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Moubarak à Paris pour saluer Chirac et sonder les candidats à l’Élysée

Le président égyptien Hosni Moubarak se rendra dimanche à Paris pour saluer le président français Jacques Chirac, et sonder les trois principaux prétendants à sa succession sur l’avenir de la « politique arabe » de la France. Décidée au dernier moment, cette visite est d’abord, vue du Caire, un hommage que veut rendre le raïs à un ami de trente ans, avec lequel il a eu trente tête-à-tête officiels et d’innombrables conversations téléphoniques. « C’est un rare geste d’amitié politique et personnelle », souligne Moustapha Kamel el-Sayyed, consultant international, et professeur de sciences politiques à l’Université américaine au Caire (AUC). Même génération, même vision politique, les deux dirigeants n’ont jamais divergé sur leurs analyses des crises récurrentes au Proche et Moyen-Orient, de la question palestinienne à la guerre en Irak. Avec François Mitterrand, il en était de même. C’est d’ailleurs à Assouan que le président socialiste, à l’invitation insistante de Moubarak, passa son ultime Noël sur les bords du Nil en 1995, « pour trouver le soleil et la paix ». Quand Chirac lui succéda, Moubarak fut le premier chef d’État étranger reçu à l’Élysée, affirmant l’importance de l’Égypte comme pays clef du monde arabe, avec ses 76 millions d’habitants, son histoire et sa culture. De manière inattendue, et sans précédent, le raïs égyptien a décidé de rencontrer aussi à Paris les trois « grands » aspirants à la présidence, Nicolas Sarkozy (droite), Ségolène Royal (socialiste) et François Bayrou (centre). « Avec le départ de Chirac, c’est la fin d’une époque et il y a de la préoccupation pour l’avenir », estime Antoine Basbous, directeur de l’Observatoire des pays arabes, basé à Paris. « Les principaux candidats semblent peu familiers avec ces questions, et ils ne veulent pas prendre des risques », relève le professeur el-Sayyed notant que la presse égyptienne parierait plutôt sur Sarkozy vainqueur. Celui-ci n’est pas un inconnu en Égypte où il était venu en 2003 obtenir un quitus de cheikh Mohammad Tantaoui, l’imam d’el-Azhar, la plus haute autorité de l’islam sunnite, sur la loi prohibant le port du voile à l’école. Mais il n’a jamais rencontré Moubarak, et la presse le présente comme plus proaméricain et proisraélien que Jacques Chirac. Lors de la crise des banlieues, en 2005, le patron du quotidien gouvernemental al-Gouhoumriya, Mohammad Abdoul-Hamid, avait osé écrire que « Sarkozy pour ceux qui l’ignorent est juif », s’attirant une réponse discrète mais outrée de l’ex-ministre de l’Intérieur.

Le président égyptien Hosni Moubarak se rendra dimanche à Paris pour saluer le président français Jacques Chirac, et sonder les trois principaux prétendants à sa succession sur l’avenir de la « politique arabe » de la France.
Décidée au dernier moment, cette visite est d’abord, vue du Caire, un hommage que veut rendre le raïs à un ami de trente ans, avec lequel il a eu trente tête-à-tête officiels et d’innombrables conversations téléphoniques. « C’est un rare geste d’amitié politique et personnelle », souligne Moustapha Kamel el-Sayyed, consultant international, et professeur de sciences politiques à l’Université américaine au Caire (AUC). Même génération, même vision politique, les deux dirigeants n’ont jamais divergé sur leurs analyses des crises récurrentes au Proche et Moyen-Orient, de...