Rechercher
Rechercher

Actualités

ÉCLAIRAGE Le blocage risque d’approfondir la dichotomie de l’Exécutif Lélia MEZHER

Le discours de Hassan Nasrallah a offert un cadre pour la solution à venir, si l’on en croit une source proche du Hezbollah. C’est du moins comme cela que l’opposition perçoit le contenu de l’allocution du leader du Hezb. Mais, en réalité, si Hassan Nasrallah a choisi de hausser le ton, dimanche dernier, c’est bien en réponse d’abord, au mémorandum sur le tribunal international présenté à l’ONU par la majorité parlementaire. Ensuite, c’est pour réaffirmer la position du Hezbollah par rapport au dossier du tribunal, rejoignant celle de Damas. C’est peut-être cela qui a fait dire à l’ancien président de la République, Amine Gemayel, que si la crise veut être résolue « il faut commencer en Syrie ». Pour le moment du moins, Damas semble camper sur ses positions et se méfier de plus en plus des rounds de dialogue, puis de concertations, puis des rencontres bilatérales Saad Hariri-Nabih Berry, à un point tel que le dialogue est suspendu, jusqu’à nouvel ordre. « Je ne veux plus du 19+11 » a ainsi fait savoir Hassan Nasrallah. Par peur de voir les tractations aboutir ? Peut-être. Parce qu’il faut hausser le seuil des exigences ? Possible. Toujours est-il que cette déclaration est tombée nette comme un couperet et qu’elle a simultanément permis d’instaurer une nouvelle donne. Car au lieu de transformer l’équation gouvernement-tribunal en gouvernement-présidentielle, le mémorandum présenté par la majorité parlementaire aura permis tant au Hezb qu’au chef du mouvement Amal de se repositionner. Non sans avoir été désarçonné, dans un premier temps. Pourquoi avoir, aujourd’hui, rejeté l’option 19+11 ? Le Hezb précise avoir reçu une « réponse officielle de la part de la majorité, par le biais notamment de Saad Hariri, qui a qualifié cette formule de solution suicidaire ». Et « s’ils (la majorité) avaient accepté les termes de l’entente qui était en train d’être préparée, nous n’en serions pas là ». Cette entente, toujours selon le Hezb, aurait fait du statut du tribunal international un dossier prioritaire. Une commission d’experts aurait ainsi été formée et, après avoir été discuté et adopté, le tribunal aurait été retiré du champ des tractations politiques. Le gouvernement aurait ensuite pu être formé. Et, selon un proche du Hezbollah, l’heure n’est définitivement pas à l’optimisme au sein du parti de Dieu. La majorité, elle, se défend d’avoir provoqué un quelconque scénario catastrophe. Et affirme qu’au cas où l’attitude ambigüe des ministres démissionnaires se prolongerait, le Premier ministre, Fouad Siniora, serait amené à soumettre au président de la République une liste de ministres de remplacement. Le problème toutefois serait double, dans ce cas. D’abord, il faudrait accepter la démission des ministres, ce qui rendra le gouvernement non consensuel, de manière claire cette fois-ci, puisque c’est toute une communauté qui ne sera plus représentée au sein du cabinet en place. Normalement, cette violation au principe du consensualisme n’est pas destinée à se prolonger, puisque le Premier ministre aura, entre-temps, préparé une liste de ministrables qu’il s’empressera de faire parvenir au président de la République. Cependant, l’histoire récente aura démontré, à plusieurs reprises déjà, que le président Émile Lahoud n’a jamais accepté de signer aucun document qui lui a été soumis par le cabinet Siniora, puisqu’il considère ce gouvernement comme illégitime. Ainsi, le blocage est là pour s’installer dans la durée, ou pire, dégénérer. Dans ce cadre, certaines sources font état d’une possibilité de réanimation des ministères dont les maîtres des lieux sont officiellement démissionnaires, mais qui continueraient à bouder les réunions du Conseil des ministres. En somme, les ministres actuellement démissionnaires reprendraient leur poste, et ce dans le but de créer une dichotomie au sein du pouvoir exécutif. Ils s’occuperaient des affaires de leur ministère, tout en s’affranchissant des ordres du Premier ministre. Une sorte de doublon du gouvernement en place. Serait-il superflu de préciser à cet égard que les ministères ne bénéficient pas, aux yeux de la Constitution, de personnalité morale ? Et qu’ils font partie intégrante du pouvoir exécutif, lequel est représenté, toujours selon la lettre de la Constitution, par la personne du Premier ministre ?
Le discours de Hassan Nasrallah a offert un cadre pour la solution à venir, si l’on en croit une source proche du Hezbollah. C’est du moins comme cela que l’opposition perçoit le contenu de l’allocution du leader du Hezb.
Mais, en réalité, si Hassan Nasrallah a choisi de hausser le ton, dimanche dernier, c’est bien en réponse d’abord, au mémorandum sur le tribunal international présenté à l’ONU par la majorité parlementaire. Ensuite, c’est pour réaffirmer la position du Hezbollah par rapport au dossier du tribunal, rejoignant celle de Damas. C’est peut-être cela qui a fait dire à l’ancien président de la République, Amine Gemayel, que si la crise veut être résolue « il faut commencer en Syrie ». Pour le moment du moins, Damas semble camper sur ses positions et se méfier de plus en plus des rounds...