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Restructuration L’énergie européenne survoltée dans la perspective de grandes manœuvres

Le secteur énergétique européen traverse une période très agitée et pourrait être à la veille d’une vaste recomposition qui toucherait avant tout l’Espagne et la France. « Il va se passer des choses en France, il y aura des opportunités d’opérations, et nous voyons bien que les mouvements en Espagne ne se sont pas terminés » avec la prise de contrôle de l’électricien Endesa, pronostique Colette Lewiner, directrice internationale énergie du cabinet Capgemini. « Suez est au cœur de l’action », selon les analystes d’une banque française. En effet, même si le groupe français est toujours officiellement embarqué dans un long et douloureux projet de fusion avec Gaz de France, les indices montrant qu’il cherche des alternatives se sont multipliés en Espagne. En quelques jours, il a augmenté sa participation dans le groupe gazier espagnol Gas Natural à 11,3 % ; et son premier actionnaire et vice-président, le Belge Albert Frère, a pris une part significative de 5 % dans l’électricien espagnol Iberdrola. Autre signe de l’effritement du projet franco-français Suez/Gaz de France, le président d’EDF a évoqué des « projets communs » avec Gaz de France. EDF est contrôlé par l’État français, et le nouveau président de la République, Nicolas Sarkozy, était hostile au projet Suez/Gaz de France promu par le gouvernement précédent de Jacques Chirac. « Selon nous, l’entrée de Suez dans Gas Natural est amicale, elle reflète leurs préparatifs avant les probables mouvements dans le secteur en Espagne », estiment les analystes de la banque Fortis. « Les liens entre M. Frère et Suez, partenaire-clé de la Caixa (caisse d’épargne catalane, qui détient aussi une part de Gas Natural et partage le contrôle avec Suez du groupe Aguas de Barcelona, NDLR), sont un ingrédient piquant pour les scénarios possibles de fusions-acquisitions en Espagne », selon les analystes de la banque portugaise BPI. D’autant que la presse économique belge a fait état hier du projet d’Albert Frère de lever plus d’un milliard d’euros avant l’été, notamment pour accroître ses participations dans Iberdrola, le numéro deux de l’électricité en Espagne. Car l’Espagne est un véritable chaudron énergétique. L’allemand EON, l’italien Enel, Gas Natural et l’espagnol Acciona ont âprement bataillé pendant plus d’un an et demi pour le contrôle d’Endesa, le premier groupe espagnol d’électricité. Un autre facteur d’ébullition est que les puissants groupes du BTP espagnol se sont jetés dans la mêlée en investissant massivement dans l’énergie, pour anticiper la fin de l’âge d’or de l’immobilier espagnol. Ils joueront un rôle prépondérant dans la recomposition énergétique espagnole. Ainsi, Sacyr Vallehermoso a récemment pris 20,01 % du pétrolier Repsol, et surtout, l’influent Florentino Perez, patron d’ACS, possède 40,4 % d’Union Fenosa et 10 % d’Iberdrola (avec option pour monter à 13 %). La presse espagnole spécule sur une opération contre Iberdrola menée par Suez, Gas Natural et ACS. Alimentées par toutes ces perspectives, auxquelles s’ajoute la récente annonce stratégique du géant allemand EON qui veut investir 60 milliards d’euros d’ici à 2010, les valeurs énergétiques ont largement progressé à la Bourse, aussi bien à Madrid, qu’à Paris ou Francfort. Mais ces théâtres d’opération ne sont pas les seuls à se dégager pour l’avenir, selon Mme Lewiner : « Il ne faut pas oublier que la Grande-Bretagne veut relancer son programme nucléaire, et que la Russie aura besoin de capitaux étrangers pour son secteur électrique. »



Le secteur énergétique européen traverse une période très agitée et pourrait être à la veille d’une vaste recomposition qui toucherait avant tout l’Espagne et la France.
« Il va se passer des choses en France, il y aura des opportunités d’opérations, et nous voyons bien que les mouvements en Espagne ne se sont pas terminés » avec la prise de contrôle de l’électricien Endesa, pronostique Colette Lewiner, directrice internationale énergie du cabinet Capgemini.
« Suez est au cœur de l’action », selon les analystes d’une banque française.
En effet, même si le groupe français est toujours officiellement embarqué dans un long et douloureux projet de fusion avec Gaz de France, les indices montrant qu’il cherche des alternatives se sont multipliés en Espagne.
En quelques jours, il a augmenté sa...