Rechercher
Rechercher

Actualités

Chirac s’en va dans la discrétion et réfléchit à la création d’une fondation

Le président français Jacques Chirac achève ses douze ans de pouvoir dans la discrétion, sans faire entendre sa voix dans la campagne électorale ni grande tournée d’adieux, mais il réfléchit à la création d’une fondation pour poursuivre son action après la fin de son mandat. Contrastant avec le bruit et la fureur de la campagne, le palais de l’Élysée paraît comme saisi de torpeur. Pourtant, l’entourage du chef de l’État assure que le boulimique de travail continue à occuper ses fonctions comme au premier jour. « Il ne s’est pas mis aux abonnés absents depuis sa déclaration » du 11 mars dans laquelle il a annoncé qu’il ne briguerait pas un troisième mandat, affirme avec force un proche qui ajoute : « Il entend mener sa mission jusqu’au bout. » Il est vrai que le président assume pleinement des activités peu visibles. Il a ainsi présidé un Conseil de défense après la série d’attentats au Maroc et en Algérie et suit en permanence la situation des deux otages français en Afghanistan. Mais, au chapitre de ses activités officielles, c’est presque le vide depuis un mois : une apparition devant la Haute autorité de lutte contre les discriminations, un discours sur le bilan du plan cancer, une visite aux forces militaires spéciales, dont la presse aura surtout retenu qu’il était au côté de son petit-fils Martin, des remises de décorations et des nominations parfois controversées de ses principaux collaborateurs. Et pas de tournée d’adieux à l’étranger pour Jacques Chirac, 74 ans, rétif à ces cérémonies, alors qu’étaient évoquées des visites au Maghreb, au Proche-Orient, à Moscou ou Washington. Certains projets – comme un déplacement au Maghreb – ont été vite abandonnés, alors que d’autres divisaient ses conseillers. Ce sont donc les dirigeants arabes qui se sont succédé ces derniers jours à Paris pour dire au revoir à leur « ami » et s’assurer de la continuité de la politique française dans la région après le départ de leur meilleur allié. Silencieux dans la campagne électorale depuis qu’il a apporté son soutien au candidat de son camp et favori de la droite, Nicolas Sarkozy, son entourage justifie sa réserve. « C’est vrai qu’il n’est pas intervenu dans la campagne, mais c’est un principe qu’il s’est lui-même fixé : la fonction de président de la République l’emporte sur toute autre considération », affirme un proche. Acteur depuis 40 ans de toutes les élections, Jacques Chirac se retrouve pour la première fois dans la position inédite du spectateur, réduit à contempler de haut la bataille qui se livre sans lui. Le mandat de M. Chirac s’achève le 16 mai, dix jours après le second tour de la présidentielle. Un mois plus tard, M. Chirac, dont le bilan de président est jugé sévèrement par ses adversaires, perdra son immunité pénale attachée au statut de président, et pourrait alors être entendu par la justice, selon des sources judiciaires, notamment sur une affaire d’emplois fictifs datant de l’époque où il était maire de Paris, avant son élection en 1995. L’Élysée a vigoureusement démenti il y a deux semaines des informations de l’hebdomadaire Le Canard enchaîné selon lesquelles MM. Sarkozy et Chirac avaient conclu un pacte pour éviter à ce dernier toute poursuite judiciaire à son départ de l’Élysée.
Le président français Jacques Chirac achève ses douze ans de pouvoir dans la discrétion, sans faire entendre sa voix dans la campagne électorale ni grande tournée d’adieux, mais il réfléchit à la création d’une fondation pour poursuivre son action après la fin de son mandat.
Contrastant avec le bruit et la fureur de la campagne, le palais de l’Élysée paraît comme saisi de torpeur. Pourtant, l’entourage du chef de l’État assure que le boulimique de travail continue à occuper ses fonctions comme au premier jour. « Il ne s’est pas mis aux abonnés absents depuis sa déclaration » du 11 mars dans laquelle il a annoncé qu’il ne briguerait pas un troisième mandat, affirme avec force un proche qui ajoute : « Il entend mener sa mission jusqu’au bout. »
Il est vrai que le président assume pleinement...