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Une association palestinienne se bat pour repeupler le centre de Hébron

En 40 ans d’occupation israélienne, le centre-ville de Hébron s’est vidé de ses habitants palestiniens. Une association tente de les faire revenir, au risque de subir les exactions des colons juifs, en rénovant leurs maisons. Dans les rues de la Vieille ville, qui abrite le caveau des Patriarches, un lieu saint aussi bien pour les musulmans que pour les juifs, les rideaux de fer de la plupart des magasins restent désespérément fermés. Sous des grillages – placés au-dessus de certaines ruelles pour empêcher les colons vivant en hauteur de jeter des projectiles sur les passants –, seules quelques échoppes sont ouvertes pour de rares touristes, pacifistes ou membres d’organisations internationales. « Les Israéliens font tout depuis 1967 pour chasser les Palestiniens de la Vieille ville et malheureusement ils ont réussi », affirme Imad Hamdane, le directeur du Comité de réhabilitation de Hébron (CRH), qui s’est fixé pour mission de les faire revenir. « Dans les années 1950, il y avait environ 10 000 habitants. Leur nombre a décru à partir de 1967 jusqu’en 1996 où il a atteint 400 », poursuit le directeur, dont l’association est financée par l’Autorité palestinienne, l’Union européenne, l’Arabie saoudite et le Koweït. Agressions physiques et verbales commises par les colons juifs installés dans la Vieille ville après l’occupation de Hébron et l’ensemble de la Cisjordanie en 1967, barrages, interdiction de circulation, ordres de fermeture des magasins : les Palestiniens ont été forcés de fuir. Selon M. Hamdane, grâce au travail du CRH, près de 800 appartements ont été rénovés et 4 000 Hébronites sont revenus depuis 1996 dans la Vieille ville, où vivent aujourd’hui 600 colons juifs des plus extrémistes. « Nous offrons des locations gratuites, des assurances-maladie, des rations alimentaires mensuelles. Ceci a encouragé les gens à revenir et la demande excède désormais largement l’offre », explique-t-il. Nombreux parmi ceux qui sont revenus racontent toutefois une vie pénible au voisinage des colons. Nidal al-Awiwi, 36 ans, est l’un d’eux. Sa maison est collée à la principale poche de colonisation juive dans la Vieille ville, un bâtiment de plusieurs étages appelé Avraham Avinou (Abraham notre père en hébreu), où vivent plusieurs familles. « Ce sont des extrémistes, ils haïssent tout le monde », lance-t-il en faisant visiter sa maison de deux étages. Il appelle un de ses fils, Taher, qui montre un pansement sur son crâne. « Il était sur le toit il y a deux jours et les juifs l’ont blessé avec des pierres », raconte le père. Mats Lignell, porte-parole de la Présence internationale temporaire à Hébron (TIPH) – mise en place après le meurtre de 29 Palestiniens par l’extrémiste juif Baruch Goldstein en 1994 au caveau des Patriarches –, affirme que les observateurs « sont témoins d’une importante augmentation de la violence des colons ». Selon les rapports de la TIPH, 71 « cas de violence et de harcèlement » ont été recensés entre début février et fin mai 2007, contre 35 à la même période l’année précédente. Les colons, qui considèrent la ville de Hébron comme juive avant d’être palestinienne, se disent au contraire être les victimes de la violence palestinienne. « Il y a des attaques presque quotidiennement contre les soldats, la police et les citoyens israéliens près du caveau et à l’entrée de la Casbah », affirme leur porte-parole David Wilder. « Les juifs sont présents à Hébron depuis 4 000 ans. C’est la première ville juive. En 1967, nous sommes revenus chez nous, nous n’avons pas occupé la ville », soutient-il. Mehdi LEBOUACHERA (AFP)
En 40 ans d’occupation israélienne, le centre-ville de Hébron s’est vidé de ses habitants palestiniens. Une association tente de les faire revenir, au risque de subir les exactions des colons juifs, en rénovant leurs maisons.
Dans les rues de la Vieille ville, qui abrite le caveau des Patriarches, un lieu saint aussi bien pour les musulmans que pour les juifs, les rideaux de fer de la plupart des magasins restent désespérément fermés. Sous des grillages – placés au-dessus de certaines ruelles pour empêcher les colons vivant en hauteur de jeter des projectiles sur les passants –, seules quelques échoppes sont ouvertes pour de rares touristes, pacifistes ou membres d’organisations internationales.
« Les Israéliens font tout depuis 1967 pour chasser les Palestiniens de la Vieille ville et malheureusement ils ont...