Pour oublier l’épisode Jean-Pierre Papin, une belle remontée en élite ternie par les rivalités internes, Strasbourg a décidé de confier toutes les clés à Jean-Marc Furlan, qui deviendra entraîneur et manager général du club alsacien.
Le technicien girondin de 49 ans aura donc les coudées franches pour ramener cohésion et sérénité après le passage de la comète J.-P. P., qui n’a pas laissé que de bons souvenirs. Les frictions entre les dirigeants et l’ancien Ballon d’or s’étaient multipliées en fin de saison. L’air n’a pas toujours été très pur non plus dans les vestiaires. Le défenseur Jean-Christophe Devaux a ainsi lâché : « Cette saison, il faut être réaliste, on a eu de la chance. Une chance énorme. Tactiquement, Papin n’a rien apporté. Si Papin reste, je ne serai plus strasbourgeois. On m’a vraiment pris pour un con. »
Le président du Racing, Philippe Ginestet, espère qu’en dotant Furlan d’attributions élargies – « C’est nouveau au Racing » –, le nouvel entraîneur nourrira « les échanges entre les différents services du club. »
Le Racing a donc refermé le chapitre paillettes de l’ancien beau joueur médiatique en confiant ses rênes à un adepte du beau jeu au CV moins clinquant, choisi avant tout pour ses qualités de bâtisseur (il devrait d’ailleurs parapher un contrat de trois ans à son retour de vacances).
Progression fulgurante
Nouveau manager à l’anglaise du paysage footballistique français, comme Pierre Dréossi à Rennes cette saison, Furlan franchit une étape supplémentaire dans une carrière modeste mais fulgurante au niveau professionnel.
Il y a un peu plus de trois ans, cet ancien défenseur discret (Bordeaux, Laval, Lyon, Tours, Bastia, Montpellier et Lens) était encore l’entraîneur de Libourne-Saint-Seurin, essentiellement connu pour ses coups d’éclat en Coupe de France (quarts de finale en 2002, huitième de finale en 2003 après avoir éliminé notamment le champion de France en titre, Lyon).
Puis en juin 2004, l’Estac lui mettait le pied à l’étrier, une fois la montée de National en L2 assurée.
Venu dans l’Aube pour « pérenniser le club », cet entraîneur humble et passionné a presque touché au but, avec une montée acquise à l’issue de sa première saison sur le banc d’un club professionnel en juin 2005 puis un passage en élite qui s’est achevé dans l’amertume cette année.
Toujours aussi sincère, le technicien avait surpris son vestiaire en rendant publique le 11 mai une conversation qui d’habitude ne sort jamais du bureau d’un dirigeant : « Le président Thierry Gomez m’a informé par téléphone des décisions suivantes : maintien en Ligue 1 : proposition d’un nouveau contrat; descente en Ligue 2 : pas de prolongation. »
À deux matches de la fin, l’Estac était alors 18e. Le club troyen a vendu chèrement sa peau, mais n’a pu éviter la relégation (18e au classement final). Si les résultats n’ont pas été à la hauteur, le jeu tourné vers l’offensive, sans calcul, de Furlan a toujours été reconnu et salué.
À lui la lourde tâche de faire rêver la Meinau pour son retour en élite.
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