La délégation arabe formée de l’inusable Amr Moussa, visiblement pas échaudé par sa totale incapacité à rapprocher ne serait-ce qu’autour d’une tasse de café les différents pôles libanais, et de représentants de quatre pays arabes, dont l’un, le Qatar, notoirement prosyrien, arrivera donc demain à Beyrouth. Officiellement pour relancer le dialogue interlibanais.
À la bonne heure… On glose beaucoup – et on se gausse itou – à Beyrouth sur la capacité des Arabes là où tout le monde a échoué, quand certains principaux intéressés eux-mêmes se refusent à accepter toute main tendue, surtout qu’ils n’ont même pas réussi à se mettre d’accord, vendredi dernier au Caire, pour appeler un chat un chat, et dénoncer clairement la Syrie après que Tarek Mitri leur eut mis sous les yeux les indiscutables preuves de l’implication de Damas dans tous les soubresauts libanais…
Surtout que cette délégation a été, comment dirait-on, accueillie par cet insensé tir de deux roquettes contre Israël, lancées à partir du Liban-Sud, selon de nombreuses sources autorisées, par la plus docile des poupées syriennes, le FPLP-CG. Par ces tirs, la Syrie a voulu adresser trois signaux : jeter le doute et l’opprobre sur le tandem Finul plus-armée, pourtant irréprochable au Sud ; rouvrir un nouveau front au Liban et carrément gêner une troupe plongée jusqu’aux yeux dans cent et un fronts ; claironner à l’intention des Arabes que s’ils ne font pas attention et qu’ils ne la ménagent pas, elle peut rallumer quand elle le souhaite des feux bien trop mal éteints. D’autant que Damas est, depuis trois jours, sur des charbons ardents, archibraquée sur les réunions qui durent depuis trois jours, quelque part en Europe, selon une source bien informée, entre Américains et Iraniens.
Et c’est justement à ce niveau que tout se joue, et que n’importe qui peut comprendre que la mission de la délégation arabe échouera immanquablement tant que ne mûrira pas, entre Washington et Téhéran, une quelconque ébauche de solution… Le seul objectif que pourraient atteindre pour l’instant les Arabes, c’est de favoriser d’une façon ou d’une autre un nouveau rapprochement, autour d’une table cela s’entend, entre Ryad et Téhéran. Sachant, toujours selon des sources bien informées, que l’on se dirige de plus en plus sûrement, même si lentement, vers un contrôle onusien des frontières libano-syriennes, avec tout ce que cela implique comme conséquences. Flanqué d’un cahier des charges clair pour le tribunal international – Nicolas Michel a rappelé, quelques heures avant l’assassinat de Walid Eido, qu’il ne peut y avoir d’immunité souverainiste sous le chapitre VII de l’ONU –, cela pourrait mettre Damas, enfin, dans de beaux draps.
Z.M.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La délégation arabe formée de l’inusable Amr Moussa, visiblement pas échaudé par sa totale incapacité à rapprocher ne serait-ce qu’autour d’une tasse de café les différents pôles libanais, et de représentants de quatre pays arabes, dont l’un, le Qatar, notoirement prosyrien, arrivera donc demain à Beyrouth. Officiellement pour relancer le dialogue interlibanais.
À la bonne heure… On glose beaucoup – et on se gausse itou – à Beyrouth sur la capacité des Arabes là où tout le monde a échoué, quand certains principaux intéressés eux-mêmes se refusent à accepter toute main tendue, surtout qu’ils n’ont même pas réussi à se mettre d’accord, vendredi dernier au Caire, pour appeler un chat un chat, et dénoncer clairement la Syrie après que Tarek Mitri leur eut mis sous les yeux les indiscutables...