S’ils viennent de perdre une première manche contre la Maison-Blanche sur le financement de la guerre en Irak, les démocrates américains affichent, malgré leurs divisions, un bilan positif de leur gestion et se préparent à d’autres batailles.
Quelques heures à peine après un vote cédant à la volonté du président George W. Bush de lui envoyer une loi de financement de la guerre en Irak privée de tout calendrier de retrait des troupes, la direction démocrate confirmait qu’elle n’en resterait pas là. « C’est le début d’un changement total de cap en Irak », a assuré la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi. « Le président Bush n’a plus de chèque en blanc pour la guerre en Irak », a-t-elle ajouté. « Nous avons fait avancer le débat national sur la guerre », a indiqué quant à lui le numéro deux démocrate au Sénat Richard Durbin. « Chaque mois, le président devra affronter de nouvelles batailles sur l’Irak », a-t-il ajouté. Disposant d’une majorité trop faible pour ne pas être obligés de composer, les leaders démocrates assurent garder l’initiative sur le dossier qui préoccupe le plus les Américains et qui a contribué à la défaite des républicains aux élections parlementaires de novembre.
M. Bush devra à nouveau rendre compte des progrès du gouvernement irakien dès juin et également en juillet. Ensuite débuteront les discussions sur le budget militaire pour l’année fiscale commençant le 1er octobre, des débats que les démocrates ne manqueront pas d’exploiter. Une évaluation de la nouvelle stratégie américaine devrait également être présentée en septembre par le général américain David Petraeus, commandant la Force multinationale en Irak.
« Les démocrates au Congrès ont déjà réussi à contraindre le président Bush à lier le financement de la guerre au processus législatif normal », analyse Linda Fowler, professeur de sciences politiques à l’Université Darmouth. « Ils ont raison de se concentrer sur un objectif plus large. Un calendrier de retrait des troupes sera à nouveau programmé et il y aura de nombreux républicains qui le soutiendront à l’approche des élections de 2008 », dit-elle à l’AFP.
Le sénateur républicain Jeff Sessions, membre de la commission des Affaires militaires, a ainsi estimé dimanche que le nombre de soldats américains déployés en Irak devrait commencer à diminuer dès septembre. Selon un récent sondage CBS News/New York Times, la guerre en Irak se déroule mal pour 76 % d’Américains, voire très mal (47 %) et 61 % des personnes interrogées estiment que les États-Unis n’auraient pas dû s’y engager. Le mois de mai aura été un des plus sanglants pour les forces américaines avec plus de 100 soldats tués.
Outre l’Irak, les dirigeants démocrates dressent après six mois de gestion au Congrès un bilan positif de leur action : première augmentation du salaire minimum en 10 ans, aide aux victimes de Katrina, subventions agricoles, couverture médicale aux enfants défavorisés et aux anciens combattants, législation pour mettre fin à la politisation dans le secteur de la justice... Mais la gauche du parti, opposée viscéralement à la guerre, n’a pas caché sa réprobation des tactiques pragmatiques de ses dirigeants parlementaires et juge indigne que les initiatives intérieures, contenues dans l’enveloppe budgétaire pour le financement de la guerre en Irak jusqu’en septembre, soient le prix d’un marchandage politique. « Le désir d’un confort politique a prévalu sur l’action », a ainsi regretté le sénateur Russ Feingold. « Nous avons maintenant un salaire minimum pour un bain de sang maximum », a déclaré quant à lui le représentant Dennis Kucinich, un des candidats démocrates à la Maison-Blanche en 2008.
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Quelques heures à peine après un vote cédant à la volonté du président George W. Bush de lui envoyer une loi de financement de la guerre en Irak privée de tout calendrier de retrait des troupes, la direction démocrate confirmait qu’elle n’en resterait pas là. « C’est le début d’un changement total de cap en Irak », a assuré la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi. « Le président Bush n’a plus de chèque en blanc pour la guerre en Irak », a-t-elle ajouté. « Nous avons fait avancer le débat national sur la guerre », a indiqué quant...