Le Parlement turc a entamé hier un nouveau débat houleux sur une réforme de la Constitution visant notamment à faire élire le président de la République au suffrage universel, un projet que l’actuel chef de l’État Ahmet Necdet Sezer a cherché à bloquer.
Les députés sont appelés à voter par bulletin secret pour un premier tour de scrutin et, selon la procédure, devront confirmer leur vote lors d’un second tour organisé au moins 48 heures plus tard, en l’occurrence jeudi.
La commission des Affaires constitutionnelles de l’Assemblée n’a apporté dimanche aucune modification au texte rejeté par le président Sezer.
Ainsi, s’il est de nouveau adopté sans modifications, M. Sezer ne pourra plus s’y opposer. En revanche, il pourra le soumettre à un référendum.
Le chef de l’État turc a rejeté vendredi la réforme entérinée le 10 mai par les parlementaires. M. Sezer a justifié sa décision en arguant que « le changement de régime visé n’était pas nécessaire et n’avait ni de justification ni de raison acceptable ».
Le projet de réforme de la Constitution turque pour faire élire le président au suffrage universel et non plus par le Parlement a été élaboré par la majorité du Parti de la justice et du développement (AKP), au pouvoir, issu de la mouvance islamiste.
L’AKP l’a mis en branle après son échec début mai à faire élire son candidat à la présidence, le chef de la diplomatie Abdullah Gül, au terme d’une crise et d’une confrontation avec l’armée, gardienne sourcilleuse de la laïcité, qui a amené le gouvernement à convoquer des législatives anticipées le 22 juillet.
« Lorsque les candidats des autres partis sont élus, il n’y a pas de problème, mais quand il s’agit de l’AKP (...) ils disent que le régime est en danger. C’est un gros mensonge », a indiqué un député de l’AKP, Ayhan Sefer Ustun, à la tribune. « Le Parlement a été bloqué et ce paquet (d’amendements) va le débloquer », a-t-il affirmé.
Le député indépendant Ummet Kandogan a provoqué la controverse pendant son discours devant les députés lorsqu’il a brandi un journal qui a publié une photo du Premier ministre islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan et du président Sezer assis côte à côte, le visage grave, lors d’exercices militaires le week-end dernier où, selon les médias, ils ne se sont pas adressé la parole.
M. Kandogan a accusé le président de ressentir de la « haine » contre le chef du gouvernement, ce qui a entraîné une bagarre entre plusieurs députés de l’AKP et du principal parti d’opposition, CHP (Parti républicain du peuple).
La séance a été temporairement suspendue.
Outre l’élection du chef de l’État au suffrage populaire, le texte en suspens prévoit d’instaurer un mandat présidentiel de cinq ans renouvelable une fois, contre un septennat unique à l’heure actuelle, et d’organiser des élections générales tous les quatre ans, au lieu de cinq.
Le CHP et une grande partie de la société civile sont opposés aux réformes, estimant qu’elles étaient proposées sans un débat préalable au sein de la société.
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Les députés sont appelés à voter par bulletin secret pour un premier tour de scrutin et, selon la procédure, devront confirmer leur vote lors d’un second tour organisé au moins 48 heures plus tard, en l’occurrence jeudi.
La commission des Affaires constitutionnelles de l’Assemblée n’a apporté dimanche aucune modification au texte rejeté par le président Sezer.
Ainsi, s’il est de nouveau adopté sans modifications, M. Sezer ne pourra plus s’y opposer. En revanche, il pourra le soumettre à un référendum.
Le chef de l’État turc a rejeté...