Le patrimoine audiovisuel égyptien menacé de disparition
le 22 juin 2007 à 00h00
Faute d’un plan d’urgence, le patrimoine audiovisuel égyptien, le plus important du monde arabe, va disparaître, ont estimé hier à Alexandrie (Nord) des experts internationaux. « C’est l’histoire de l’Égypte, à travers ses archives, qui est en péril », selon Michel Hoog, patron de l’Institut français de l’audiovisuel, l’INA, le plus important dans le monde pour la gestion des images de télévision.
Ce danger de la disparition d’un pan du patrimoine audiovisuel au Proche et Moyen-Orient a été souligné lors d’un colloque à la Bibliothèque d’Alexandrie sur les archives de télévision à l’ère du numérique.
En Égypte, qui rayonna sur le monde arabe, avec ses programmes politiques ou musicaux, 55 000 heures d’émissions sont menacées faute d’un plan de migration des fonds analogiques vers le numérique. « Le compte à rebours a commencé : tout disparaîtra d’ici à dix ans si rien n’est fait », a dit M. Hoog à l’AFP, pour qui « une année suffirait pour que 5 à 6 km de rayonnages de bandes vidéo d’archives égyptiennes ne tiennent plus que dans une pièce de 50 m2 ». Selon lui, le coup d’une telle opération, rendue beaucoup plus aisée en raison des progrès technologiques depuis cinq ans, pourrait se situer dans une fourchette de 10 à 15 millions d’euros.
Partout dans le monde, hors les grands pays, où existent des sociétés de stockage d’images comme l’INA en France, la BBC en Grande-Bretagne, ou CBS aux États-Unis, se pose la question de la sauvegarde des archives audiovisuelles.
À part l’Afghanistan sous les talibans ou le Cambodge du temps des Khmers rouges, aucun régime n’a détruit systématiquement des images d’actualités, dont de propagande, et de fictions des télévisions nationales, selon M. Hoog.
La fragilité des supports, leur réutilisation parfois, l’obsolescence des formats vidéo, et la disparition progressive des équipements de lecture, rendent urgentes des actions de sauvegarde.
« L’Égypte est bien consciente de ce danger, mais c’est à nous de proposer des solutions », a-t-il encore dit.
Dans le monde arabe, l’Arabie saoudite et le Koweït sont pionniers dans le domaine, ayant déjà établi des cahiers de charges et lancé des appels d’offres.
Faute d’un plan d’urgence, le patrimoine audiovisuel égyptien, le plus important du monde arabe, va disparaître, ont estimé hier à Alexandrie (Nord) des experts internationaux. « C’est l’histoire de l’Égypte, à travers ses archives, qui est en péril », selon Michel Hoog, patron de l’Institut français de l’audiovisuel, l’INA, le plus important dans le monde pour la gestion des images de télévision.
Ce danger de la disparition d’un pan du patrimoine audiovisuel au Proche et Moyen-Orient a été souligné lors d’un colloque à la Bibliothèque d’Alexandrie sur les archives de télévision à l’ère du numérique.
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