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Actualités - Opinion

Le commandement militaire coupe court à toute tentative d’exploitation politique

C’est clair : le commandement de l’armée, constatant que le délai accordé pour une issue négociée est dépassé (après avoir été lâchement mis à profit par les terroristes pour abattre deux soldats en deux jours), a décidé de nettoyer Nahr el-Bared de Fateh el-Islam. Décision difficile, du moment que l’organisation terroriste avait pris en otages, s’en servant comme bouclier humain, ce qui reste de population civile dans le camp. Mais décision impérative, indispensable, vitale même en regard du danger de voir in fine le Liban voler en éclats, des suites d’un pourrissement : une guerre d’usure alimentant une exploitation politique déterminée visant à saper les fondements de l’État, donc de la nation, pour propager une anarchie aux retombées incalculables. La moindre n’étant pas le déclenchement, à terme, d’une nouvelle guerre civile. Du même coup, sur un plan ponctuel également redoutable côté conséquences, le commandement pare les tentatives d’impliquer l’institution militaire dans les clivages internes, d’en faire un produit de marchandage dans le bazar politique. Ce qui, également à terme, aurait présenté pour elle, comme on l’avait vu jadis, un facteur de dislocation. En fait, c’est Chaker Absi qui aura tranché de ses propres mains le nœud gordien. On sait de lui que c’est un repris de justice jordanien, d’origine palestinienne, condamné pour assassinat dans son pays, emprisonné quelque temps en Syrie avant d’être parachuté à Nahr el-Bared. Pour toute réponse aux ouvertures lui proposant de livrer les coupables d’assassinat de soldats, il en a fait tuer deux autres par ses snipers. En déclarant aux médiateurs palestiniens qu’il veut poursuivre les affrontements « car nous sommes capables de défaire l’armée libanaise ». Cependant, malgré les prises de position constantes de Yarzé contre les tentatives de politisation, des parties déterminées ont continué, et continueront sans doute, à vouloir dénaturer le dossier. Les milieux proches de la majorité s’étonnent, à ce propos, que l’on puisse jouer de la sorte avec le feu. Ils soulignent que le gouvernement a soigneusement évité toute tentation de la sorte. En effet, s’il a condamné le terrorisme en tant que tel, il a laissé carte blanche à l’autorité militaire pour le traiter, sans lui donner un ordre quelconque, que cela soit pour trancher dans le vif ou, au contraire, pour abandonner la partie. Il aurait pu faire l’un ou l’autre. Dans le premier cas, pour bien montrer son contrôle de l’État et sa propre « dureté » face à des manipulateurs dont c’est la première caractéristique. Et, dans le deuxième cas, pour s’attirer la reconnaissance profonde des Palestiniens réguliers, qu’il aurait investis de sa confiance afin qu’ils règlent eux-mêmes le problème de Fateh el-Islam. En fait, on le sait, ces derniers ont eu leur chance à ce propos, mais n’ont pas su, ou pas voulu la saisir. Car, après avoir échoué dans leur négociation avec Absi, ils ont reconnu n’être pas en mesure de s’en débarrasser. De plus, il devenait pour eux-mêmes un tracas encore plus sérieux du fait que, sur le terrain, des organisations à l’obédience syrienne connue s’étaient rangées à ses côtés ces derniers jours. Doublant pratiquement les effectifs sous ses ordres qui seraient passés de 250 à plus de 450, selon certains observateurs. Les points sur les i Une précision toutefois : les pôles palestiniens ont tenté de proposer au commandement un quelconque « compromis » accordant sursis et voie de sortie à Fateh el-Islam. Le général Michel Sleimane y a répondu en les renvoyant, pour audition, au chef des SR militaires, le général Georges Khoury, indiquent des sources informées. Finalement, il leur a été confirmé qu’aucun autre marché que la reddition des terroristes n’était admissible. Selon ces témoins, le général Khoury aurait déclaré en substance à ses interlocuteurs : « Nous ici, nous sommes une autorité militaire et non une autorité politique. Nous ne sommes ni un camp, ni une partie, ni une section quelconque. Nous sommes les gardiens de la souveraineté, de l’indépendance et de la protection des gens, des citoyens. Nous veillons à préserver la sécurité et la paix civile. Nous exécutons les décisions de l’autorité politique, sans entrer dans les tiraillements. Nous vous certifions la position officielle : 1 – Non à un cessez-le-feu avec des bandes dont les pôles palestiniens autant que libanais se lavent les mains. Nous sommes une armée. Et une armée, on ne lui demande pas de s’engager à cesser le feu comme on peut le faire avec des bandes. 2 – Nous refusons, par principe même, de discuter d’une trêve. Car une telle mesure intervient entre les armées et les États, non pas entre une troupe régulière et des hordes terroristes fondamentalistes. Un groupement qui prend pour paravent la cause palestinienne et l’islam. 3 – Il n’y a pas lieu de parler d’accord ou de retour à des précédents dans le genre comités conjoints, car cela serait partir sur des constantes erronées. Il est en effet insensé de voir se conclure un accord entre une armée régulière et des bandes armées. 4 – Il n’y a pas du tout moyen de laisser filer ceux qui ont agressé l’armée. Il est demandé de les livrer, ainsi que la direction de Fateh el-Islam. Il n’est pas question pour nous de fermer les yeux à ce sujet. » D’après les mêmes sources, les démarcheurs palestiniens auraient exprimé leur approbation de trouver du côté libanais tant de netteté et de clarté. L’on attend maintenant la délégation de Mahmoud Abbas et l’émissaire d’Ismaïl Haniyé, chargés d’aider à une solution. De son côté, un responsable local conclut sur cette réplique indirecte à Hassan Nasrallah : « L’armée est une ligne rouge, et c’est bien la seule. » Philippe ABI-AKL
C’est clair : le commandement de l’armée, constatant que le délai accordé pour une issue négociée est dépassé (après avoir été lâchement mis à profit par les terroristes pour abattre deux soldats en deux jours), a décidé de nettoyer Nahr el-Bared de Fateh el-Islam. Décision difficile, du moment que l’organisation terroriste avait pris en otages, s’en servant comme bouclier humain, ce qui reste de population civile dans le camp. Mais décision impérative, indispensable, vitale même en regard du danger de voir in fine le Liban voler en éclats, des suites d’un pourrissement : une guerre d’usure alimentant une exploitation politique déterminée visant à saper les fondements de l’État, donc de la nation, pour propager une anarchie aux retombées incalculables. La moindre n’étant pas le déclenchement, à...