d’une Grande Syrie dont le Liban ferait partie. Les Syriens devraient se résoudre à comprendre que le Liban n’est pas un accident de l’histoire. C’est un pays qui a de fortes racines dans le passé et qui a un projet d’avenir. Je pense que, tôt ou tard, ils devront se rendre à l’évidence qu’ils devront traiter le Liban avec respect et avec déférence. »
M. H. G.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Il va sans dire que Nassib Lahoud a été horrifié par le lâche attentat qui a frappé dimanche après-midi les forces de maintien de la paix au Liban-Sud, et plus spécifiquement le contingent espagnol. Selon lui, c’est l’Europe, la Méditerranée, la communauté internationale et la Finul qui sont visées. Ce qui revient à dire que c’est aussi et d’abord le Liban qui est dans la ligne de mire, compte tenu des liens indéfectibles qui unissent toutes ces aires culturelles et politiques au pays du Cèdre.
Mais cet acte inqualifiable ne fera pas vaciller la détermination de la communauté internationale face aux forces déstabilisatrices et au terrorisme, souligne-t-il.
« En tant que Libanais, il faut tout de suite comprendre qu’il ne s’agit pas seulement d’une agression contre un pays qui participe à la...