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Maître de cérémonie des marches : concilier chronomètre et caprices de stars

L’œil rivé sur sa montre-chronomètre, téléphone portable vissé à l’oreille, Jean-François Couvreur est, depuis 20 festivals de Cannes, le maître de cérémonie de la montée des marches, réglant le ballet glamour qui se joue jusqu’à 4 fois par jour sur le célèbre tapis rouge. Chef du protocole, ce garant de la bienséance et des susceptibilités doit gérer l’ingérable : stars et ponctualité ne sont pas forcément compatibles. Au pied des marches, Jean-François Couvreur virevolte autour de mille problèmes et autres impondérables. « Je suis comme un chef d’orchestre, confronté au défi permanent : chaque montée des marches doit être parfaite », explique-t-il. « Quand tout se passe bien, ce qui est le plus fréquent, tout est réglé au millimètre et à la seconde pour que les personnalités et l’équipe du film arrivent tour à tour à l’exact moment : la montée des marches est comme un ballet », décrit le grand ordonnateur des marches cannoises qui, en parfait diplomate, a décidé d’oublier les ratages. Tout commence la veille de chaque projection officielle : Jean-François Couvreur réunit son équipe (agents de sécurité, chauffeurs...) et prend contact avec la production du film invité. « Nous nous informons des talents du film qui seront présents, les hôtels où ils séjournent, le nombre de véhicules nécessaires. Nous fixons avec eux les heures de départ et d’arrivée », détaille-t-il. Les réalisateurs des films ont la possibilité de choisir sur quelle musique se déroulera leur montée des marches, « parenthèse glamour qui ne laisse personne indifférent : c’est un moment à part même pour les plus chevronnés », observe Jean-François Couvreur. « Ces 24 marches mondialement connues sont impressionnantes pour tous. C’est la vitrine du festival, comme un grand spectacle. » « Il y a quelques années, Lars von Trier a monté les marches pour son film Les Idiots. Le cinéaste a exigé l’Internationale. Un cas de figure qui ne s’était encore jamais présenté ! Gilles Jacob a accepté », se souvient-il. La ponctualité quelquefois défaillante des stars n’est pas le seul écueil à gérer. La circulation sur la Croisette est l’autre casse-tête du maître de cérémonie : « Pour réduire le risque de retard, les cortèges sont ouverts par des motards de la police nationale. » « Il est parfois nécessaire de ralentir les voitures ou, au contraire, accélérer pour éviter le temps mort sur les marches », explique Jean-François Couvreur qui travaille de concert avec Patrick Fabre, « l’aboyeur des marches », chargé au micro de commenter les arrivées, y compris de célébrités qui débarquent à l’improviste. Cette année, Jean-François Couvreur fête son 34e festival : avant d’orchestrer les marches, il organisait les fêtes les plus élégantes de Cannes pour le quotidien Le Monde dont il était chargé des relations extérieures. Un savoir-faire qui a séduit Gilles Jacob.
L’œil rivé sur sa montre-chronomètre, téléphone portable vissé à l’oreille, Jean-François Couvreur est, depuis 20 festivals de Cannes, le maître de cérémonie de la montée des marches, réglant le ballet glamour qui se joue jusqu’à 4 fois par jour sur le célèbre tapis rouge.
Chef du protocole, ce garant de la bienséance et des susceptibilités doit gérer l’ingérable : stars et ponctualité ne sont pas forcément compatibles. Au pied des marches, Jean-François Couvreur virevolte autour de mille problèmes et autres impondérables.
« Je suis comme un chef d’orchestre, confronté au défi permanent : chaque montée des marches doit être parfaite », explique-t-il. « Quand tout se passe bien, ce qui est le plus fréquent, tout est réglé au millimètre et à la seconde pour que les personnalités et...