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Actualités - Opinion

Berry se fait discret, pour favoriser l’apaisement

Amateur d’expressions imagées, le président Nabih Berry fait désormais « carême côté verbe », comme il dit. Peut-être qu’il a épuisé tous les sujets lors de sa prestation exhaustive sur la chaîne télé de son mouvement, la NBN. Il y avait mis l’accent sur le dialogue et sur ses entretiens avec le député Saad Hariri. Après ses prises de position incendiaires, il indique vouloir se tenir à l’écart des polémiques. Sans doute pour se préserver une marge de mouvement lui permettant éventuellement (si « on » le laisse aller à ses penchants), de rejouer un rôle de conciliateur sinon de médiateur. C’est donc son partenaire, Hassan Nasrallah, qui a pris le relais pour entretenir, et attiser l’escalade, dans son dernier discours, multipliant refus et accusations. Selon des sources fiables, le sayyed a poussé le bouchon si loin que le président de la Chambre, désireux de voir le climat s’apaiser et non le contraire, s’en serait trouvé incommodé. Interrogé sur la question, le député amaliste Ali Hassan Khalil élude, en se défaussant sur le camp d’en face. Il s’abstient de commenter les propos de Nasrallah, d’indiquer si Berry les approuve ou non, s’il en a été surpris ou pas. Le parlementaire répond que l’attention doit porter sur la réaction des pôles adverses. Se contentant d’indiquer, au sujet de la cohésion entre les deux leaders chiites, que « chacun a sa personnalité propre et sa propre façon de s’exprimer. Le président Berry a sa manière à lui ». Ce qui laisse tout de même entendre assez bien que les approches des deux intéressés ne sont pas tout à fait identiques, les buts ponctuels non plus. Exploitation Bien entendu, les majoritaires mettent en exergue le silence de Berry et les élisions de son lieutenant. Non seulement pour soutenir que cette attitude est vraisemblablement due à des dissonances avec le Hezb. Mais également pour reprendre le refrain connu qui appelle M. Berry à assumer ses devoirs de responsable en rouvrant le Parlement, et en le convoquant, les semaines s’écoulant sans qu’il y ait séance. Ils précisent que si le président de la Chambre ne souhaite pas qu’il y ait une réunion de législation, parce qu’il ne veut pas voir siéger à son banc un gouvernement qu’il qualifie d’illégal, ni traiter de projets de lois établis par ce cabinet, il n’a qu’à organiser un débat sur la crise. De plus, ajoutent-ils, c’est à la Chambre de dire si le gouvernement est légal ou non. En concluant qu’en tant que président du Législatif, Berry doit rester neutre et ne pas être partie prenante au conflit. Selon un député progouvernemental, qui affirme tenir ses informations d’une source diplomatique, le président de la Chambre est dans l’embarras. Il se trouverait empêché, ou interdit, de toute initiative positive tant que le dossier du tribunal n’aura pas été refermé. Il se trouverait gêné, de surcroît, par les attaques des loyalistes à son encontre, ainsi que par les remarques désobligeantes de nombre de visiteurs étrangers au sujet de son refus de convoquer la Chambre. Un responsable britannique ne lui aurait pas caché qu’il est offusqué par son attitude, car au Royaume-Uni sans doute plus qu’ailleurs, le Parlement est la plus sacrée des institutions. Surtout en temps de crise ou de conflits car c’est seulement là qu’on peut y débattre en vue d’une solution. Il lui aurait abruptement déclaré qu’il n’a nullement le droit de réduire la Chambre à sa seule personne. Berry aurait répondu que, justement, c’est pour préserver la Chambre qu’il s’abstient de la réunir. Expliquant qu’en cas de séance, selon les informations en sa possession, plus de 50 députés présenteraient leur démission. Il lui aurait été répondu que sa responsabilité, c’est de faire fonctionner la démission et qu’il n’a, pour sa part, qu’à empêcher les députés de son bloc, le plus consistant place de l’Étoile, de démissionner. En réalité, comme le note un majoritaire, Berry n’aurait guère le choix et il lui faudrait, comme pour les ministres, s’aligner sur le Hezbollah. Philippe ABI-AKL
Amateur d’expressions imagées, le président Nabih Berry fait désormais « carême côté verbe », comme il dit. Peut-être qu’il a épuisé tous les sujets lors de sa prestation exhaustive sur la chaîne télé de son mouvement, la NBN. Il y avait mis l’accent sur le dialogue et sur ses entretiens avec le député Saad Hariri. Après ses prises de position incendiaires, il indique vouloir se tenir à l’écart des polémiques. Sans doute pour se préserver une marge de mouvement lui permettant éventuellement (si « on » le laisse aller à ses penchants), de rejouer un rôle de conciliateur sinon de médiateur.
C’est donc son partenaire, Hassan Nasrallah, qui a pris le relais pour entretenir, et attiser l’escalade, dans son dernier discours, multipliant refus et accusations. Selon des sources fiables, le sayyed a poussé...