On ne peut vraiment pas dire que M. Nabih Berry soit un fan inconditionnel de Baabda. Depuis plus de deux ans, il n’y met plus les pieds. Alors qu’auparavant, il respectait fidèlement la tradition instituée par ses prédécesseurs de la visite hebdomadaire au chef de l’État. Comme ils font finalement partie tous deux d’un même orchestre, le président de la Chambre ne donne pas de signes trop manifestes de son manque d’enthousiasme à l’égard du locataire de la colline. Mais dans les limites, purement tactiques et ponctuelles, des marges de manœuvre que lui laissent aussi bien Damas que le Hezbollah, il s’arrange pour en laisser transpirer quelque chose. Il a ainsi lancé une bombinette mercredi, au cours de son apparition sur la chaîne de son mouvement, la NBN. En reconnaissant d’abord que la présidence de la République pose effectivement problème. Tout en fustigeant le boycottage dont elle fait l’objet, il a estimé que le problème de M. Lahoud se situe au niveau de sa propre communauté maronite, dont les pôles et les forces actives lui refusent leur soutien. Pour ne pas dire le rejettent.
M. Berry s’est empressé ensuite d’insister sur sa condamnation des transgressions constitutionnelles qui, selon lui, sous-tendent le comportement des antilogarithmes. Et d’accabler au passage M. Fouad Siniora et son gouvernement. À ce sujet, cependant, le président de la Chambre tient également à se démarquer du chef de l’État. Il juge, comme ce dernier, que le cabinet est illégitime du fait qu’il a perdu ses ministres chiites. Mais il précise qu’à ses yeux, le cabinet existe effectivement, autrement dit qu’il constitue un fait accompli qu’il reconnaît, tout en s’y opposant. Alors que, comme on sait, M. Lahoud soutient pour sa part que le gouvernement n’existe pas.
Dans le camp chrétien loyaliste, on se réfère aux positions de Bkerké qui appelle depuis longtemps au traitement de la paralysie, sinon de la vacance, qui frappe la présidence de la République. On sait que, très préoccupé par le déficit que subit la communauté en termes d’équilibre des pouvoirs, ainsi que par l’incapacité du président d’assumer un rôle national de rassembleur ou d’arbitre, le patriarche Sfeir lui avait envoyé un message l’invitant à remédier au mal, en se retirant. Position très largement confortée dans les manifestes périodiques des évêques maronites. Mais il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. À preuve que M. Lahoud, loin de faire mine de s’en aller, parle de rester même après la fin de son mandat.
Cette situation aberrante porte des sources maronites à relever, en substance, que « l’on ne cesse de nous répéter que la présidence de la République qui nous est dévolue est, plus que toute autre, une institution à vocation nationale. On nous ressasse que le chef de l’État est le président de tous les Libanais, que sa responsabilité ou ses prérogatives dépassent le cadre des droits politiques de sa communauté. Partant de là, pourquoi donc les autres communautés ne se rangent-elles pas franchement à nos côtés, pour œuvrer avec nous au traitement du cas clinique actuel ? La solution est simple : une présidentielle rapprochée, d’autant plus justifiée qu’elle ne serait pas anticipée, mais tardive. Vu que la prorogation est pour le moins contestable… »
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats On ne peut vraiment pas dire que M. Nabih Berry soit un fan inconditionnel de Baabda. Depuis plus de deux ans, il n’y met plus les pieds. Alors qu’auparavant, il respectait fidèlement la tradition instituée par ses prédécesseurs de la visite hebdomadaire au chef de l’État. Comme ils font finalement partie tous deux d’un même orchestre, le président de la Chambre ne donne pas de signes trop manifestes de son manque d’enthousiasme à l’égard du locataire de la colline. Mais dans les limites, purement tactiques et ponctuelles, des marges de manœuvre que lui laissent aussi bien Damas que le Hezbollah, il s’arrange pour en laisser transpirer quelque chose. Il a ainsi lancé une bombinette mercredi, au cours de son apparition sur la chaîne de son mouvement, la NBN. En reconnaissant d’abord que la présidence de la...