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Actualités - Opinion

ÉCLAIRAGE Printemps politique kazakh mouvementé : un début de libéralisation ?

Réformes constitutionnelles, dissolution, disgrâce du gendre du président Noursoultan Nazarbaïev: le Kazakhstan vit un printemps turbulent qui tranche avec l’habituel train-train politique ordonné par le tout-puissant chef de l’État. Les acteurs politiques expliquent ce regain d’activité par un souhait de moderniser, au moins en surface, voire de pacifier un système politico-institutionnel reposant depuis 18 ans sur le seul Nazarbaïev. La réforme du Majilis (Chambre basse), qui a conduit mercredi à l’annonce de législatives anticipées le 18 août, a été présentée comme la preuve des velléités démocratiques kazakhes. D’autant qu’Astana (la nouvelle capitale kazakhe dans le nord du pays) ambitionne de présider en 2009 l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), qui a repoussé à la fin 2007 sa décision sur cette candidature dans l’attente de réformes politiques au Kazakhstan. « Noursoultan Nazarbaïev a effectué une série de visites l’année dernière, et l’Europe lui a dit qu’elle attendait des avancées concrètes et pas de simples promesses », note le politologue Édouard Poletaïev. La dissolution du Majilis s’imposait d’autant plus qu’actuellement un seul opposant y siège. Le nouveau mode de scrutin, à la proportionnelle avec une barrière de 7 % à franchir, permettrait enfin à l’opposition d’être représentée. Depuis l’indépendance en 1989, aucun scrutin kazakh n’a été reconnu comme libre par l’OSCE, à l’instar de la réélection en 2005 de M. Nazarbaïev. « On verra ce que donneront ces législatives, mais nos élus ne siègeront pas si ces élections ne sont pas démocratiques », prévient Boulat Abilov, un des chefs de l’opposition. « Je ne pense pas que ces réformes en soient vraiment (...). C’est une modernisation dans la forme du système, sans changer le fond », renchérit Evgueni Jovtis, qui dirige la principale ONG de droits de l’homme au Kazakhstan. Car ces réformes, associées à un rééquilibrage des prérogatives gouvernementales et parlementaires, pourraient bien trouver leur origine dans la volonté de Nazarbaïev d’échapper à une lutte de clans au sein de son opaque cercle de confidents. Si ces tiraillements avaient généralement lieu loin des regards indiscrets, ils viennent d’éclater en public avec le déluge judiciaire qui s’est abattu sur Rakhat Aliev, le sulfureux et désormais ex-mari de la fille aînée du président. Il avait déjà été écarté en février, en étant nommé ambassadeur à Vienne et auprès de l’OSCE, alors qu’il était vice-ministre des Affaires étrangères et qu’il contrôlait les médias kazakhs les plus influents. La véritable disgrâce La véritable disgrâce est intervenue fin mai, avec le limogeage et la mise en accusation d’Aliev au Kazakhstan pour les enlèvements de responsables de la banque Nurbank. Rakhat Aliev explique ses déboires par son ambition de succéder à son ex-beau-père en 2012, M. Nazarbaïev devant alors être touché par la limite de deux mandats présidentiels successifs. Or, quelques jours avant la disgrâce d’Aliev, le Parlement adoptait une réforme autorisant le « Premier président » kazakh à se représenter tant qu’il le voulait. Paradoxalement, les poursuites contre Rakhat Aliev pourraient bien servir la cause kazakhe à l’OSCE, tant sa réputation était entachée, l’opposition le soupçonnant notamment d’avoir commandité le meurtre d’un de ses dirigeants. Antoine LAMBROSCHINI (AFP)
Réformes constitutionnelles, dissolution, disgrâce du gendre du président Noursoultan Nazarbaïev: le Kazakhstan vit un printemps turbulent qui tranche avec l’habituel train-train politique ordonné par le tout-puissant chef de l’État. Les acteurs politiques expliquent ce regain d’activité par un souhait de moderniser, au moins en surface, voire de pacifier un système politico-institutionnel reposant depuis 18 ans sur le seul Nazarbaïev.

La réforme du Majilis (Chambre basse), qui a conduit mercredi à l’annonce de législatives anticipées le 18 août, a été présentée comme la preuve des velléités démocratiques kazakhes. D’autant qu’Astana (la nouvelle capitale kazakhe dans le nord du pays) ambitionne de présider en 2009 l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), qui a...