Vers un Conseil national de sécurité à l’américaine
le 16 mai 2007 à 00h00
Le nouveau président français Nicolas Sarkozy va créer un Conseil national de sécurité (CNS) sur le modèle américain, rattaché directement aux services de la présidence, selon des sources concordantes.
Au cours de sa campagne, M. Sarkozy avait fait du CNS le chaînon manquant entre les services de renseignements et la diplomatie. Placé auprès du président, comme aux États-Unis mais aussi en Russie, le CNS doit devenir, selon lui, « l’instance centrale d’analyse, de débat et de réflexion en matière de sécurité et de défense, en période normale comme en période de crise ». Il aurait vocation à se substituer aux « actuels Conseil de sécurité intérieure et Conseil de défense ».
Pour le député Pierre Lellouche, père de ce projet et proche de M. Sarkozy, « il est nécessaire que le président ait autour de lui une masse critique de cerveaux pour préparer les décisions », regrettant qu’il « n’y a même pas de “situation room” à l’Élysée, de lieu pour abriter une cellule de crise ». « Nicolas Sarkozy veut blinder, il ne veut pas d’impairs dans le domaine international. Il veut une équipe très solide avec un conseiller près de lui », commente par ailleurs une source proche du dossier. Selon cette source, Pierre Lellouche, qui devait prendre la tête du CSN, aurait finalement été écarté car « marqué comme quelqu’un d’atlantiste ». L’actuel ambassadeur de France à Washington, Jean-Daniel Levitte, a été approché car jugé « très consensuel et reconnu de tous comme un homme remarquable », selon des sources concordantes, mais celui-ci aurait réservé sa réponse.
Le CNS se réunirait à intervalles réguliers pour asseoir la politique de défense, internationale et de sécurité ou analyser les informations collectées par les services de renseignements.
Mais il serait également mobilisé en situation de crise : actions terroristes, prises d’otages de Français à l’étranger, conflits impliquant la France, opérations extérieures. Pour le moment, ces attributions sont éclatées entre la cellule diplomatique de la présidence, l’état-major particulier du président constitué de militaires, et le très discret Secrétariat général de la défense nationale (SGDN) et ses 560 agents, placé sous l’autorité du Premier ministre. La création du CSN passerait donc probablement par un douloureux dépeçage du SGDN et une redistribution des cartes, au cœur même de l’appareil d’État et de l’Élysée où les fonctions de la cellule diplomatique devraient être redéfinies.
Le nouveau président français Nicolas Sarkozy va créer un Conseil national de sécurité (CNS) sur le modèle américain, rattaché directement aux services de la présidence, selon des sources concordantes.
Au cours de sa campagne, M. Sarkozy avait fait du CNS le chaînon manquant entre les services de renseignements et la diplomatie. Placé auprès du président, comme aux États-Unis mais aussi en Russie, le CNS doit devenir, selon lui, « l’instance centrale d’analyse, de débat et de réflexion en matière de sécurité et de défense, en période normale comme en période de crise ». Il aurait vocation à se substituer aux « actuels Conseil de sécurité intérieure et Conseil de défense ».
Pour le député Pierre Lellouche, père de ce projet et proche de M. Sarkozy, « il est nécessaire que le président ait...
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