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Actualités - Opinion

La présidentielle préoccupe Bkerké et la Ligue maronite Émile KHOURY

La controverse sur le quorum cristallise actuellement le conflit qui fait rage au sein du camp chrétien. Comme, de plus, ce litige concerne la présidentielle, domaine réservé de la communauté, Bkerké et la Ligue maronite s’en préoccupent fortement. Ils entendent traiter ce dossier épineux de manière à promouvoir, au moins sur ce point capital, une entente d’abord intermaronite, ensuite interchrétienne, puis nationale. Il est en effet assez évident que sans un gentleman’s agreement initial entre leaderships maronites, l’on ne saurait au bout du compte s’accorder entre 8 et 14 Mars sur un candidat de consensus ou une liste de postulants plausibles parmi lesquels la Chambre ferait son choix. Cela en partant du fait que les pôles des deux camps répètent que sur ce volet, il faut ménager, sinon suivre, Bkerké, dont la hantise est de voir le risque de vide institutionnel, de vacance au niveau de la première magistrature de l’État, prendre forme, avec tout ce que cela impliquerait comme déséquilibres politico-communautaires et comme instabilité accrue pour le pays. Selon des sources informées, Bkerké souhaite dans un premier temps que, dépassant le point de savoir qui a vraiment tort ou raison par rapport à ce que dit la Constitution, ou ce qu’elle ne dit pas, les leaderships chrétiens œuvrent pour assurer la présence des deux tiers des députés lors de l’ouverture de la séance électorale. Pourquoi ? Parce que la tradition, les us et coutumes l’ordonnent ? Ou encore parce que l’esprit démocratique bien compris le veut ainsi ? Certes, mais pas seulement. En effet, il est essentiel de réaliser, indiquent les sources qui se réfèrent à l’opinion de Bkerké, qu’un président qui serait élu à la majorité absolue, c’est-à-dire simple, la moitié plus un, serait automatiquement considéré comme un président de défi. Donc de division interne accentuée dans un pays déjà gravement déchiré. Rizk Le ministre de la Justice, Charles Rizk, analysant la question, relève qu’elle se partage entre volet juridique et considérations politiques. Certains assurent que le quorum des deux tiers est requis à chaque tour de scrutin. D’autres affirment qu’il n’est nécessaire qu’au premier tour, la majorité absolue suffisant ensuite. Pour le ministre, les discussions, ou arguties, d’ordre juridique restent cependant secondaires et ne sont que le paravent, ou le reflet, d’un conflit aigu purement politique. Dans les délicates circonstances présentes, remarque-t-il, il est clair que le pays a vitalement besoin d’un président. Et d’un président qui unisse, qui rassemble. Démocratiquement, il pourrait certes être désigné par une seule voix d’écart, comme ce fut le cas en 1970 pour le président Frangié. Mais il est certain que, pour lever tout doute sur sa légitimité, neutraliser toute contestation, il faut qu’il soit élu en présence d’au moins les deux tiers des membres dont se compose la Chambre. Sans quoi, l’élection ne saurait déboucher sur une cimentation de l’unité nationale ni sur une consécration du principe premier de la coexistence. Eddé De son côté, l’ancien ministre Michel Eddé, président sortant de la Ligue maronite, mène activement campagne pour le quorum des deux tiers. En soulignant que l’article 49 C (Constitution) stipule très clairement, indiscutablement, en ne laissant place à aucune interprétation, que pour être élu au premier tour, un candidat doit recueillir les suffrages des deux tiers des membres dont se compose la Chambre des députés. Il rappelle qu’en base de ce même article, tous les présidents qui se sont succédé depuis l’indépendance ont été élus en présence des deux tiers des députés. Il en avait été notamment ainsi en 1982, malgré l’occupation israélienne, pour cheikh Bachir Gemayel, la séance ne s’ouvrant que lorsque le quorum des deux tiers avait été homologué. Dans le même sens, on peut se référer à Hegel, cité par Edmond Rabbath. Selon le philosophe allemand, une Constitution authentique doit nécessairement traduire la mentalité ainsi que les us et coutumes d’un peuple. Dont l’empreinte peut d’ailleurs, d’après la sommité constitutionnaliste libanaise, imprimer à la pratique des formes distinctes que ce que le texte de la Loi fondamentale présente, ou représente. Notamment dans un pays composite comme le Liban, où la linéarité est difficile. Rabbath rappelait qu’en comparant la Constitution libanaise de 1926 avec la pratique, on trouvait de nettes différences en de nombreux points, surtout après la fin du mandat français en 1943. Il soulignait que le Liban ne se compose pas de fractions soudées, mais de communautés distinctes. De ce pluralisme, baptisé par certains de formule de coexistence unique entre religions et cultures, peut toutefois sourdre, selon lui, un esprit confessionnaliste destructeur. Quoi qu’il en soit, Bkerké préfère une élection, quelle qu’elle soit, à la catastrophe nationale que serait la consécration du vide institutionnel. Pour éviter le torpillage, ou une contestation de résultat pouvant mener à la partition de fait ; il s’agit donc d’aller au plus sûr, en adhérant à la règle du quorum des deux tiers. Mais en pratique, tout est de savoir si c’est l’entente préalable sur un choix de consensus qui peut régler le problème du quorum, ou si, au contraire, c’est un accord sur ce dernier point qui permettrait d’aboutir à une entente sur la succession.
La controverse sur le quorum cristallise actuellement le conflit qui fait rage au sein du camp chrétien. Comme, de plus, ce litige concerne la présidentielle, domaine réservé de la communauté, Bkerké et la Ligue maronite s’en préoccupent fortement. Ils entendent traiter ce dossier épineux de manière à promouvoir, au moins sur ce point capital, une entente d’abord intermaronite, ensuite interchrétienne, puis nationale. Il est en effet assez évident que sans un gentleman’s agreement initial entre leaderships maronites, l’on ne saurait au bout du compte s’accorder entre 8 et 14 Mars sur un candidat de consensus ou une liste de postulants plausibles parmi lesquels la Chambre ferait son choix. Cela en partant du fait que les pôles des deux camps répètent que sur ce volet, il faut ménager, sinon suivre, Bkerké, dont...