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Actualités - Opinion

LA situation Face à Ban Ki-moon, la Syrie devrait craindre l’effet boomerang Lélia MEZHER

Pendant que le président de la République, Émile Lahoud, est en visite officielle au Qatar, et que le Premier ministre Fouad Siniora est rentré hier soir de sa visite d’une journée en Égypte, une poignée de députés de l’opposition et de la majorité ont prolongé leur séjour sur les rives du Lac Léman dans l’intention de poursuivre les discussions entamées à l’occasion de leurs retrouvailles au congrès organisé en Suisse sur le thème du « rôle des Parlements dans le développement de la sécurité nationale ». Avant d’avoir pour rôle de développer la sécurité nationale, les Libanais aimeraient bien voir leur Parlement : 1) ouvrir la seconde session ordinaire en tenant une séance, 2) voter accessoirement le statut du tribunal international, 3) voter une loi électorale, et 4) s’enquérir, plus accessoirement encore, des besoins du peuple. Mais rien ne laisse présager que dans un futur proche, le président de la Chambre appellera les députés à se réunir place de l’Étoile, même si les élus de la majorité comptent, ce mardi encore, réinvestir symboliquement le hall du Parlement, tout en sachant pertinemment qu’il n’en découlera rien. D’ailleurs, Fouad Siniora l’a lui-même dit depuis Le Caire, hier : le dialogue est toujours le bienvenu, mais aucune percée n’est à signaler en Suisse. Au Caire donc, le Premier ministre aura, selon des sources bien informées, examiné en détail avec les responsables égyptiens le statut du tribunal international, d’une part, et d’autre part, demandé au secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, de se rendre – une énième fois encore – au Liban afin de reprendre un très hypothétique dialogue qui semble d’ailleurs bien improbable, surtout à la lumière des joutes verbales que s’échangent Naïm Kassem et Samir Geagea, et qui ne laissent présager rien de très rutilant pour l’avenir du Liban. Dans les discours des deux leaders que tout oppose, un seul point commun mérite d’être quand même relevé : tous les deux remettent au goût du jour le climat général de la guerre civile. D’autant que les étincelles fusent de part et d’autre et que les barils de poudre sont nombreux. À titre d’exemple, l’incident de Nahr el-Bared hier aurait pu servir de prétexte pour un dérapage quelconque, d’où la nécessité de se montrer vigilants. Après tout, combien de fois la Syrie a-t-elle usé du dossier palestinien pour semer la zizanie ? Une manière prometteuse d’entamer la trêve politique de 100 jours réclamée, en chœur, tant par les salariés que par le patronat. Toutefois, aujourd’hui, tous les regards seront tournés vers Damas, où se rendent le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, son conseiller juridique, Nicolas Michel, et le chargé de l’application de la résolution 1559, Terjé Roed-Larsen. Des sources proches de la majorité parlementaire soulignent à ce propos que la Syrie a récemment été sonnée par le résultat de la visite du vice-ministre russe des Affaires étrangères, Alexandre Saltanov, puisqu’elle a eu la nette impression d’avoir été flouée. Cette déception serait à mettre sur le compte des erreurs de calcul que le régime syrien est enclin à commettre à chaque fois qu’il s’agit de politique internationale. Ainsi, Damas serait aujourd’hui pris à son propre piège, ayant parié sur un veto russe lors du vote du Conseil de sécurité de l’ONU sur la création du tribunal. Tout comme il avait misé sur un illusoire veto chinois lors du vote de la 1559 en septembre 2004. Des sources syriennes citées hier par le quotidien al-Hayat indiquent que Damas va contrer la délégation onusienne grâce à un document en 9 points, dont les plus importants s’articulent autour du tribunal international, des fermes de Chebaa et de la délimitation de la frontière libano-syrienne. En substance, la Syrie estime que le tribunal international « est une affaire libanaise » qui n’a par conséquent « aucun lien avec la Syrie ». Cependant, les Syriens considèrent, toujours selon les sources citées par al-Hayat, que « le tribunal doit être basé sur une entente libanaise et ne doit pas être imposé de l’extérieur par le biais du Conseil de sécurité » au risque de déclencher « une guerre civile ». Concernant les fermes de Chebaa, Damas aurait reconnu la libanité des fermes, mais lie cependant ce dossier aux résolutions 242 et 338 qui demandent le retrait israélien du Golan… Pour la 1701, la Syrie a choisi d’axer sur la nécessité de l’alinéa 18 du texte qui dispose « qu’il importe et qu’il est nécessaire d’instaurer une paix globale, juste et durable au Moyen-Orient, sur la base de toutes ses résolutions pertinentes, y compris les résolutions 242 et 338 ». Alors que la délégation onusienne insiste pour que l’alinéa 15, qui met l’accent sur l’arrêt du trafic illégal d’armes, trouve application au plus vite. Ce qui signifie qu’aucune percée n’est à attendre non plus aujourd’hui du côté de la frontière Est. Il reste que sur le plan local, les erreurs stratégiques de la Syrie touchent directement et en premier lieu le Hezbollah, qui se retrouve dans une position peu enviable. C’est cette position plus que délicate qui le pousserait à s’attaquer corps et âme au dossier de la présidentielle qui constitue aujourd’hui, pour les cadres du Hezb, leur dernier cheval de bataille. Et une manière de dire que continuer désormais à faire pression sur le dossier du tribunal ne sert plus à rien.
Pendant que le président de la République, Émile Lahoud, est en visite officielle au Qatar, et que le Premier ministre Fouad Siniora est rentré hier soir de sa visite d’une journée en Égypte, une poignée de députés de l’opposition et de la majorité ont prolongé leur séjour sur les rives du Lac Léman dans l’intention de poursuivre les discussions entamées à l’occasion de leurs retrouvailles au congrès organisé en Suisse sur le thème du « rôle des Parlements dans le développement de la sécurité nationale ». Avant d’avoir pour rôle de développer la sécurité nationale, les Libanais aimeraient bien voir leur Parlement : 1) ouvrir la seconde session ordinaire en tenant une séance, 2) voter accessoirement le statut du tribunal international, 3) voter une loi électorale, et 4) s’enquérir, plus...