Le chef du PSP, Walid Joumblatt, a réagi violemment aux propos tenus dimanche par le secrétaire général du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah, « qui a fini par révéler ses intentions et par cracher le morceau ».
« Le président de la République du Hezbollah, Hassan Nasrallah, est apparu hier (dimanche) menaçant, en attaquant l’État, son projet et ses fondements, en estimant que l’État actuel n’est pas fort, oubliant cependant que ses armes, ses institutions, son arsenal, sa sécurité et ses îlots (sécuritaires) sont les principales raisons pour lesquelles un État n’a pas pu être édifié » a affirmé M. Joumblatt dans une déclaration à paraître aujourd’hui dans le quotidien du PSP, al-Anbaa.
« Il (Nasrallah) a oublié qu’il avait fui le débat autour de la stratégie de défense que la conférence de dialogue s’apprêtait à examiner dans le but de profiter des aptitudes au combat du Hezbollah, mais sous la direction de l’armée, ce qu’il refusait », a ajouté M. Joumblatt, qui a ensuite souligné le rejet du tribunal international par le chef du Hezbollah. « Peut-être qu’il veut retourner à la justice du régime de Adnane Addoum et de la province de Damas puisque celui-ci permet aux régimes qui s’allient à lui de se dérober au tribunal », a accusé M. Joumblatt.
« Nasrallah a-t-il oublié qu’il a participé pendant des mois au gouvernement qu’il accuse aujourd’hui d’être illégitime ? A-t-il oublié qu’il avait accepté, à travers ce même gouvernement, un cessez-le-feu et le plan en sept points (du Premier ministre Fouad Siniora) ? John Bolton n’avait-il pas reconnu que le gouvernement libanais avait essayé de faire passer le projet de tribunal international sous le chapitre six et non pas sept de la Charte de l’ONU ou ne retient-on de Bolton que ce qui sert certaines opinions politiques ? » s’est-il interrogé.
Critiquant « un mensonge » selon lequel le problème se situe au niveau du gouvernement, M. Joumblatt a affirmé que le « vrai problème réside dans la résolution 1701, le plan de paix en sept points et le déploiement de l’armée au Liban-Sud, pour la première fois depuis trente ans, ce qui empêche les régimes syrien et iranien d’effectuer leurs manœuvres dans cette partie du pays pour pouvoir négocier avec Israël sur les ruines de cette région, comme cela s’était passé durant la guerre ».
S’arrêtant sur l’appel à un référendum, lancé par sayyed Nasrallah, M. Joumblatt a indiqué que « ce concept est en contradiction avec la démocratie consensuelle à laquelle il appelle et à cause de laquelle les institutions sont paralysées ». « Ne se sont-ils pas opposés à une série de décisions en Conseil des ministres en arguant de ce même consensus ? Que signifient donc cette duplicité et ces contradictions épouvantables ? » s’est-il interrogé.
Selon lui, « l’objectif est toujours l’établissement de la République du Hezbollah et l’exécution de son projet expansionniste à travers l’achat de terrains, et d’autres projets qui se font au détriment des chrétiens dans la région de Jezzine-Kfarhouna ». « Le but de tout cela, a-t-il poursuivi, est d’anéantir la formule libanaise fondée sur la démocratie et la diversité. Ils veulent la détruire par tous les moyens, dont le sit-in ouvert qui ruine l’économie et appauvrit la population dans la mesure où les projets totalitaires réussissent mieux dans des conditions de pauvreté. C’est ce qui explique aussi la paralysie du Parlement dont un des objectifs est de neutraliser les effets de Paris III. »
Poursuivant sur sa lancée, M. Joumblatt s’est interrogé sur le point de savoir si « l’infiltration de certains services de sécurité à la frontière terrestre (avec la Syrie) en raison de la collusion de certains services et de leurs chefs n’est pas en soi à l’antipode de l’État qu’il (sayyed Nasrallah) dit vouloir instituer ».
« Qu’en est-il aussi de l’entrée illicite de centaines d’Irakiens au Liban, facilitée par la Sûreté générale ? Quel est l’objectif de leur entrée dans le pays ? Est-ce pour exécuter de nouveaux assassinats politiques ou pour entreprendre des actes terroristes sur commande, suivant l’évolution des circonstances politiques ? Qu’en est-il de la présence de deux bataillons de Syriens dans la banlieue sud de Beyrouth et de l’équivalent d’un bataillon et demi dans les régions de Aley, Bhamdoun et Choueifate, à travers la présence d’ouvriers syriens, sachant que les chantiers se sont arrêtés à cause de la crise provoquée par le Hezbollah ? » s’est-il aussi interrogé, en estimant que sayyed Nasrallah a fini par révéler ses intentions. « Il ne veut pas connaître la vérité sur l’assassinat de Rafic Hariri, il ne veut pas du tribunal international et encore moins de l’accord de Taëf avec tout ce qu’il implique. Il a enfin craché le morceau », a-t-il dit.
Vendredi, M. Joumblatt avait mis en garde, devant des délégations populaires qu’il avait reçues à Moukhtara, ainsi que dans une interview accordée le jour même à la chaîne satellitaire al-Jazira, contre « une transposition de la discorde de Beyrouth à la montagne », soulignant que « les partis proches de la Syrie sont en train de s’armer ». Il avait exclu une solution au Liban « tant qu’il existe des positions militaires (en allusion au sit-in de la place Riad el-Solh), tant que les frontières avec la Syrie échappent à tout contrôle et tant que le Hezbollah a un agenda politique qui n’a rien à voir avec le Liban ».
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« Le président de la République du Hezbollah, Hassan Nasrallah, est apparu hier (dimanche) menaçant, en attaquant l’État, son projet et ses fondements, en estimant que l’État actuel n’est pas fort, oubliant cependant que ses armes, ses institutions, son arsenal, sa sécurité et ses îlots (sécuritaires) sont les principales raisons pour lesquelles un État n’a pas pu être édifié » a affirmé M. Joumblatt dans une déclaration à paraître aujourd’hui dans le quotidien du PSP, al-Anbaa.
« Il (Nasrallah) a oublié qu’il avait fui le débat autour de la stratégie de défense que la conférence de...