Les membres du Fateh entre abattement, introspection et reproches
le 16 juin 2007 à 00h00
Le 14 juin 2007 restera dans la mémoire des simples militants et des responsables du Fateh comme un jour d’humiliation et de douleur. « Ce que Arafat a construit au cours des 20 dernières années, le Hamas l’a anéanti en un an. C’est triste, c’en est fini de notre rêve de libération nationale d’un État en Cisjordanie et à Gaza », explique Raeda, militant du Fateh, en Cisjordanie. « Israël a plus d’indulgence que le Hamas pour les Palestiniens », note de son côté un des dirigeants du Fateh, Abou Ali Chahine.
Dans leur abattement, les membres du Fateh reconnaissent toutefois les erreurs de calcul commises par leurs dirigeants. Nombre de responsables reprochent ainsi au président Abbas d’avoir permis au Hamas de le marginaliser et d’introduire suffisamment d’armes et d’argent dans la bande de Gaza. Les forces de sécurité palestiniennes commandées par le Fateh étaient dirigées par des chefs soit affaiblis, soit corrompus. Les responsables palestiniens de la sécurité se défendent en faisant valoir qu’il a fallu des mois de tractations difficiles pour obtenir qu’Israël autorise l’acheminement d’armes et de munitions aux forces de sécurité dirigées par le Fateh. Mais, même lorsqu’elles sont devenues mieux armées, elles n’ont pas réussi à rivaliser avec la puissance de feu du Hamas, dont une bonne partie des armes a été achetée grâce à des fonds iraniens et des dons de riches pays musulmans du monde arabe. « Nous n’étions pas sur un pied d’égalité avec le Hamas pendant cette guerre. Il disposait d’armes très modernes, d’un commandement centralisé et de bonnes finances », a déclaré à Reuters un haut responsable du Fateh à Gaza. « Qu’avions-nous, de notre côté ? Des divisions. Seulement 20 % des hommes du Fateh combattaient le Hamas, les forces de sécurité étaient affaiblies par Israël, affamées, les gens n’avaient pas perçu leur salaire depuis mars 2006 et nous n’avions pas de commandement digne de ce nom », ajoute-t-il. Selon certains dirigeants du Fateh, les forces de sécurité palestiniennes paient là également les conséquences de l’intifada de l’an 2000, quand Israël a détruit leurs infrastructures et arrêté des personnalités du Fateh.
Le 14 juin 2007 restera dans la mémoire des simples militants et des responsables du Fateh comme un jour d’humiliation et de douleur. « Ce que Arafat a construit au cours des 20 dernières années, le Hamas l’a anéanti en un an. C’est triste, c’en est fini de notre rêve de libération nationale d’un État en Cisjordanie et à Gaza », explique Raeda, militant du Fateh, en Cisjordanie. « Israël a plus d’indulgence que le Hamas pour les Palestiniens », note de son côté un des dirigeants du Fateh, Abou Ali Chahine.
Dans leur abattement, les membres du Fateh reconnaissent toutefois les erreurs de calcul commises par leurs dirigeants. Nombre de responsables reprochent ainsi au président Abbas d’avoir permis au Hamas de le marginaliser et d’introduire suffisamment d’armes et d’argent dans la bande de Gaza. Les...
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